SummerSlam Week-End : Avis sur ce gros week-end estival de catch

Plus encore que l'an dernier, lorsque la WWE débutait sa relation annuelle estivale avec le Barclays Center de Brooklyn, New-York City et ainsi lançait ce qui pourrait devenir une nouvelle tradition, ce SummerSlam Week-End a été le théâtre de pléthores de shows de catch, tous assez attendus par les fans du monde entier. En dehors de l'éponyme édition 2016 du "Biggest Event of the Summer", une poignée de shows indépendants en ont profité pour graviter autour du grand événement de la WWE - qu'il soit sur place ou (à emporter !) diffusé en direct pour chacun.

Tel un deuxième WrestleMania Week-End en moins de 6 mois, NXT s'est payé un nouveau "Special Event" au Barclays Center, et l'EVOLVE s'y est discrètement greffé dans les alentours pour deux shows excessivement importants. Quant au reste, la NJPW a envoyé ses talents poids-lourds à Las Vegas pour un nouveau Pay-Per-View de la Ring of Honor, laissant ses catcheurs Juniors se disputer la finale de la Super J-Cup 2016 au Japon. 5 shows très différents à bien des égards, sur lesquels The Alt va se pencher et vous en dire des nouvelles !

EVOLVE 66 & 67

http://i211.photobucket.com/albums/bb320/Lthomascsonka/Evolve%2067_zpsaprcs2rz.jpg~originalPeut-être des 5 shows (sans compter WWE SummerSlam 2016 évidemment) prévus pour ce grand week-end estival, voici les deux pour lesquels j'étais le plus impatient. Autrement dit, aussi bien en tant que fan qu'analyste de catch, j'en attendais beaucoup de cette doublette d'EVOLVE. Voués semble-t-il à initier la dernière partie de la sulfureuse saga Galloway & Co vs. Gargano & EVOLVE et à conclure la longue et complexe rivalité opposant Timothy Thatcher à Catch Point, ces deux iPPVs étaient porteurs d'une importance plus que significative - dans le meilleur cas, ils auraient pu incarner le paroxysme de ces nouvelles fortes réputation et identité ... Seulement, le meilleur des cas n'est pas toujours atteignable malheureusement, la preuve en est :

- L'insupportable public d'EVOLVE 66 :  Le premier de ces deux shows avaient lieu dans le repaire de la promotion indépendant local MCW, à Joppa dans le Maryland. Si l'expansion progressive du territoire, l'accentuation de la diversité des fiefs et ainsi l'augmentation du public sur place, est une bonne chose pour la compagnie meneuse du World Wrestling Network, les fans de la MCW (et les autres, attirés par l'EVOLVE - comme espérer sans doute par la promotion locale en prêtant sa salle) en sont une mauvaise. Certains se plaignent encore des spectateurs du Barclays Center, alors qu'ils n'étaient franchement pas du niveau de ceux-ci. Une vraie incarnation du stéréotypes de "smarks" sans réelle envie d'assister à un match plus qu'à un autre, et sans réel intérêt pour les "storylines" présentées ... Le genre de public, loin d'être muets pourtant, qui peut détériorer un show entier.

- Ouverture désastreuse pour EVOLVE 67 : Dernier gala de la doublette, présentant un "triple main-event", et voilà comment le ton est donné : via un énième "squash" match peu dominant de la part d'Ethan Page et un long, brouillon et insipide Peter Kasaa vs. Tony Nese (deux voltigeurs sous anabolisants avec très peu de charisme ... et je reste gentil concernant Kasaa). Et comme si ce n'était pas assez difficile pour ce combat-ci, Daniel Bryan, Cesaro et Tyler Breeze qui manquent totalement de discrétion en passant par le public pour aller aux vestiaires voir leurs vieux potes - le désintéressant totalement au passage d'un match quoi que déjà fort inintéressant. Deux choix de "booking" incompréhensibles, pas vraiment idéal pour commencer une telle soirée ...

http://17r1l63fshd52dy9yakdizhkog.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2016/08/Joey-Styles-Evolve1-640x370.jpg- Joey Styles, une addition pleine de "style" : ... Et cela dit, hormis l'action d'ouverture, le show avait débuté tellement bien. Une belle et bonne surprise qu'était d'assister à la venue du maître oublié du "play-by-play", Joey Styles, au sein de la promotion #1 en terme de "pure wrestling". Toujours aussi charismatique et incisif dans ses promos (tonton Paul Heyman lui avait bien appris), il a été surtout d'une pertinence et d'une élégance exemplaire et rafraîchissante aux commentaires, en compagnie de Lenny Leonard (le commentateur "play-by-play" habituel d'EVOLVE, pour qui il n'était pas toujours facile de rester sur le ton de "color commentator" bien que pour cette seule occasion exceptionnelle). Un vrai plus pour le client du iPPV qui voyait petit à petit le public de Brooklyn rejeter le combat très sérieux entre Thatcher et Gulak. Quant à son futur rôle maintenu de "Match Maker", poste inexistant depuis bien longtemps à l'EVOLVE, qui mieux qu'un Joey Styles "babyface" pour le remplir ?

- Certains talents toujours au top, tout de même : Cedric Alexander, Matt Riddle, Zack Sabre Jr., TJ Perkins n'ont cessé d'enchanter EVOLVE 66 et 67. Matt Riddle continue sa progression extraordinaire. TJP a sans doute la meilleure année de sa carrière en terme de qualité in-ring (et même de présence et de charisme). ZSJ a enfin choisi ("kayfabe") d'arrêter d'être une simple attraction pour l'EVOLVE mais de devenir un challenger sérieux pour le titre solo. Et que dire à propos de Cedric Alexander ... Trevor Lee, Andrew Everrett, etc sont de bons talents à sortir des Carolines depuis bien longtemps, mais CA est d'un tout autre niveau. Ô comme la Ring of Honor doit aujourd'hui le réaliser et s'en mordre les doigts. Désormais, Alexander a tout pour lui ... et c'est d'ailleurs pour cela qu'il est si dommage qu'il se dirige déjà pour la WWE, qui plus est pour le main-roster ! C'est maintenant qu'il pourrait être un grand champion majeur d'une promotion comme la PWG ou l'EVOLVE ... Mais soit, The Alt ne lui souhaite que le meilleur de l'avenir étincellant qui s'annonce à lui.

- L'inefficacité d'un Ethan Page "face" ou ... : Autre facteur très important concernant ces deux iPPVs reste les grands débuts de Cody Rhodes au sein du catch indépendant, mais aussi d'EVOLVE qui semble bien s'accorder être sa compagnie prévilégiée à l'avenir. Certes, ses deux performances (la première face à un prince du circuit, Zack Sabre Jr., et la seconde contre un vieux roi de la scène indépendante internationale, Chris Hero) laissaient un petit peu à désirer mais il a su, durant ces premières impressions, réellement établir une connexion avec le public d'EVOLVE en tant que "babyface" fier mais modeste, déterminé mais ouvert. Une ombre (justement, en parlant de Rhodes) qui s'est rajoutée à un tableau déjà terni par une inefficacité croissante d''All Ego' Ethan Page comme top-"babyface" d'EVOLVE. En effet, plus les semaines s'enchaînent, et plus le petit numéro forcé du gentil "squasher" et enthousiaste "employé du mois" à pardonner d'Ethan Page, lui le "heel" naturel, devient difficile à supporter. D'autant plus quand il essaye de sauver le Main-Event chaotique d'EVOLVE 67 sans succès, avant de voir débouler Cody Rhodes après le match pour faire mieux. Tout cela amène à deux éventualités proches : soit le plan de faire de lui un vrai "babyface" doit arriver à un rapide terme tant son inefficacité endommage le show ; soit le plan est en fait d'accentuer le trait pour rendre son deuxième "heel-turn" contre son rédempteur, Johnny Gargano, encore plus efficient. A suivre, surtout en sachant qu'il ne sera pas son partenaire final à EVOLVE 69, mais un certain Cody Rhodes ...

https://viewsfromthehawkesnest.files.wordpress.com/2016/03/riddle.png- Déjà la fin de l'état de grâce créatif ? : Depuis plusieurs mois maintenant, la narration général d'EVOLVE maintient un cap de grandeur et d'innovation sans équivalent actuel. Le genre d'enchaînements combos réussies que Gabe Sapolsky n'avait pas sorti depuis la grande époque de la Ring of Honor, en 2004-2006. Entre l'établissement progressif d'une identité forte, d'un roster adéquat et réputé et d'une narration cohérente, organique et profonde (bien mise en valeur par un réalisme unique via les mini-docs et portraits de Kenny Johnson, beau parrallélisme avec le nouveau style in-ring majoritaire employé), EVOLVE est devenu en 2016 l'une des compagnies les plus intéressantes, appréciables et satisfaisantes de la planète. Néanmoins, cette nouvelle réputation a pour la première fois subi un sérieux coup de mou avec de nombreux problèmes de "booking", en forte densité lors d'EVOLVE 67.

D'abord, il y a le cas mineur des "angles" répétifis de transition entre matches, où l'un des catcheurs sortants est concerné par la "storyline" ou la rivalité des catcheurs du prochain match - promos, confrontations et/ou attaques de transition y remplacent alors les pauses puis entrées des catcheurs du combat suivant. En soi, ce type de procédé est assez unique et peut-être une manière innovante pour passer d'un match à l'autre. Simplement, le réaliser 2 à 3 fois d'affilée dans une même soirée annule totalement cet effet ("Damn it, D'Lo !" lancerait le trio star d'OSW Review ^^). Surtout quand les catcheurs de la transition ne sont pas autant liés que ça : comme exemple, citons l'attaque de Drew Gulak sur Drew Galloway après Chris Hero vs. Cody Rhodes, pour lancer et précipiter Gulak vs. Thatcher ... ce dont ce match de grande importance n'avait nullement besoin.

Ensuite, pour continuer sur le sujet, majeur celui-ci, il serait peut-être temps de revoir la direction et les paramètres de la saga des "grapplers", non ? Comme l'a fait ressentir le public depuis quelques shows, la rivalité opposant Catch Point au champion d'EVOLVE traîne en longueur et ce dernier - le porte-étendard du nouveau EVOLVE, le cavalier seul, harcelé, humilié, désavantagé et revanchard - est rejeté par les fans. Un constat que semble avoir quelque peu pris en compte Gabe Sapolsky lui-même en enclenchant un "heel-turn" violent de Timothy Thatcher après sa victoire sur un Gulak devenu pourtant complètement honorable. Cependant, je doute que ce bref changement de gouvernail soit assez ... Thatcher avait de quoi changer de cap certes, avec ce rejet des fans, mais pour faire progresser la créativité et donc l'intérêt porté sur cette série de protagonistes, sans doute aurait-il fallu aussi offrir le titre à Drew Gulak. La logique scénaristique restante se serait ainsi écrite toute seule : revanche violente et différente face à Thatcher, puis confrontation naturelle entre le leader-champion de Catch Point et l'élément perturbateur du groupe, voulant s'émanciper, Matt Riddle, avec potentiel changement de titre et enfin, pourquoi pas, une vengeance de Gulak contre Riddle par l'intermédiaire de son disciple favori, Tracy Williams.

Quoi qu'il en soit désormais, fort heureusement, l'EVOLVE semble avoir pris la sage décision d'y réfléchir et, par la même occasion, de laisser les fans respirer. En effet, de toute évidence, EVOLVE 68 et 69 - la prochaine doublette, consacrée aux adieux de Johnny Gargano - ne comptera aucunement cette saga des "grapplers" dans sa programmation. Une façon aussi de démontrer l'efficacité d'un roster aussi diversifiée et bien gérée que celui d'EVOLVE, n'utilisant qu'un noyau dur de catcheurs présents au moins 1 fois sur 2 par week-end, aidé par de prestigieux "part-timers" (Ricochet, Marty Scurll, Tommy End, etc) et un système d'essais régulier (d'où vient le nouveau "jobber" à la mode, Darby Allin par exemple).  Autrement dit, ce week-end-ci n'avait rien de parfait et contenait beaucoup de mauvais points, lesquels sont cependant révélateurs des ajustements à effectuer et peut-être à venir pour rajuster la situation avant qu'il ne soit trop tard.

NJPW Super J-Cup 2016 Finals

https://i.ytimg.com/vi/5TKbOzx7LGI/maxresdefault.jpgAprès un premier round au Korakuen Hall très surprenant dans son booking, la New-Japan Pro-Wrestling a investi le fief de la Dragon Gate, Kobe World, (comme pour titiller les spécialistes du style Super Junior, et l'actuelle #2 du Japon) afin de terminer cette première Super J-Cup en 7 ans.

Annoncé in extremis, de surcroît en contre du Cruiserweight Classic de la WWE, ce tournoi n'en était pas à la hauteur dès le départ. Décision hâtive, organisation maladroite (car entre-coupé du G1 Climax 26), mauvais intérêt à son égard, talents prestigieux déjà occupés : le destin semblait d'ores et déjà être scellé pour cette Super J-Cup. Et si, en effet, cette dernière ne sera aucunement gardé dans les mémoires et ne mérite même pas d'être comparée aux éditions 1994, 1995 ou 2009, certains points positifs ont réussi à éclaircir le tableau :

- Le tournoi de KUSHIDA : Cette deuxième et dernière partie de compétition a vraiment été l'occasion pour le champion Junior Heavyweight IWGP (mis de côté au cours du G1 Climax) de prouver encore une fois son immense valeur. Auteur de performances parfaites face à trois adversaires très loin de son niveau (même Kenoh de la Pro-Wrestling NOAH), il a su s'imposer comme le gagnant dominant et méritant d'une compétition si décevante. Sans lui et sa victoire finale, tout cela n'aurait eu aucun intérêt ... 

- Les matches par équipe : Hors-tournoi, la NJPW a présenté deux matches de championnat par équipe : l'un pour les titres Junior Tag GHC, opposant les champions Daisuke Harada & Atsushi Kotoge aux gagnants de la Junior Tag League 2016, Taiji Ishimori & ACH (encore un talent envoyé au Japon pour lui éviter d'être dégoûté de la ROH ?) ; et l'autre, un remake d'une rivalité de la TNA entre les Young Bucks et les récemment réunis Motor-City Machine Guns pour les championnats Junior Tag IWGP. Tous deux très satisfaisants, et privilégiant sagement la dominance des champions en place, ont permis d'insuffler un peu d'air frais et de qualité in-ring au reste du show. Une véritable aubaine !

- Will Ospreay vs. Matt Sydal : Enfin, le seul match vraiment marquant de cette dernière partie de la compétition opposait effectivemment les seuls "gaijins" encore qualifiés. Quoique au résultat surprenant (Will Ospreay déjà sur la pente descendante ou simplement une manoeuvre pour éviter de "rusher" un quelconque "push" ?), le combat aura su proposer exactement ce qu'un tel tournoi devrait avoir été en mesure de délivrer.

Autrement, en dehors d'un "showcase" souriant d'une poignée de talents de la CMLL (incluant Volador Jr. et Ultimo Guerrero) sans être particulièrement divertissant pour autant, cette fin de Super J-Cup aura extrêmement souffert de plusieurs cas d'"overbookings" stupides et inutiles - en tête, le match Jushin 'Thunder' Liger vs. Taichi se terminant en Count-Out, laissant un vétéran Liger se faire avoir comme un rookie pathétique ... Sans oublier la pauvreté in-ring du second finaliste, le vétéran du Suzuki-Gun et actuel champion Junior Heavyweight GHC Yoshinobu Kanemaru, seulement là pour permettre à la NJPW et son champion de garantir sa supériorité sur sa désormais compagnie petite soeur aux abois.

ROH Death Before Dishonor XIV

Roh death before Dieu que la Ring of Honor avait besoin d'un tel choix ! Bien qu'encore une fois accaparé par de nombreuses oppositions contre-productives ROH vs. NJPW, il a permis de constater comme une moitié de ressaisissement de la part de la compagnie #2 des Etats-Unis. Aussi bien en terme de qualité que de booking. Qui plus est, la ROH a cette année privilégié l'intérêt d'un maximum de ses fans, en diffusant un Live Pay-Per-View (en provenance de Las Vegas, une nouvelle fois en peu de temps - l'air de dire "Global-Force Wrestling, laisses tomber quoi") plutôt qu'en proposant un show Field of Honor simplement local (à venir ce week-end à Brooklyn, telle une gourmandise au lieu d'un "autre show parmi tant d'autres"), et sans curiosité narrative supplémentaire que celle de profiter de l'attrait du SummerSlam Week-End. Quelques sages décisions réfléchies qui semblent s'être répercutées sur le show en lui-même :

- Le parfait exemple d'un match d'ouverture : Voilà un trait de la vieille Ring of Honor qu'on retrouve déjà ici : confier l'un des emplacements les plus importants de la carte à 4 jeunes talents, leur confiant le travail de tout donner pour surprendre, intéresser et donner la teneur du reste de la soirée. Une tâche que Jay White, Kamaitachi, "mini-Ricochet" Lio Rush et Donovan Dijak ont réalisé à merveille ! Un réel bonheur de débuter un PPV de la ROH ainsi, surtout après plusieurs de déceptions en chaîne et de deux précédents "super-shows" insipides voire dégoûtants ... L'avenir de ces quatre talents chacun porteurs d'une identité in-ring différente n'en est que plus radieux. Et que dire de la performance du revenant vainqueur Donovan Dijak, qui a bien progressé depuis ses pas timides aux côtés de la House of Truth.

- Katsuyori Shibata vs. Silas Young : Initialement ressenti uniquement comme un amuse-gueule avant le tant-attendu "dream match" entre Shibata et Kyle O'Reilly (à venir ce week-end, lors de Field of Honor 2016), ce combat aura surpassé les attentes et rétabli Silas Young comme un talent sur lequel il faut continuer de compter. Certes, autre lutteur de la ROH s'inclinant face à un talent de la NJPW, Silas ne s'est pourtant pas contenté d'être juste une talentueuse chair à canon : dans une altercation post-match étonnante, vainqueur et vaincu se sont mutuellement salués à l'aide d'une gifle viril à chacun. #SoManly !

http://www.voicesofwrestling.com/wp-content/uploads/2016/08/results_1.jpg- Le Main-Event et autour : Après tant de Main-Events ratés et d'overbooking, il était temps pour la ROH de servir un véritable clou du spectacle digne de ce nom (et surtout de sa propre renommée) ! Sans être un 5-Star Match pour autant, le duel hautement sérieux entre Jay Lethal et Adam Cole a permis cette rédemption. Surpassant même la faiblesse narrative donné à ce match : Lethal, le champion "heel", est derrière les valeurs d'honneur de la ROH juste parce que le Bullet Club a interrompu un de ses matches ; et il est porteur d'une envie fièvreuse de vengeance parce que Cole lui a coupé ses dreadlocks puis rasé le crâne ... Je ne savais pas que Jay tenait autant à ses cheveux ... De plus, le "booking" aura été choisi parfaitement ici, mettant un terme au règne de Lethal ni trop tôt ni trop tard et capitalisant sur le regain d'intérêt du Bullet Club (avec la victoire de Kenny Omega au NJPW G1 Climax 26) pour l'accentuer au profit de la ROH. Mais le plus appréciable et mémorable reste l'après-match, où revenant furax, Kyle O'Reilly s'est planté devant le nouveau champion - et accessoirement son plus grand adversaire et, peut-être, partenaire - pour le démolir et lui promettre de se venger et d'enfin réclamer son titre nouvellement acquis par la même occasion. La plus belle des perspectives que l'on pouvait attendre de la part de la RIng of Honor !

- Des efforts narratifs et créatifs à souligner : Pour conclure, j'aimerais souligner les quelques bons points créatifs mineurs présentés lors de ce Pay-Per-View. D'abord sa vidéo d'introduction narrée par Nigel McGuinness, expliquant son rôle "kayfabe" de Match Maker et les valeurs qu'il met en avant et respecte, tout en exagérant (à bon escient) la vilénie et dangerosité du Bullet Club de la ROH. Ensuite, le résumé d'avant-match du "build-up" pour le match opposant Bobby Fish et Mark Briscoe relevant une opposition et une psychologie très subtile, pour un match sans intérêt sur le papier.

NXT TakeOver : Brooklyn II

http://www.wrestleview.com/wp-content/uploads/2016/08/CqWZz2FXYAA3cEY-696x385.jpgSurfant sur la suite du partenariat entre le Barclays Center et la WWE, ce nouveau NXT TakeOver était marqué par l'historicité et l'importance de celui de l'an dernier, signifiant qu'il était porteur d'une vraie nouvelle ère pour l'alternative #1. NXT TakeOver : Brooklyn II, un peu à l'instar de son préquel, n'était pas parfait mais a su maintenir le cap et la réputation extraordinaire de ces "Special Events" - ce qui, à première vue, ne semblait pas simple chose à faire :

- Le futur, c'est pas ça ... : Malheureusement, tout n'a pas été positif. De son intro témoignages répétitive à ce segment inutile avec Triple H révélant le trophée (au design déjà connu depuis des semaines, et toujours aussi phalique) à remporter au terme du WWE Cruiserweight Classic, ce TakeOver a surtout démontré la faiblesse de plus en plus grande de NXT : les catcheurs en développement sont trop peu et encore trop "green" pour remplir correctement la mission du centre développemental. Submergé par des déjà stars venus de la TNA ou de la NJPW, le roster de NXT n'a plus de talents au long développement, à la croissance si intéressante à voir, lui donnant son identité première. Mis à part les champions par équipe, les seuls catcheurs remplissant ces critères n'ont ni réussi à s'imposer, ni été "booké" d'une telle façon. Entre la brouillon Ember Moon (surtout d'un point de vue créatif), la sous-version bleu d'Eva Marie (Billie Kay) et un sur-musculeux Human Tornado (No Way José), tout cela ne semble pas de quoi soutenir les rangs de NXT sur le long-terme ... L'inquiétude était déjà là, mais NXT TakeOver : Brooklyn II l'a démontré.

- The Revival vs. Gargano & Ciampa : Le match de la soirée, et peut-être du week-end à coup sûr ! Quelles performances de la part des deux duos, plein d'histoire et d'émotion. Bien que présentés venus de la scène indépendante, Tommaso Ciampa et Johnny Gargano sont les exceptions qui confirment la règle de cette nouvelle ère ambivalente de NXT. Ils sont en effet porteurs d'un développement uniquement acquis et visibles à NXT. Ils sont détenteurs d'une connexion unique avec son public et d'un avenir moyen-terme solide, capable de maintenir la véritable identité de NXT face aux aller-retours des top-stars à la Nakamura ou Roode. Quant à The Revival, le duo continue de progresser et de confirmer son statut de meilleur équipe de l'année, mêlant parfaitement un rythme in-ring intense, rapide et moderne avec les techniques "old-schools" des Minnesota Wrecking Crew, Midnight Express, Brainbusters et autres Demolition. Le genre de duos qui peut porter à lui seul une "mid-card", comme Dash & Dawson l'ont confirmé ici. Et d'ailleurs le genre de matches qui "mériterait un renversement de booking improvisé" (dixit Nigel McGuinness à propos du "break-out match" de Tyler Black/Seth Rollins, face à lui, à la Ring of Honor) vu l'ambiance et le soutien pour Gargano & Ciampa et l'histoire ainsi racontée.

http://www.lethalwow.com/wrestlingnews/wp-content/uploads/2016/08/Untitled1.jpg- Asuka vs. Bayley : Après un match impressionnant à NXT TakeOver : Dallas, cette revanche était sans l'ombre d'un doute le combat le plus attendu de la soirée ... voire du week-end entier ! "Acting", "selling", "in-ring psychology", "storytelling", tout y était pour attendre le niveau anticipé. Et au final, c'est une Asuka encore plus dangereuse et dominante qui en ressort face à une Bayley à la rédemption pas si mal terminée. Certes, pas de victoire vengeresse, mais un levé de rideau parfait, peuplé d'images impactantes (ses "hugs" d'après-match avec Becky Lynch & Sasha Banks, puis la "heel" Charlotte avant de finir avec sa mère et sa plus grande fan). Seul point créatif un peu raté selon moi, l'embrassade forcée entre la gagnante et la perdante - un chouillat hors-sujet si vous voulez mon avis.

- #NXTAllStars : Asuka, Shinsuke Nakamura, Samoa Joe, Bobby Roode, Austin Aries, Hideo Itami, La Sombra, etc. #TNA2013 avec, en bonus, une top-star de la CMLL, deux top-stars du catch japonais et l'une des reines du Joshi Puroresu. Tous sont bénéfiques au produit et au cachet tant ils sont renommés et talentueux. Néanmoins, encore une fois, ils sont un détriment long-terme aussi. Quoi qu'il en soit, quel bonheur de voir un tel "dream match" entre Joe et Nakamura se réaliser (+1 à l'"acting" de Samoa Joe lors de sa sortie des vestiaires, magistrale !), d'entendre Austin Aries être soutenu sans rompre (sans oublier le KENTA vs. Aries II à venir !) ou de voir la joie et l'envie d'un Bobby Roode circa E.G.O. (Extraordinary Gentlemen's Organization pour ceux qui s'en souviennent ^^) en réponse à son "booking" parfait et l'intérêt surprenant des fans à son égard (et putain, quelle entrée !). Vraiment jouissif tout ça.

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