* Pour leurs contributions à une branche particulière du monde du catch *
Dans cette dernière catégorie, consacrée aux icônes du Puroresu, de la Lucha Libre, du catch occidental (américain et européen), ainsi qu'à un style particulier, cinq titres honorifiques de "Pionniers" ont été attribués :
♦ Shinya Hashimoto (RIP)
Keiji 'The Great Muta' Mutoh, Masahiro Chono et Jushin 'Thunder' Liger : voici les trois autres "young lions" avec qui Shinya Hashimoto s'est formé dans le New-Japan Dojo dans les années 1980. C'est dire la génération dorée à laquelle il faisait partie à ses débuts. Celui que certains appellaient affectueusement (ou non), le "gros Elvis japonais" en moquerie pour son adoration pour Elvis Presley, est peut-être pourtant le plus "strong-style" de cette génération. Il est en tout cas le champion poids-lourd IWGP au plus long règne de l'Histoire de ce titre au prestige immense. Champion de la NJPW face à l'invasion "shoot-style" de l'UWFi dans les années 1990, il est aussi l'un des rares à avoir remporté l'AJPW Triple Crown durant sa carrière. Fondateur de la Pro-Wrestling Zero-1, un peu dans la veine de la Pro-Wrestling NOAH, le meilleur ami de Steve Corino est souvent un roi oublié des plus grandes années de la plus grande compagnie de catch japonais au monde. Gloire à toi 'King of Destruction' !
♦ Blue Demon (RIP)
Si El Santo est le plus célébré et el plus iconique de tous les luchadores, c'est certainement pour une bonne partie grâce à son plus grand rival : le père de tous les "rudos", Blue Demon. L'un des rares luchadores (comme El Santo) a avoir pris sa retraite sans avoir perdu son masque, Blue Demon et sa vicieuse prise de la pieuvre, The Octopus Hold, aura su faire le succès de l'EMLL (désormais connu sous le nom de Consejo Mundial de Lucha Libre) au cours des années 1950. Après la défaite de son "hermano", Black Shadow, aux mains d'El Santo, la guerre entre Blue Demon et ce dernier ne cessera de s'estomper, matches après matches de championnat. Rivaux sur le ring, ils combattaient cependant ensemble dans les séries de films mexicains qui feront la renommée d'El Santo.
En résumé, sans Blue Demon, pas de "rudo" pour El Santo à combattre : donc sans Blue Demon, pas d'El Santo comme plus grande star de l'Histoire de la Lucha Libre !
♦ 'Gorgeous' George (RIP)
L'américain d'origine allemande a su dépasser les castings de stéréotypes, évitant une "gimmick" de nazi pour s'octroyer son propre destin, celui de l'innovation et de la grandeur. "Timing is everything", comme on dit souvent. Débarquant dans le monde du catch à l'aube de la télévision américaine, dans les années 1940-1950, 'Gorgeous' George ne pouvait trouver meilleure période pour étonner le monde. Pour preuve, il est souvent cité comme la première star, au sens télévisuelle, de l'Histoire du catch américain. Détonnant totalement des "tough guys" à la Lou Thesz et Killer Kowalski avec ses robes, ses plumes, et ses cheveux frisés et blonds, il était l'anti-conformiste réussi par excellence. Le public adorait le détester, et il savait parfaitement en jouer.
Si Blue Demon est à récompenser pour sa complémentarité avec El Santo, 'Gorgeous' George mérite d'être reconnue pour avoir montrer la voie aux Buddy Rogers, Ric Flair, Billy Graham et autres Randy Savage des décennies suivantes.
♦ Johnny Saint
Du "pumps and circumstances" à "back to basics". Le style de catch "World of Sports", en écho à l'ancienne émission britannique des années 1960-1980 (au "reboot" raté récémment), n'est pas en gardé en mémoire par tant de catcheurs et fans de catch britanniques pour ses stars de l'époque, les très "old-schools" Big Daddy et Giant Haystacks. S'il a inspiré de Nigel McGuinness à Chris Hero/Kassius Ohno, en passant par Zack Sabre Jr., c'est grâce à des inventeurs comme Finlay, William/Steven Regal, Robbie Brookside et surtout, Johnny Saint. Et par inventeurs ou innovateurs, n'entendez pas la même chose que les "high-flyers" et autres "risk-takers" écourtant leurs carrières pour innover, mais à des hommes capables de catcher encore aujourd'hui !
Avant de catcher amicalement Bryan Danielson/Daniel Bryan ou Mike Quackenbush dans les années 2000, Johnny Saint inventait un nouveau visage du "catch-as-catch-can", comme appris par Billy Robinson lui-même, intelligent et spectaculaire. Enchaînant les prises à des vitesses révolutionnaires, jouant un catch "défensif" - en contres et contre-contres -, le tout formant le fameux "chain wrestling", aucun autre ne méritait mieux le titre de "The Man of a Thousand Holds" que lui !
♦ Atsushi Onita [Hardcore]
Après le spectacle et le catch pur, il est temps de récompenser le dernier Alt Hall of Famer de cette classe 2017, le père du catch extrême, plus "hardcore" que 'The Hardcore Legend' Mick Foley : "El Padre del Deathmatch" Atsushi Onita.
Première vraie star Junior Heavyweight de l'AJPW à la fin des années 1970, Onita n'était pas encore tout à fait dans son élément, comme il le constatera en excursion à l'étranger. Après un passage à Memphis et Puerto-Rico, les endroits les plus violents du monde du catch dans les années 1980, il revient au Japon plein d'idées terrifiantes. En 1988, il fonde sa propre promotion, la Frontier Martial-Arts Wrestling et s'apprête à changer le monde du catch pour les deux prochaines décennies à venir. A base de "deathmatches" dépassant totalement l'entendement des versions originelles américaines, la promotion se centre sur de violentes rivalités entre divers combattants défiant l'immortel héros Onita. Comme Sabu puis Mick Foley aux Etats-Unis plusieurs années plus tard, Atsushi Onita construit sa réputation sur le nombre de coups et de douleur qu'il est capable d'endurer avant de vaincre glorieusement son adversaire. Ses matches attirent les foules comme jamais, rivalisant plusieurs fois avec la popularité de la plus grande NJPW. Et à chaque fois l'ultra-violence est accentuée : No Rope Barbed-Wire Death Match, Bombs Cage Match, etc.
Aujourd'hui, le catch mondial semble s'être très majoritairement éloigné du catch "hardcore" qu'avait véritablement lancé Onita, avant d'être popularisé par l'ECW et la WWF. Encore à tenter de le faire revivre avec le "reboot" de la FMW, Onita est néanmoins à récompenser pour sa créativité et ses efforts historiques.