Promotion de l'année : (ex-aequos) EVOLVE / NJPW
Comme dit précédemment, la NJPW a réussi une transition nécessaire et efficace en 2016, provoquée par la perte de talents auparavant cruciaux. Certes avec certaines imperfections (l'Heavyweight Tag Division ou Hirooki Goto ...), le "booking" de Jado & Gedo mis sous pression lui a injecté un nouveau souffle. L'établissement de Shibata face aux "New-Japan Dads", la domination de KUSHIDA jusqu'à sa perte de vitesse face à un surplus de nouveaux challengers, la prémisse de rupture pour un meilleur attachement à RPG Vice, la montée en puissance de Tetsuya Naito et ses Ingobernables de Japon, le règne tendu mais ferme d'Okada, la concentration autour de Kenny Omega, et sans oublier des shows et des matches de très haut acabit toujours délivrés tout au long de l'année.
Cependant, durant ce maintien de réputation malgré la transition forcée de la New-Japan, s'est exprimé une promotion indépendante américaine des plus modernes. En 2016, la nouvelle EVOLVE voulu par Gabe Sapolsky s'est enfin mise à jour. Attirant les fans vers elle par des moments "buzz-heavy" - tel celui de l'intervention surprise d'une "top-star" de la TNA, sous contrat, face à une star montante de NXT sur son ring - et une relation grandissante avec la WWE, EVOLVE a réussi à les garder en leur offrant des "storylines" et des matches autour d'un roster de premier ordre. La vengeance d'un Timothy Thatcher, chancelllant dans l'opinion des fans, face à Catch Point ; la vendetta d'un Drew Galloway déçu et inquiet face au renforcement de la relation WWE-Indy ; la première année dantesque de Matt Riddle ; la forte implication des talents du CWC encore indépendants ; enfin des bribes de vraie personnalité pour Zack Sabre Jr., etc. Le tout dans un univers hautement réaliste, autant dans l'action sur le ring que dans la présentation et la narration des histoires ainsi racontées. Ce qui fait sans nulle doute d'EVOLVE, aussi bien une "Promotion de l'année" que la NJPW.
Rivalité de l'année : Drew Galloway vs. Johnny Gargano [EVOLVE]
Pour justifier cette nomination et cette récompense, voilà un extrait d'un précédent article qui devrait suffire :
"Plus que WWE vs. TNA, l’EVOLVE se lance subtilement dans un Indy vs. Corporate
“Nous voilà, debout devant vous, deux vraies réussites du catch indépendant. Deux succès indépendants de la machine corporatiste [la WWE], et accomplis malgré les dictâtes de cette machine“. Une belle citation, signée de la verve géniale d’EC3, qui résume assez bien le propos de cette nouvelle “storyline”. Dernier champion EVOLVE avant l’investiture de la nouvelle génération, Drew Galloway s’était naturellement allié à l’ancien visage de la Dragon Gate : USA (précédemment promotion sœur de l’EVOLVE), Johnny Gargano, pour remporter le tournoi inaugural pour les championnats par équipe d’EVOLVE. Néanmoins, au même moment, l’EVOLVE s’était attiré les faveurs du très influent Triple H, créateur et patron du “brand” développemental qui monte à Stamford, NXT – prévoyant de faire de la promotion de Gabe Sapolsky, son fournisseur de talents et lien privilégié avec le circuit indépendant. Galloway, progressivement délaissé puis humilié avant d’être salement licencié par la WWE, avait malgré tout réussi brillamment sans elle, empochant titres sur titres dont plus récemment celui de champion du Monde poids-lourd de la TNA. En somme, il avait autant adopté le circuit indépendant que celui-ci l’avait adopté lui. Aux vues donc de son parcours et de son vécu, Galloway ne pouvait alors que rejeter ce phénomène qui pour lui, au lieu d’alliance d’avenir bénéfique, apparaissait comme le début d’une gangrène corporatiste. Puis, lorsque Gargano – devenu “part-timer” régulier à NXT – se révélait comme fervent soutien de cette alliance NXT-EVOLVE, c’en était trop : comme lors de son retour à l’ICW, l’écossais avait décidé de ranimer son “esprit 1314” et de s’insurger contre la corporation naissante. Profondément déçu, c’est ainsi qu’il rejeta Gargano une fois les titres par équipe perdu et qu’il ramena “l’outsider surprise” et collègue de la TNA, EC3, à ses côtés samedi dernier. Un développement résultant d’une narration progressive, organique et surtout ô combien ancrée dans la réalité.
Face au manque multidimensionnel d’identité de la ROH et de sa direction créative, comme si bien démontré à la fin du cruellement nommé “Global Shit Wars”, l’EVOLVE passe à un niveau supérieur de progrès identitaire et de qualité de son produit. En parallèle d’une originalité in-ring soutenue et affirmée, l’EVOLVE la complète désormais avec un scénario particulièrement engageant et légitime. Ici, bonne idée et bon timing sont présents tous deux à la fois. Qui plus est, bon timing aussi bien pour le côté créatif que pour les talents impliqués : avec la TNA sérieusement proche du gouffre (ou d’une altération majeure, avec l’arrivée d’une nouvelle structure dirigeante, apportée par un nouveau propriétaire), un tel “happening” (au buzz positif celui-ci) ne peut qu’être avantageux pour EC3 et Drew Galloway, parmi les derniers piliers restants à la compagnie de Dixie Carter. Enfin, en terme de créativité, voilà qui indique bien l’état d’esprit de la direction d’EVOLVE : avec cet “angle” à la teneur risquée, vis-à-vis de sa récente alliance avec NXT, Gabe Sapolsky prend du recul sur les choses pour les tourner à son avantage et celui de sa promotion. Acceptant à bras ouverts ce nouvel horizon pour son organisation, il est loin de vouloir se faire exploiter, prouvant en outre (et en vrai “Paul Heyman Guy”) à tous son utilité et son ingéniosité créative. Alors que Delirious semble être un simple mouton, surfant sur la vague de Stamford, Gabe Sapolsky apparaît comme un génie, se jouant de la corporation avec qui il fait désormais son lit."
Surprise de l'année : Le défi de Matt Hardy à ROH Final Battle 2016
Plus tôt en démebre 2016, la Ring of Honor présentait sa dernière tentative de convaincre les fans de toujours la considérer avec estime. Il faut dire qu'au cours de l'année, ce n'était pas du gâteau, entre "Global Shit Wars" et "Worst In The World" ... Final Battle 2016 était donc pour elle l'ocassion de créer l'événement et d'offrir des matches de qualité et conserver encore un peu son public en 2017. Outre le "heel-turn" chaotique de Cody Rhodes et la récompense finale de Kyle O'Reilly, enfin champion du monde de la ROH, c'est une simple intervention surprise en vidéo à la fin du match des Young Bucks qui aura surtout réussi son coup et peut-être offert la "Surprise de l'année" dans le monde du catch non-WWE. En promotion de Total Non-Stop Deletion et de son "Tag Team Apocalypto", 'Broken' Matt Hardy - seule star de la TNA que les fans de la ROH n'ont pas hué depuis des années - avait ainsi provoquer les frères Jackson à un match inter-promotionnel. Le tout a suscité la meilleure réaction de la soirée de la part des spectateurs du Hammerstein Ballroom. C'est dire ce qu'est devenu la ROH ....
Non-catcheur de l'année : Stokely Hataway [EVOLVE]
Très sous-estimé à la Ring of Honor, aux côtés de catcheurs comme Moose, Stokely Hataway s'est vraiment épanouï à l'EVOLVE, manageant TJ Perkins dans le cadre de son agence fictive "Dream Team". Une parfaite association de finesse in-ring et d'éloquence microphonique, pour justifier le statut de Main-Eventer au futur gagnant du Cruiserweight Classic. Puis, mis en pair avec le champion détesté qu'est Thatcher, il est le seul aujourd'hui à rendre sa présence et son implication narrative pour certains fans. Une belle démonstration du talent de ce cher Hataway, qui avec sa personnalité de mini-Don King rajoute encore du réalisme et du complexe dans les "storylines" axuquelles il participe.
Pire de l'année : Steve Corino vs. BJ Whitmer à ROH Best In The World 2016
Kevin Sullivan, au centre d'une "storyline" majeure d'un show de premier ordre sur un ring de la ROH, en 2016 ! Un bain de sang sans saveur entre deux vétérans, dont un est un "color commentator" à plein temps depuis quelques années, le tout dans un ennui le plus total .... Pas besoin d'en dire plus pour comprendre que la Ring of Honor avait vraiment, vraiment raté le coche avec ceci.
... TNA One Night Only ? Shelly Martinez vs. Rebel ? ... Connais pas, jamais vu.