ROH 6-Man Tag Championship : Les 10 trios historiques les plus méritants

http://www.rohwrestling.com/sites/default/files/imagecache/news_featured_photo_full_news_node/sixman_1.jpgSi vous suivez le Bulletin Indy, vous êtes très probablement au courant de la prochaine "nouveauté" servie par la Ring of Honor : All-Star Extravaganza VIII - Live Pay-Per-View tenu près de Boston en fin de mois - inaugurera un 6-Man Tag Team Tournament, voué à couronner les premiers champions trios de l'Histoire de la promotion (probablement aux environs de Glory By Honor ou Final Battle 2016). A croire que la Ring of Honor doit créer un titre de champion tous les 6 ans (Pure Championship en 2004 puis Television Championship en 2010) pour rester "fraîche" ... et surtout qu'elle doit encore jouer les retardataires en copiant sur ses alliées (la CMLL et ses différents titres de ce genre, installés depuis des années ; et la NJPW et son ratage total pour l'instant des NEVER 6-Man Tag Titles) et ses concurrents (Lucha Underground et son Trios Championship, pour le moment plutôt bien géré et réussi - innovant même pour le catch américain, au moment de son introduction).

"We don't imitate, we innovate" : Il est loin le temps où ce slogan était respecté ... D'autant plus qu'à bien des époques de son Histoire, la Ring of Honor aurait trouvé tout ce qui lui fallait en matière de trios ! Sans parler de "dream trios" comme par exemple Samoa Joe, Low-Ki & Homicide ou Bryan Danielson, Nigel McGuinness & Austin Aries, en voilà 10 ayant réellement existés qui auraient été parfaitement méritants de profiter du titre de premiers champions trios de l'Histoire de la ROH :

#10 - The Decade (Roderick Strong, Jimmy Jacobs & BJ Whitmer)

https://www.voxcatch.fr/wp-content/uploads/2014/05/decade-war-of-the-worlds-2014.jpgAu cours de ROH Final Battle 2013 (l'un des derniers shows de catch au Hammerstein Ballroom jusque là, en passant), un curieux trio de vétérans talentueux se formait dans le rejet, la jalousie et la frustration. Chacun installé à la Ring of Honor depuis 10 ans, ceux qui allaient se faire appeller ainsi The Decade en ont eu marre de s'abaisser au profit de catcheurs allant-et-venants dans "leur" compagnie (un sujet repris de façon différente par les boiteux Knights of the Rising Sun l'an passé). Démolissant Eddie Edwards s'apprêtant à rejoindre la TNA après un match par équipe servant aussi (de première graine au tant nécessaire et attendu "heel-turn" de Jay Lethal et) de dernier match de la carrière de BJ Whitmer (blessé à la nuque par un mauvais Piledriver plusieurs mois avant), pour se faire définitivement comprendre.

Association incongrue, le manipulateur et imprévisible Jimmy Jacobs, le faux-retraité BJ Whitmer et l'agressive grande-gueule Roderick Strong formait un trio atypique. Certes, les liens entre eux ne tenaient qu'à la simple force du postulat du groupe, lequel n'a pas tenu si longtemps tout comme ces dits liens. Et même si il est vrai que la somme des talents de The Decade n'égalait pas les talents des trois individus séparés, il en restait un trio solide et prestigieux, tout à fait capable de prétendre au titre de premier champion 6-Man Tag de l'Histoire de la Ring of Honor.

#9 - The Prophecy (Christopher Daniels, Dan Maff & BJ Whitmer)

En 2002, lors de ses premier mois d'existence, la compagnie fondée par Gabe Sapolsky, Cary Silkin et Rob Feinstein ne différait pas énormément du reste du catch américain, quoique moins "hardcore" que ses concurrentes directes IWA:Mid South et CZW et plus substantielle qu'une certaine TNA. Ainsi, comme beaucoup d'autres de ces promotions par le passé, il avait eu vite de créer sa première faction antagoniste. Nommée The Prophecy, elle visait à réaliser les desseins maléfiques du traître père-fondateur  'Fallen Angel' Christopher Daniels, notamment celui de s'emparer du championnat du monde de la ROH et du contrôle de cette dernière. Classique.

Composé, en outre, d'un jeune BJ Whitmer (encore lui) et du "gangsta" Dan Maff, ce groupe n'a finalement pas réussi à menacer l'avenir fictif de la Ring of Honor et de son champion de l'époque, Samoa Joe (ancien mercernaire pour The Prophecy, le trahissant en éliminant l'ex-champion Xavier, ancien allié de Daniels). Puis, en janvier 2004, à Battle Lines Are Drawn, les Second-City Saints menés par un certain CM Punk s'en étaient définitivement débarassés. En conclusion, en tant que groupe, The Prophecy n'a pas été vraiment à la hauteur de son rôle mais aussi de son leader. Néanmoins, l'alliance était cohérente, un peu diversifiée et au potentiel de cohésion solide - des atouts majeurs pour tout grand trio.

#8 - The Embassy (Jimmy Rave, Alex Shelley & Abyss)

Probablement le clan à la plus longue existence et persistance de l'Histoire de la ROH, The Embassy n'a pas toujours su s'imposer (s'endormant et se réveillant sans cesse) ou contenir des talents majeurs (Tommaso Ciampa et désormais Donovan Dijak en étant les deniers représentants historiques). Néanmoins, il fut un temps où le tyrannique Prince Nana et son clan étaient vraiment dans une position maîtresse au sein du roster.

Cette époque remonte en 2005 où Alex Shelley avait soudainement trahi le groupe Generation Next pour rejoindre le riche Nana et son détestable poulain Jimmy Rave. S'était ensuite ajouté à ce duo ainsi formé l'imposant et terrifiant Abyss, alors dans la plus grande année in-ring de sa carrière. Une véritable guerre entre les deux factions s'en était suivie, révélant la vilénie de Prince Nana, laquelle c'est terminée dans le chaos le plus total en décembre 2005 dans le premier Steel Cage Warfare, Main-Event du show éponyme. Un trio de jeunes "heels" (vainqueur en passant du second et dernier Trios Tournament, en 2006) quasi parfait pour un tel 6-Man Tag Championship bientôt inauguré !

#7 - ROH Bullet Club circa 2015 (AJ Styles & The Young Bucks)

Comment une telle séquence de "finishers" combinés ne pourrait-elle pas justifier la présence de ce trio dans le classement ?! Le vrai, violent et tyrannique, a mis du temps à se montrer à la Ring of Honor. Et maintenant ceci fait, ce n'est pourtant pas le trio roi Adam Cole & The Young Bucks (actif, donc pas qualifié pour ce classement) qui le représente ici.  Après une arrivée à la cool, comme chez lui, en 2014, c'est l'année suivante que le Bullet Club a commencé à vraiment contribuer aux shows de l'alliée américaine de la New-Japan Pro-Wrestling où il exerce encore et toujours son despotisme.

Sans rien de bien méchant encore, certains de ses membres ont donc cependant offert des performances spectaculaires, en particulier le trio regroupant le leader de l'époque AJ Styles et les rockstars du circuit indépendant, les Young Bucks (comme vu ci-dessus). Ensemble, il ne semblait pas y avoir de plus destructeur - qu'il soit face à une "dream team" de voltigeurs comme ACH, Matt Sydal et Cedric Alexander ou le fleuron de CHAOS tel Kazuchika Okada & Roppongi Vice. A grandeur uniquement in-ring certes, ce trio n'aurait eu aucun mal à justifier son titre de champion !

#6 - The Second-City Saints (CM Punk, Colt Cabana & Ace Steel)

A leur débarquement simultané au sein de la Ring of Honor, très peu de temps après sa création, CM Punk, Colt Cabana et leur entraîneur-partenaire Ace Steel ont tout de suite su accaparer une place de choix et un rôle solide. Unis depuis leurs premiers vrais entraînements, les trois hommes avaient naturellement voulu vérifier l'adage "l'union fait la force". Venant chacun de l'école Steel Domain (en partie fondée par Ace Steel) à Chicago, The Second-City Saints constituait un groupe naturel d'individus alliés pour se défendre les uns et les autres et attaquer les mêmes objectifs ensemble. Mais la force du groupe et l'intérêt de ses guerres face à Raven ou The Prophecy tenaient surtout grâce aux personnalités de ses constituants.

Ace Steel apportait la touche un peu "old-school" et une certaine constance. Colt Cabana avait pour lui une technique in-ring toujours aussi sous-estimée et, évidemment, un charisme comique énorme. Quant à CM Punk, leader naturel sans le revendiquer, il était le penseur et moteur du trio, au-dessus du lot sans vouloir nécessairement profiter de son talent pour lui seul. Une vraie fraternité qui caractérisait de grands trios tels les Von Erichs (littérallement) ou même aujourd'hui New Day.

#5 - The Rottweilers (Low-Ki, Homicide & Rocky Romero)

http://i.imgur.com/Rylx9Lq.jpg?1"It's not about the size of the fighter. It's about the size of the fight he will bring !" - Low-Ki. Mais, quid d'un "street fighter" ? D'un casseur sans respect ? D'un chien qui a la rage ? Si la première version de la racaille nommée Rottweilers, créée courant 2003 pour soutenir Homicide dans sa guerre "hardcore" contre Steve Corino, n'a pas fait long feu, son esprit fait d'un mélange de haine, de violence et d'irrespect, est resté intact une année plus tard lors de sa renaissance. Mené par 'The Notorious 187' et son manager négligeable Julius Smoke, ce groupe était le premier vrai gang de l'Histoire de la Ring of Honor. Accompagné des jeunes latinos Ricky Reyes (aka Cortez Castro dans Lucha Underground) et Rocky Romero, il ne lui manquait plus qu'une touche de réel talent et "star-power" pour atteindre son plus haut potentiel. Ce talent, c'était le tout premier champion du Monde de la ROH, Low-Ki, crachant sur le titre qu'il avait détenu et son porteur et ex-honorable adversaire Samoa Joe. Une déclaration de guerre à la Bullet Club dirions-nous aujourd'hui comme la ROH n'en avait jamais vu jusque là.

Vainqueur du premier (sur seulement deux) Trios Tournament de la promotion en 2005, le trio Homicide, Ricky Reyes & Rocky Romero n'était pourtant pas le trio idéal pour magnifier ce gang à mon sens. En remplaçant le moyen et sans charisme Ricky Reyes par la vraie star Low-Ki aurait compléter un trio "heel" majeur. L'extrême violence et la vulgarité d'un Homicide, tempérée par le charisme grandissant de Rocky Romero et ajusté par l'intensité et la prestance de Low-Ki : en voilà un trio méritant d'être désigné champion.

#4 - Generation Next (Austin Aries, Roderick Strong & Jack Evans)

Le printemps précédant la renaissance des Rottweilers citée ci-dessus, une autre faction venait de se former. Lors d'un show voué à présenter la nouvelle génération de catcheurs indépendants aux fans de la Ring of Honor, Generation Next, quatre jeunes lutteurs ont décidé de forcer le destin, refusant de se plier à la hiérarchie pré-établie du roster : Austin Aries, Roderick Strong, Alex Shelley et Jack Evans. Un groupe soudé par une même cause mais aussi une même envie de réussir, seul ou à plusieurs. Reprenant le nom de son lieu de naissance, Generation Next (version améliorée des Natural Born Thrillers de la WCW, et version mieux réussie de la future Nexus) s'est tout de suite imposé comme comptant parmi les meilleurs nouveaux princes de la scène indépendante américaine. La puissante et rudesse surprenantes de Roderick Strong, la technique et le charisme d'Austin Aries (deux qualités qui lui vaudront de mettre un terme au long règne de Samoa Joe seulement quelques mois plus tard), la personnalité d'Alex Shelley, sans oublier l'attitude et le talent incomparable pour le "spot fest" de Jack Evans, a fait du quatuor un succès immédiat. Victorieux face à The Embassy (à qui Shelley offrira ses services, jaloux des autres membres de son groupe) ou encore aux Briscoes, Generation Next avait réussi son pari de modeler parmi les meilleurs catcheurs du monde aujourd'hui. 

Ainsi, il est de mon avis que si placé dans une situation tel que le ROH 6-Man Tag Championship Tournament à venir, le meilleur trio pour le représenter ne comprendrait ni le vendu Alex Shelley ni son remplaçant Matt Sydal. 'A Double' en pilier, Strong et sa force et Jack Evans et ses qualités in-ring incongrues composeraient le trio GenNext parfait pour être légitime de remporter une telle compétition.

#3 - S.C.U.M. (Kevin Steen, Jimmy Jacobs & Steve Corino)

En 2012, suivant la victoire finale de Kevin Steen contre le champion mondial Davey Richards à ROH Border Wars, une réunion "d'evil persons" concluait l'iPPV. Après des mois d'incompréhensions et de trahisons les uns envers les autres, une forte et indissoluble amitié régnait enfin de nouveau entre Steen, Jimmy Jacobs et Steve Corino. Génies du mal derrière le "heel-turn" initial du premier et sa guerre fratricide contre El Generico deux ans auparavant. Tous les trois, ils formèrent Suffering, Chaos, Ugliness & Mayhem - abrèvié en S.C.U.M. ou "déchet" au sens figuré en français - et règnèrent sans partage une fois les championnats par équipe acquis par Corino et Jacobs. Et ce, jusqu'au rejet de Steen par une version élargie du groupe mené par Corino un an plus tard.

Outre le talent et les fortes personnalités respectives des trois hommes formant le trio originel de S.C.U.M., c'est leur grande amitié les uns pour les autres, celle de la vie hors du champ des caméras se traduisant à merveille devant, qui en fait un trio à part entière. Quoique plus sombre et fou, il rappelle un peu en cela The Fabulous Freebirds, l'un des plus grands trios de l'Histoire du catch. Le genre de trios qui possèdent une valeur supérieure ensemble à la simple somme de ses trois parties.

#2 - The Age of the Fall (Jimmy Jacobs, Tyler Black & Brodie Lee)

Voilà comment s'est terminé la diffusion différée (pas en directe) du troisième Pay-Per-View de l'Histoire de la Ring of Honor, nommée de manière forte ironique Man Up (#CochonPenduSanglant). Le 161ème show organisé et présenté par cette dernière au terme donc du quel le mystérieux Project 161 s'est révélé être l'oeuvre suprême de Jimmy Jacobs, The Age of the Fall. Des débuts impactants, pour un nouveau groupe et une nouvelle "storyline" intéressants ... trop impactants justement, vu le reste de l'Histoire du groupe. Probablement ce qui a marqué le début de la fin du contrôle créatif de Gabe Sapolsky. Une séquence controversée (et à certains endroits maladroites) qui avait en effet refroidi les futurs projets créatifs pour Jimmy Jacobs & Cie. Cela dit, sans The Age of the Fall, les propres débuts de Tyler Black n'auraient pas eu la même exposition, ni l'aide l'amenant à son premier "push" lequel lui permettra progressivement de se transformer en l'une des top-stars du catch mondial qu'il incarne aujourd'hui sous le nom de Seth Rollins.

Au sein de ce groupe aux visages et talents multiples, plusieurs combinaisons se sont formées mais jamais un réel trio en dehors de celui originel de Jacobs, Black et Necro Butcher. Néanmoins, celle-ci ne constituait pas selon moi le meilleur trio possible concernant The Age of the Fall. En remplaçant le sadique ex-champion de la CZW, non pas par Delirious ou Joey Mercury, mais le puissant et plus talentueux Brodie Lee (aka Luke Harper), Jimmy Jacobs et Tyler Black auraient eu le troisième homme idéal pour former un trio génial, à l'aura difficilement surpassable ... si ce n'était pour le #1 :

#1 - Kings of Wrestling (Claudio Castagnioli, Chris Hero & Sara Del Rey)

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CZW, Chikara, PWG, ROH, ces rois-ci l'étaient dans chacun de ces royaumes, jadis. Très vite amis lors de leur rencontre dans les vestiaires de la Chikara en 2005, le déjà vétéran du circuit indy Chris Hero et le suisse soucieux de s'améliorer Claudio Castagnioli y ont rapidement formé un duo plein d'alchimie sur le ring, les Kings of Wrestling. Après les premiers succès dans la promotion de Mike Quackenbush, ils ont accumulé les titres aussi bien à la CZW qu'à la PWG et, dans un premier temps, à la ROH dans le cadre de la guerre inter-promotionnelle l'opposant à la CZW. A leur réunion en 2009, Hero au top de sa forme physique et Claudio plus talentueux que jamais ont ravis de nouveau les championnats par équipe ... mais cette fois accompagnés d'une 'Queen of Wrestling', l'impératrice de la Shimmer Women Athletes, Sara Del Rey.

Une simple alliée pour les KOW, la future entraîneuse féminine du WWE Performance Center aurait pu réellement être le composant manquant à un trio de champions, accueillant déjà l'une des meilleurs équipes de l'Histoire du catch (tout court !). Son charisme, sa technique et son intensité auraient parfaitement collés aux talents globaux des anciens doubles champions par équipe de la ROH.

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