NJPW

Que va-t-il arriver à NJPW Wrestle Kingdom 13 ?

Tanahashi omega kopw

Le Main-Event a été officialisé : nous sommes donc officiellement en route vers Wrestle Kingdom 13 ! Et quelle année de rebondissements, de grands moments et de grands matches que nous avons vécu une nouvelle fois ensemble ! Et face aux développements futurs déjà en marche et aux incertitudes de l'avenir, il est temps tout d'abord de s'attarder sur ce grand rendez-vous le 4 janvier 2019 au Tokyo Dome et d'en percevoir ensemble les matches, les gagnants, les enjeux et les conséquences à venir. N'hésitez pas à en discuter en commentaires et à partager ses prédictions, ainsi que les vôtres, sur la page Facebook de The Alt ou sur Twitter.

(Pré-Show) New-Japan Rumble

Depuis Wrestle Kingdom 9, la NJPW rassemble chaque année le reste de son roster non-impliqué sur la carte du show principal dans une bataille royale d'avant-show. A l'instar du traditionnel Royal Rumble de la WWE le même mois, elle peut aussi figurer des invités surprises et des revenants. L'an dernier, c'est un ancien catcheur de la New-Japan et de feue sa rivale UWFi, Masahito Kakihara, qui l'a remporté dans une sorte de célébration de sa guérison. Ce dernier avait arrêté prématurément sa carrière après une grave blessure au dos. Dans la même veine de bonnes publicités, la star de la J-Pop Momoka Ariyasu avait permis la victoire de Jado (l'ex-partenaire in-ring de Gedo, désormais son partenaire au "booking") à WK 10. Quant aux gagnants membres actifs du roster, Yuji Nagata et Michael Elgin en sont chacun ressortis avec des matches de championnat la tournée suivante, The New Beginning.

Cette année, je préférais voir les chers "bookers" se focaliser sur cette deuxième catégorie : à savoir des catcheurs actifs à qui cela pourrait profiter d'une façon ou d'une autre dans le schéma global de la NJPW.

Gagnant :

- Option 1 : Tomoaki Honma

Après une terrible blessure à la nuque qui lui a demandé plus d'un an de récupération, Tomoaki Honma est revenu - qu'on se le dise - difficilement sur le ring à la fin du G1 Climax 28. Il a depuis relancé son duo, Great Bash Heel, avec Togi Makabe en amont du tournoi World Tag League de novembre-décembre prochain. Malgré ce retour tout en émotions et le boost qui l'accompagne, je ne vois pas l'équipe de vétérans remporter le dit tournoi. Ainsi, en compensation et pour continuer de capitaliser malgré tout sur ce retour, une victoire de Tomoaki Honma ici serait tout à fait concevable et profitable.

Le roi du Kokeshi pourrait même réclamer un match de championnat NEVER après coup et, même si c'est pour le perdre, finir de profiter de ce pic d'intérêt du public en sa faveur.

- Option 2 : Flip Gordon

Bataille royale oblige, la New-Japan a eu tendance jusque là à favoriser les poids-lourds. Néanmoins, le New-Japan Rumble est ouvert à tous. Après de belles performances lors de la tournée Honor Rising suivi d'une excellente participation au Best of the Super Juniors Tournament, le jeune Flip Gordon s'est fait discret sur le rings de la NJPW en ce second semestre et ne participera pas à la Super Junior Tag League comme pressenti.

En échange, une victoire surprenante face à un public qui le connaît et l'apprécie déjà continuerait de solidifier son statut au sein de la division Junior et pourrait même lui suffire à affronter le champion Junior sortant au prochain super-show ou à la Ring of Honor, sa promotion-mère - tout en gagnant l'attention du reste du monde via Being The Elite sur YouTube.

- Option 3 : Katsuya Kitamura

Dernière option valable selon moi, mais sans la moindre rumeur à mon appui, reste le retour éventuel du gargantuesque et tout aussi sympathique Kitamura. Gravement commotionné en février dernier lors de sa série de matches de test avant sa promotion officielle dans le roster de la New-Japan, l'ex-"young lion" avait annoncé la fin probable de sa carrière de façon inattendue. Mais comme on dit dans le catch : "never say never". Sans avoir officialisé véritablement sa prise de retraite, il reste possible - comme pour un certain Katsuyori Shibata - que le géant Kitamura revienne un jour sur les rings nippons. Quoi de mieux qu'en invité surprise et gagnant du premier match de Wrestle Kingdom 13 ?

IWGP Junior Tag Championship - 3-Way Match : Suzuki-Gun (Yoshinobu Kanemaru & El Desperado) © vs. RPG 3K (YOH & SHO a/ Rocky Romero) vs. L.I.J. (BUSHI & Shingo Takagi)

 

Les mois de novembre et décembre marquent la saison des divisions par équipe de la NJPW. Comme annoncé après King of Pro-Wrestling 2018, nous aurons d'abord droit à la Super Jr. Tag League dont les gagnants seront déterminés lors de Power Struggle 2018 et remporteront un match de championnat Junior Tag IWGP à WK 13. face aux champions défendants : à savoir, très certainement les actuels titulaires, Yoshinobu Kanemaru & El Desperado.

Avec l'établissement de nouveaux duos, tels que BUSHI & Shingo Takagi côté Los Ingobernables de Japon ou Taiji Ishimori & Robbie Eagles côté Bullet Club OGs, il est difficile de désigner un favori absolu. Néanmoins, selon moi, les gagnants nécessaires et nécessiteux ne sont nuls autres que les précédents gagnants du tournoi et anciens champions, Roppongi 3K. Rien de tel pour les remettre en selle et rebooster leur crédibilité que de prouver une fois de plus leur supériorité sur la division. Cela étant dit, après ses débuts surprises à King of Pro-Wrestling, le beau Shingo (et son nouveau co-équipier désigné) a besoin de rester sur une pente positive.

Ainsi, si RPG 3K pourrait s'arroger la finale, il est au moins certains que le duo de L.I.J. devra battre les champions en chemin - obligeant la NJPW à tenir un tel 3-Way Match. Enfin, s'il est certain que les ceintures devront changer de mains le 4 janvier (Yoshi & Despy les ont eu bien assez longtemps), il serait, je crois, plus judicieux de les donner à BUSHI & Shingo. Leur union (et avec, les débuts de Shingo) serait ainsi solidifiée et une nouvelle rivalité enclenchée face aux "babyfaces" SHO & YOH ... reculant encore un peu leur retour en force sur le devant de la scène pour en faire un dénouement encore plus spectaculaire !     

Gagnants : L.I.J.

IWGP Tag Team Championship - No DQ - Tornado Tag Match : G.O.D. (Tama Tonga & Tonga Loa a/ King Haku) © vs. The Young Bucks (Nick & Matt Jackson)

 

Tout comme, chaque été, le G1 Climax suit le BOSJ, chaque hiver, la World Tag League suit le Super Jr. Tag Tournament. Le division poids-lourd par équipe de la NJPW présente de nombreux atouts dont deux nouveaux duos de poids : les Young Bucks et les Golden Lovers. Malheureusement, concernant les premiers, les rumeurs indiquent qu'ils ne participeront très certainement pas à la compétition du fait de leur agenda chargé (justifié de façon "kayfabe", par l'état pitoyable du dos de Matt Jackson). Quant aux seconds, avec Kenny Omega champion et d'ores et déjà occupé par le Main-Event de WK 13, aucune chance (ou presque ?) que son fragile duo avec Kota Ibushi s'en sorte avec un match de championnat par équipe le même soir. Mais rien ne dit que ces deux équipes ne seront pas activement impliquées.

En dépit des efforts et positions de K.E.S., SANADA & EVIL ou encore Great Bash Heel, il est une rivalité qui prime actuellement et qui ne possède pas encore de conclusion du fait des nouveaux développements initiés à King of Pro-Wrestling 2018 : Bullet Club Elite vs. Bullet Club OGs. Afin de ne pas l'oublier, les frères des îles Tonga pourraient dans un premier temps avoir à affronter, pour la première fois, les Golden Lovers en finale de la World Tag League. Et cela ne serait pas une première s'ils étaient amenés à la remporter en tant que champions, profitant des dissenssions naissantes entre les Omega et Ibushi. D'autre part, cela permettrait alors aux Young Bucks de saisir l'occasion de les provoquer dans un violent rematch de Fighting Spirit Unleashed.

Vainqueurs, les "showrunners" de Being The Elite auront ainsi pris leur revanche et pourront débuter un règne digne de ce nom. Quant à Tama Tonga, il pourra toujours se raccrocher à sa victoire sur les Golden Lovers pour demander un match de championnat face à un Kenny Omega toujours champion, lors d'un des shows The New Beginning le mois suivant.

PS : Sans rien à faire d'autre sur la carte, je verrais bien Marty Scurll (et même Chase Owens et Yujiro Takahashi, pourquoi pas) garder le coin des Young Bucks afin d'équilibrer les forces aux besoins - surtout si Bad Luck Fale décide de s'en mêler aussi. Et puis, qui n'aurait pas envie de voir Marty tenter de briser les doigts de Haku ?!    

Gagnants : The Young Bucks

IWGP Junior Heavyweight Championship Match : KUSHIDA © vs. Taiji Ishimori

 

https://lwosonprowrestling.ms.lastwordonsports.com/wp-content/uploads/sites/15/2018/05/ishimori2.jpgSuite à la blessure à la nuque de l'ex-champion Hiromu Takahashi, KUSHIDA a remporté le titre champion Junior Heavyweight IWGP vacant contre Marty Scurll à King of Pro-Wrestling 2018. Pris par la Super Junior Tag League prochainement (aux côtés de Chris Sabin, l'ex-partenaire de son ex-partenaire), KUSHIDA n'aura sans doute pas à défendre son nouveau bien avant WK 13. Autrement dit, à moins que PAC décide de quitter la Dragon Gate plus tôt que prévu, son adversaire sera sûrement extrait de l'un des participants de ce même tournoi.

Nouveau Bone Soldier depuis le dernier BOSJ, dont il a été un dangereux finaliste, Taiji Ishimori profite actuellement d'un regain de visibilité en participant aux méfaits des Bullet Club OGs. Battre le champion Junior lors du tournoi lui donnerait l'argument pour s'octroyer sa propre attention et lui donnerait ce match de championnat qu'il n'a pas pu recevoir avant la blessure d'Hiromu.

Pour fortifier son sixième règne solo (et pour prouver, une fois, de plus qu'il est l'un des meilleurs catcheurs au monde), KUSHIDA devrait ressortir victorieux d'une bataille s'annonçant difficile - que ce soit en considérant le style impactant et puissant de l'ancien GHC Junior Heavyweight Champion de la Pro-Wrestling NOAH ou les possibles interventions de la part du Firing Squad. Taiji Ishimori aura, quant à lui, toujours une ceinture NEVER Openweight 6-Man à la hanche en sortant et pourra se rattrapper au prochain BOSJ, fort de cette belle performance au Dome.

Gagnant : KUSHIDA ©

IWGP United States Championship - 4-Way Match : Cody © (a/ Brandi Rhodes) vs. Juice Robinson vs. Beretta vs. Hangman Page

 

Avec le gain de Cody sur un Juice Robinson affaibli par un G1 Climax 28 très pauvre en victoires, la direction de l'IWGP United States Championship semble s'être embrouillé. Rien de mieux alors pour la re-stabiliser que de reconsidérer les différents challengers possibles, de les rassembler pour les comparer et former une nouvelle hiérarchie. Traduction : organiser un 4-Way Match et en tirer les conséquences ensuite.

Avec Juice Robinson prêt à prendre sa revanche, disons après une bonne performance aux côtés de David Finlay au cours de la World Tag League, il consistue une présence obligatoire. Battu par Jay White à Strong-Style Evolved, Hangman Page a depuis remonté la pente avec une belle première impression au sein du G1 Climax 28. Star à part entière de Being The Elite et ALL IN, sa cote a qui plus est bien augmenté. Quant à Beretta, challenger impressionnant face à Kenny Omega l'an dernier, il est revenu du banc de touche depuis peu et profiterait bien d'un peu d'attention - en plus d'un beau parcrous dans la WTL. Cette brochette devrait être tout à fait suffisante pour menacer le règne de 'The American Nightmare' et re-structurer la "title picture".

Contre toute attente, je vois Hangman Page l'emporter pour profiter de la stipulation ne l'obligeant pas à heurter son compatriote du Bullet Club Elite pour se faire. Beretta et Juice Robinson deviendrait, de facto, ses prochains challengers naturels - d'autant que 'The Flamboyant' excelle davantage dans le rôle du poursuivant que du poursuit.

Quant aux absents qui leur sont liés - je pense respectivement à David Finlay, Chuck Taylor, Chase Owens ou même Yujiro Takahashi -, ils pourraient très bien servir de challengers de seconde zone pour l'un ou l'autre des trois premiers cités plus tard dans l'année.

Gagnant : Hangman Page

Lumberjack Deathmatch : Minoru Suzuki vs. Tomohiro Ishii

 

Entre les petites guéguerres face à Tetsuya Naito, Minoru Suzuki n'a eu de cesse de croiser Tomohiro Ishii sur son chemin. Lors de Strong-Style Evolved UK pour le compte de l'alliée britannique de la NJPW, RevPro, il lui a même pris son titre de championnat British Heavyweight. Une revanche est d'ailleurs prévu pour Global Wars UK 2018. Ainsi, si leur rivalité risque de se terminer en Angleterre, elle a des chances de continuer malgré tout sur les côtes nippones à moins qu'ils finissent par régler leurs comptes en face-à-face (ce qui constituerait, en plus, pour les fans britanniques une "belle" si tant est qu'Ishii récupère son titre dimanche prochain). 

Evidemment, comme souvent avec le Suzuki-Gun, cela impliquera que 'The King' ne viendra pas seul. La seule solution resterait donc d'organiser un Lumberjack Deathmatch (comme l'aime à les appeller la New-Japan) pour équilibrer les chances de chacun. De plus, cela permettrait à plusieurs catcheurs a priori absents de la carte - Hirooki Goto, Toru Yano, YOSHI-HASHI, K.E.S., Taichi, etc - de profiter des lumières du Tokyo Dome. 

Certes perdant de son précédant match à Wrestle Kingdom, je verrais davantage Minoru Suzuki concéder une nouvelle fois la victoire à un membre de CHAOS. D'une part pour donner l'impression de renforcer le groupe CHAOS lui-même avant le Grudge Match opposant Kazuchika Okada et Jay White plus tard dans la soirée. D'autre part pour offrir enfin à Tomohiro Ishii une grande victoire en solo sur la plus grande scène de l'année.    

Gagnant : Tomohiro Ishii

Zack Sabre Jr. (a/ TAKA Michinoku) vs. EVIL

 

Après sa défaite certaine face Chris Jericho dans le prochain Main-Event de Power Struggle 2018, EVIL voudra très certainement prendre sa dûe revanche contre Zack Sabre Jr. qu'il attendait à King of Pro-Wrestling. L'organiser pour Wrestle Kingdom 13 représenterait en plus une belle preuve de confiance offerte à deux upper mid-carders incarnant l'avenir de la compagnie.

Dans ce clash certain de styles in-ring diamétralement opposés, je favoriserais néanmoins le plan narratif. Dans leurs différents matches, ZSJ a toujours eu le dessus sur EVIL. Trompé, agressé puis battu, EVIL aura toutes les raisons de donner tout le "Burning Fighting Spirit" cher à la NJPW qu'il a en lui pour résister à la supériorité technique de son adversaire.

Et qui ne verrait pas non plus qu'il en profiterait ensuite pour se la jouer SANADA en affrontant Tetsuya Naito, nouvellemment couronné champion Inter-Continental, dans un match de championnat "amical" à The New Beginning ?

PS : A l'instar de Marty Scurll dans un autre match plus haut, SANADA pourrait tout à fait soutenir EVIL exceptionnellement aux abords du ring afin d'empêcher toute intervention de TAKA Michinoku et surtout de se montrer présent lors du plus grand show de l'année. 

Gagnant : EVIL

NEVER Openweight Championship Match : Will Ospreay © vs. Kota Ibushi

 

Parfois, entre les super-shows mensuels, les shows "Road To" des différentes tournées de la NJPW peuvent réserver de belles surprises. Aucune, peut-être, n'a jamais été à la hauteur inattendue de Will Ospreay & Tomohiro Ishii vs. The Golden Lovers, tenu début septembre en préparation du match opposant Kenny Omega à Ishii quelques jours plus tard. Quatre des meilleurs catcheurs de la planète ont réussi à promouvoir non un mais deux matches sans qu'on leur demande (ou pas ?). En effet, montrant une alchimie surprenante pour deux catcheurs ne s'étant rencontrés qu'à de très rares reprises et jamais dans des conditions de face-à-face , Will Ospreay et Kota Ibushi ont suscité auprès du public chauffé à blanc du Korakuen Hall le désir qu'ils semblaient avoir de s'affronter.

Et le timing ne pourrait pas être aussi parfait qu'il ne l'est actuellement. Ospreay est récemment monté en grade et va rejoindre petit à petit la division poids-lourd : son premier test étant de récupérer le titre NEVER Openweight (non-réservé aux poids-lourds, c'est adéquat) des mains de Taichi. Quant à Kota Ibushi, malgré son envie d'affronter 'The Sky King', il a dû suivre la direction de Kenny Omega ... jusqu'à les premières dissensions apparues à Fighting Spirit Unleashed puis à King of Pro-Wrestling 2018. Tout indique donc que rien n'empêchera Kota Ibushi d'aller voir ailleurs le temps d'une soirée et pour Will Ospreay de le choisir lui-même, comme premier challenger.

Malgré la fraîcheur de son nouveau grade, son potentiel et son talent, j'estime que Will Ospreay n'est pas prioritaire ici. Après avoir perdu le G1 Climax 28 puis le Main-Event de King of Pro-Wrestling, Kota Ibushi doit reprendre en main sa carrière solo avant de se diriger doucement vers une collision titanesque contre son Golden Lover. Devenir champion temporairement remplirait parfaitement cette condition. Quant à Will Ospreay, il aurait tout le temps l'an prochain de révolutionner le style attaché tacitement depuis l'ère Katsuyori Shibata, au titre NEVER afin d'en faire réellement le sien.  

Gagnant : Kota Ibushi

IWGP Inter-Continental Championship Match : Chris Jericho © vs. Tetsuya Naito

 

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/10/6_6-1.jpgSuite aux événements de King of Pro-Wrestling 2018, c'est de toute évidence le match que nous aurons pour le titre Inter-Continental IWGP au Tokyo Dome - une fois Power Struggle terminé. Après une défaite compliquée contre Chris Jericho et un G1 Climax 28 infructueux, Tetsuya Naito a besoin de se remettre sérieusement sur les rails du Main-Event si la NJPW ne veut pas fragiliser sa popularité davantage. Un nouveau règne à durée indéterminé en tant que champion Inter-Continental IWGP devrait être le minimum suffisant. Et une revanche contre Zack Sabre Jr. à Power Struggle devrait suffire à le rendre éligible au titre de challenger. 

J'attends de ce match qu'il se différencie le plus possible de leur bagarre de chiffoniers brouillonne de DOMINION. Mais, surtout, qu'il puisse se terminer par une victoire décisive et catégorique du 'Stardust Genius'. 

Après coup, Naito aura tout loisir de ramasser les miettes du clash Omega-Ibushi et Jericho pourra très bien s'en prendre à un Hiroshi Tanahashi, Kazuchika Okada ou une star montante pour conclure son séjour à temps partiel à la NJPW.

Gagnant : Tetsuya Naito

Kazuchika Okada vs. Jay White

 

http://www.prowrestlingsheet.com/wp-content/uploads/2018/10/jay-white-bc-og.jpg Si le dénouement concernant les deux hommes à King of Pro-Wrestling 2018 ressemblait plus à un cliffhanger de RAW Is War avec Okada dans le rôle de The Rock et Jay White & Cie dans le rôle du Corporate Ministry, les racines de cette "feud" sont évidemment bien plus anciennes. En janvier, Kazuchika Okada acceptait le 'Switchblade' dans son clan CHAOS après le refus de ce dernier de rejoindre le Bullet Club affaibli de Kenny Omega. Dès lors, le voeu de zizanie du jeune Néo-Zélandais se réalisait petit à petit : d'abord par de simples commentaires provocants, puis par sa victoire sur son leader théorique lors du G1 Climax 28 jusqu'à sa manipulation de YOSHI-HASHI en septembre. A Destruction in Kobe, il s'est définitivement séparé de CHAOS en s'octroyant les services traîtres de Gedo, ex-manager d'Okada. Puis, cette semaine, en acceptant l'invitation impromptue des Bullet Club OGs de former une alliance.

Ce Grudge Match est donc désormais indissociable de la carte de Wrestle Kingdom 13 et permettra, si ça ne tenait qu'à moi, de relancer la carrière d'un Kazuchika Okada en pente douce depuis sa défaite démoralisante, coincidant avec la perte de son titre de champion poids-lourd IWGP et de 'Ace', de DOMINION. Comme il faut s'en douter néanmoins, ceci ne sera très certainement que le premier chapitre d'une narration plus longue ... à suivre !

Gagnant : Kazuchika Okada

IWGP Heavyweight Championship Match : Kenny Omega © vs. Hiroshi Tanahashi

Omega wk13

Ce qui nous amène bien sûr à discuter du Main-Event pour le titre de champion poids-lourd IWGP détenu par Kenny Omega. Un combat de générations, de mondes et de philosophies opposées. D'un côté, le premier grand règne encore neuf de la première véritable top-star "gaijin" et internationale de la NJPW. De l'autre, la renaissance certes éphémère mais soutenue coeurs et âmes par les fans japonais de l'ancien visage de la compagnie. D'un côté, la poursuite de l'expansion internationale de la NJPW vers l'Occident et ailleurs. De l'autre, l'assurance que le nouveau régime exécutif - justement très occidental - ne sacrifiera pas le territoire japonais et ses stars. D'un côté, le box-office et le buzz mais l'incertitude d'une capitalisation sur la durée (WWE, ira-ira-pas, en vérité qui sait ?). D'un autre, le manque de nouveauté et de création de nouvelles stars mais la garantie d'une loyauté sans borne. Mais quoi qu'il arrive, l'assurance d'un match frais, épique et historique. C'est tout ce que l'on peut en attendre d'un Main-Event pour Wrestle Kingdom (prends-en de la graine, WrestleMania !).

En autres choses, aux vues du contexte et des différentes rumeurs circulant actuellement, je pense plus probable que Kenny Omega restera à la NJPW au moins (autrement dit : si ce n'est plus) jusqu'au G1 Supercard, le show inter-promotionnel partagé avec la Ring of Honor au Madison Square Garden en avril prochain. Et qui plus est, qu'il y participera en tant que champion, espérons-le, pour faire face à Kota Ibushi. Quant à Hiroshi Tanahashi, je suis tout à fait de l'avis qu'il a encore de quoi offrir au moins un règne de champion au top de la New-Japan, mais le timing n'est pas tout à fait en sa faveur. Un règne de champion Inter-Continental serait, là encore, plus adéquat - surtout une fois que Tetsuya Naito s'orientra de nouveau vers le titre d'Omega. 

Gagnant : Kenny Omega ©

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition septembre 2018

Après le mois d'août et la fin d'un gargantuesque G1 Climax 28, voyons aujourd'hui ce que septembre nous a donné. Entre le plus grand événement du catch indépendant ALL IN et les nouveaux développements du côté de la NJPW, difficile pour les autres de se démarquer ... Et pourtant, la ROH et le clan "freelance", STRONGHEARTS, ont réussi !

Hangman Page vs. Joey Janela a/Penelope Ford – Chicago Street Fight (ALL IN – 01/09/18 – Hoffman Estates, Illinois, Etats-Unis)

L'adversaire du meurtrier de Joey Ryan, Hangman Page, n'était pas celui que beaucoup - moi-même y compris - s'attendaient. Le choix logique aurait été la victime elle-même - seulement pensée pour morte - Joey Ryan, pour qu'il prenne sa revanche, mais tout cela appartient désormais à un segment post-match rempli de pénis géants. Les Bucks & Cody avaient en effet trouvé un autre Joey pour s'opposer à ce paranoiaque de Page, la "rising star" de la scène indy américaine : Joey Janela. Et si il y avait bien quelqu'un qui n'aurait pas eu peur de se faire tuer, c'est bien lui !

A l'approche de ce match, je me disais qu'on pouvait avoir quelque chose d'assez spécial entre les deux dans ce Chicago Street Fight, tant ils n'ont pas peur de prendre des risques. Je crois que mon pressentiment n'avait pas tort ...

Premièrement, les deux n'ont pas perdu de temps : pas de "Collar and Elbow Tie Up" traditionnel qui n'aurait été pas naturel dans ce genre de stipulations. A la place, Page a commençé directement avec un Tope Suicida sur Janela juste avant que ce dernier ne lui rende la pareille. L'utilisation de la stipulation est ensuite monté crescendo. Le 'Bad Boy' s'est servi du placement de produit pour Cracker Barrel (l'un des sponsors du show) pour effectuer une Sommersault Plancha sur Page dans le public - littéralement avec un tonneau ! En réponse, Page - grand fan de ce restaurant avec ses compères de Being The Elite - lui a fait payer avec un dangereux Burning Hammer sur une échelle que Janela avait disposé en appui sur le bord du ring. Ce dernier a sûrement dû remercier plus tard sa "bad girl", Penelope Ford, pour son aide contre Page avec une excellente séquence,  lui permettant de placer une Diving Elbow Drop sur une table plus bas à l'extérieur. Cependant, toujours dans cette escalade de la violence, Hangman lui a rendu la monnaie de sa pièce avec une effroyable Powerbomb depuis la rampe d'entrée sur deux tables en contrebas !

Enfin, outre ses excellents "spots" classiques de Street Fight, ce combat comportait des références à Being The Elite et à l'affaire Page-Ryan, comme les Talking Boots qui donnèrent un avantage à Janela de revenir avec un Superkick. Mais ce fut l'arme du crime - un téléphone - qui donna la victoire au Hangman, prêt à tuer un autre Joey avec. Si ce n'est pas le fil autour du cou qui sonna son glas, c'est définitivement ce Last Rite depuis l'échelle direct sur une table en contrebas qui termina le 'Bad Boy'.

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La valeur d'un tournoi ou comment rendre le catch sportif

En parallèle de votre lecture de cet article, écoutez le dernier numéro de Catchacast, notre podcast partenaire, consacré à l'entièreté du NJPW G1 Climax 28 - le tournoi le plus prestigieux de l'année.

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Le catch : un sport fictif

On a parfois tendance à l'oublier mais le catch est un sport fictif. Style de combat underground et "carny" à l'origine, la lutte professionnelle - traduction du terme "pro-wrestling" qui désigne le catch en anglais - a été ensuite remodeler en un sport légitime, concurrençant même la boxe au début du siècle dernier. Ce n'est seulement que pour la rendre plus divertissante (parce que voir Frank Gotch vs. George Hackenschmidt pendant deux heures et trois minutes pouvait achever n'importe qui, même à l'époque) que le "sport" se retrouva de plus en plus "truqué" par des esprits créatifs et commerciaux comme Ed 'Strangler' Lewis (un vrai de vrai, prêt à sacrifier sa réputation) et Toots Mondt (alors futur associé de Vince McMahon Sr.). Une fois la nouvelle méthode fictive de fabrication du catch découverte par la presse, le sport n'en était plus un aux yeux d'un public trahi.

Puis, tandis qu'El Santo se faisait la main sur les rings de Mexico et dans ses salles de cinéma et que Rikidozan devenait le plus grand champion de l'histoire du Japon en remodelant un art ennemi, le catch américain reprit en crédibilité et réputation avec l'essor de la télévision et la stricte politique de "booking" de la nouvelle National Wrestling Alliance - une institution administrative, garante de l'esprit sportif d'une mascarade de compétition politisée, dirigée par une assemblée mafioso. Dès lors, et jusqu'aux envolées lyriques des années 1990 et à l'effondrement volontaire du quatrième mur deux décennies plus tard, la réelle orchestration de ce sport fictif fut caché sous le nom de code "kayfabe" (ou "keep it fake", en vieux jargon "carny"). Une nouvelle chance était donnée aux promoteurs d'arranger la réalité compétitive des matches et rivalités en clamant produire de la violence authentique. Ainsi, plus un match, un show, une rivalité était exécuté avec réalisme, plus il avait de chance de tromper le public et de le surprendre, de l'emballer et de le rendre accroc. Et ce, que la promotion se réclame d'une identité de "catch pur", dans la plus sportive et traditionnelle des formes, ou de "divertissement sportif", jouant sur les personnages, leurs relations et leur influence sur le déroulement du show.

La formule du tournoi, la solution de réalisme

Et quoi de mieux pour rendre un sport fictif réaliste que d'emprunter une formule sportive et compétitive établie - celle du tournoi. Les plus grands événements sportifs sont des tournois, ou des "coupes", divers et variés. Ils peuvent être simples et linéaires comme Roland Garros pour le tennis ou complexes et denses comme la Coupe du Monde de Football. Ils rassemblent généralement les meilleurs athlètes de leur domaine et déterminent le ou les meilleurs d'entre eux. Ils sont le plus souvent représentatifs de l'état de l'art d'un sport et responsables de son avenir (changement de classement, passage de flambeau, innovation technique, etc).

En essence, le tournoi est une simulation humaine de la sélection naturelle : de vieilles mutations et de nouvelles vont s'affronter dans un environnement donné dans le cadre d'une compétition, quelle soit intra-espèce ou inter-espèce. Seules celles qui réussissent à passer à travers le filtre compétitif mérite d'être conservés et de continuer l'aventure de la vie. Evidemment, il est rare que les tournois soient aussi radicales : à moins qu'un accident ne survienne, les perdants peuvent très bien être les gagnants de demain - et vice-versa. En ce sens, la formule du tournoi inculque non seulement du réalisme dans un contexte catchesque mais peut aussi servir à différents aspects narratifs, inhérents à son fonctionnement.    

Créer une star

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d0/Tyler_Bate_Cropped.jpg/260px-Tyler_Bate_Cropped.jpg En premier lieu, organiser un tournoi est le meilleur moyen pour un promoteur de connecter un catcheur particulier à un public et d'en faire un champion, littéralement ou non, reconnu et crédible. Evidemment, la première condition à remplir est de choisir un catcheur un minimum solide athlétiquement et techniquement sur le ring pour renforcer le réalisme de l'exploit souhaité. L'élu en question peut très bien être déjà être un Main-Eventer dont la dominance doit être affirmée ou revigorée - ce fut le cas de Tetsuya Naito lors du NJPW G1 Climax 27 en août 2017. Ou, et c'est le plus intéressant, être un individu en dehors de la liste des favoris.

En impressionnant le public et la critique au cours de ses matches et en remportant finalement la compétition malgré ses maigres chances initiales de l'emporter, le vainqueur prouve sa valeur avec réalisme et s'affirme automatiquement comme une force incontournable, au-dessus de tous les autres compétiteurs. Le promoteur crée ainsi une toute nouvelle star - ainsi qu'un moment inoubliable pour le public et, potentiellement, l'histoire de la promotion ou d'un quelconque championnat. On retrouve exactement cela avec la première édition de l'United Kingdom Championship Tournament de la WWE et son vainqueur Tyler Bate.

Centré autour de l'incontrôlable Pete Dunne, présenté en train de violenter ses adversaires pour affaiblir la compétition en sa faveur dans de nombreux segments en coulisses, ce tournoi de janvier 2017 semblait avoir été destiné au 'BruiserWeight'. Néanmoins, au travers de performances surprenantes et excitantes, le jeune et effacé Tyler Bate va combler le public du Royal Albert Hall pour, match après match, en devenir le chouchou. Une fois qualifié en finale, Tyler Bate n'était plus considéré comme l'invité surprise ou le "darkhorse" de la course mais le pourfendeur possible du dévoreur tricheur, Pete Dunne. Le tout donnait à ce match final un classicisme catchesque des plus appréciables : le favori, prêt-à-tout pour éliminer la compétition et remporter le titre, face à la surprise d'un jeune prodige à la sympathie aussi grande que sa maîtrise technique. En donnant la victoire à ce dernier, la WWE (plus précisément, Triple H et William Regal) a réussi à créer deux stars et une rivalité - en plus d'un nouveau titre de championnat.     

Faire l'état de l'art ou l'innover

https://www.f4wonline.com/sites/www.f4wonline.com/files/field/image/superj.jpgHistoriquement, la formule du tournoi n'a jamais été de l'apanage du catch occidental (américain ou britannique) ou mexicain. Les premiers à l'avoir pleinement exploités sont les Japonais, avec la World Big League de la compagnie de Rikidozan, Japan Wrestling Association. De la fin des années 1950 au début des années 1970, la JWA a tenu cette compétition style "round-robin" (ou "système de poules" en français) chaque année pour confronter ses meilleurs catcheurs locaux ou "meilleurs" catcheurs étrangers, principalement américains, et surtout mettre en avant Rikidozan puis ses disciples, Giant Baba et Antonio Inoki. Une fois la JWA enterrée, ces deux derniers reprirent la même formule pour lancer respectivement le Champion Carnival de l'AJPW et le G1 Climax de la NJPW.

Peu importe le format - simple élimination ou "round-robin" - un tournoi rassemblant parmi les meilleurs catcheurs du plus large spectre géographique ou stylistique possible favorise nécessairement la meilleure démonstration in-ring contemporaine voire même future. C'est aujourd'hui ce qu'illustre le Battle of Los Angeles Tournament de la Pro-Wrestling Guerrilla ou, plus NJPW-centré, le G1 Climax. Mais si l'histoire ne devait n'en retenir qu'un, c'est la toute-première Super J-Cup de la NJPW en 1994.

Tournoi à simple élimination tenu lors d'une unique soirée au légendaire Sumo Hall de Tokyo, il fut qualifié de "meilleure soirée de catch de tous les temps" par le célèbre journaliste et critique américain, Dave Meltzer. Ouvert à différentes promotions japonaises indépendantes - telles que la Michinoku Pro avec TAKA Michinoku et The Great Sasuke et la FMW avec Hayabusa et Ricky Fuji - ainsi qu'à la mexicaine Consejo Mundial de Lucha Libre, avec Negro Casas comme unique représentant, cette "Cup" avait néanmoins, bien sûr, pour but de favoriser la division Junior Heavyweight de la New-Japan. Dans un esprit de compétition cordial, ce qu'elle produisit fut cependant un tournant dans l'innovation du catch in-ring et dans la représentation des catcheurs "Junior", c'étaà-dire "poids-légers" ou "poids-moyens". Suite à ce tournoi exceptionnel, le Best of Super Juniors Tournament (l'équivalent du G1 Climax de la division Junior pour la NJPW) devint un événement annuel. Surtout, les carrières de trois hommes furent à jamais modifiées. Chris Benoit (Wild Pegasus), vainqueur de ce tournoi, Eddie Guerrero (Black Tiger) et Dean Malenko s'établiront chacun durablement aux Etats-Unis, via l'ECW puis la WCW, devenant les poids-lourds d'un nouveau genre - plus technique, plus agile et plus "petit". C'est dire l'impact mondial et historique de ce tournoi sur l'état de l'art technique et globalement stylistique du catch.

Inaugurer un titre de championnat avec prestige

https://pbs.twimg.com/media/CbrralwUUAApVnn.jpg Quand en 1979, la WWF/E a voulu établir un titre de championnat secondaire fort - l'Inter-Continental Championship - elle a prétendu que Pat Patterson l'avait remporté à Rio de Janeiro, au Brésil, en unifiant son North-American Championship avec l'inexistent South-American Championship au terme d'un tournoi n'ayant jamais eu lieu. Ce mensonge de naissance d'un titre aussi prestigieux et historique que l'Inter-Continental Championship de la WWE démontre la puissance, ne serait-ce qu'évocatrice, de la formule du tournoi dans l'imaginaire collectif. Comment renier un champion quand celui-ci à remporter son titre au terme d'une compétition rassemblant plusieurs catcheurs, qui plus est, de différents pays ? "Que le meilleur gagne" comme on dit, c'est la loi de la jungle et son roi en est le champion - le meilleur d'entre nous.

Nombreux sont les titres de championnat encore actifs aujourd'hui qui résultent d'un tournoi inaugural. L'UK Championship cité plus haut en est un. Le nouveau Cruiserweight Championship de la WWE en est un autre : il fut inauguré en 2016 au terme du Cruiserweight Classic, un tournoi dantesque confrontant des poids-légers du monde entier, dont le Français Clément Petiot (aka Tristan Archer).  En mélangeant des talents indépendants de différents pays du monde sous une bannière de haut niveau in-ring, la WWE avait réussi à orchestrer une compétition passionnante et au "booking" d'un réalisme surprenant de sa part (une émission comparant la strcuture même des matches à venir, les procédures arbitrales systématiques à la fin et au début de chaque match, la présentation de chaque catcheur sur un pied d'égalité et en fonction, non pas d'un personnage ou d'un passif, mais d'un pays, etc).

A LIRE : Retour sur le Tounoi des Poids-Lourds

Dans le même acabit, la NJPW a réussi à marquer le coup en 2017 quand elle a programmé ses premiers shows en solitaire sur le sol américain - le doublet G1 Special in Long Beach. En deux soirées consécutives, elle est parvenue à couronner son tout-premier champion IWGP poids-lourd des Etats-Unis dans un tournoi à élimination simple remporté par Kenny Omega. Ce dernier, ayant alors raté une nouvelle opportunité au titre de champion poids-lourd IWGP de Kazuchika Okada, a été ainsi revigoré et présenté comme l'emblème de l'expansion internationale de la New-Japan, rendant la nouvelle ceinture rouge qu'il porterait pour les six prochains mois à venir d'autant plus prestigieuse.

Enfin, concernant le circuit du catch indépendant et contrairement aux deux exemples précédants, l'EVOLVE a réussi le pari d'établir un nouveau titre de championnat dont le prestige de départ (certes, moindre en comparaison) s'est maintenu depuis. En janvier 2016, l'EVOLVE Tag Team Championship naissait à la suite d'un triplet de shows réunissant des équipes établies comme les Bravado Brothers ou Team Tremendous et des duos atypiques tels que Sami Callihan & Zack Sabre Jr., Chris Hero & Tommy End et les vainqueurs, "l'all-star team" de Johnny Gargano & Drew Galloway. Deux ans et demi plus tard, ces titres de champions par équipe restent inhérents à la structure des shows d'EVOLVE, portés avec brio par le Doom Patrol (Chris Dickinson & Jaka) ou des stars montantes comme Anthony Henry & James Drake.

Exploiter et progresser une rivalité

http://2.bp.blogspot.com/-GuLtHMLrpq4/VNvLinpQ_ZI/AAAAAAAAA-4/Yl3IWqjBg1U/s1600/ladderbump.jpg Un tournoi peut aussi servir de nouveau contexte pour développer une rivalité impliquant plusieurs participants à la dite compétition. Qu'ils soient destinés à s'affronter dès le départ ou non. Qu'ils s'affrontent sur le ring ou désordonnent le cours de la compétition en intervenant dans le match de l'un ou de l'autre. Et ce, surtout dans le cas d'une rivalité personnelle, passant outre les règles, la morale et le respect de l'ordre. Le tournoi donne une nouvelle dimension à la rivalité. Soit il magnifie son caractère incontrôlable dont les individus devront subir les conséquences (suspension fictive, nouvelles relations tendues avec des catcheurs ayant souffert des dommages collatéraux ou même changement de réactions des fans) et dont le promoteur/"booker" se devra de précipiter son arrêt par un Grudge Match quelconque ; soit il ajoute un argument de plus pour l'un ou l'autre des rivaux si l'un a battu l'autre ou si l'un a remporté le tournoi et son prix et pas l'autre.

En 2011, la PWG a joué sur l'une de ses possibilités pour continuer la rivalité trans-promotionnelle opposant El Generico à Kevin Steen. Toujours fictivement suspendu par la Ring of Honor suite à sa défaite contre 'The Generic Luchador' (lui-même absent des rings depuis lors) à Final Battle 2010, Kevin Steen n'arrivait pas encore à forcer la ROH à le ré-intégrer. Il avait besoin de lâcher sa frustration et sa colère sur son ennemi juré, El Generico, et la seule plateforme qui lui en donnait le moyen était la PWG. Pour commencer, la promotion Californienne les réunit dans son tournoi annuel estival, le Battle of Los Angeles Tournament.

Pendant toute la durée du tournoi, en simple élimination et tenu ici en un seul show, les deux hommes se sont répondus par matches interposés - Steen lançant notamment un doigt d'honneur à un petit garçon portant un masque d'El Generico. Au final, comme un signe du destin, la finale opposa Kevin Steen et El Generico dans un combat brutalement personnel. Vainqueur de son arch némésis, El Generico obtint de plus une opportunité au championnat du monde de la PWG ... détenu par Kevin Steen. En conséquence, les deux rivaux s'affrontèrent quelques mois plus tard dans un Ladder Match à Steen Wolf, l'un des shows les plus appréciés de l'histoire de la PWG et certainement celui qui participa à créer sa réputation actuelle. 

Réaliser l'imprévu et ses conséquences

https://www.voxcatch.fr/wp-content/uploads/2016/08/cwc-gargano-ciampa-1000x600.jpg C'est dans la contrainte que la vraie créativité s'exprime. Ainsi, en suivant une formule structurée comme un tournoi, il est parfois possible de tenter l'imprévu ou l'impossible - d'un point de vue de cohérence de "booking" - sans peur du non-sens. Dans le cadre d'un tournoi, deux catcheurs de deux niveaux différents ("low-card" vs. "mid-card" ou "mid-card" vs. Main-Event par exemple) peuvent très bien se rencontrer sans désordonner complètement la hiérarchie d'un roster. Pour un tournoi solo, deux partenaires peuvent aussi bien s'affronter sans besoin d'un "heel-turn" de l'un ou de l'autre à l'avance. Et, cerise sur le gâteau, de telles imprévues sont capables de modifier la composition même du roster, la perception des fans envers certains catcheurs et même induire de nouvelles narrations. 

La version compétitive de ce phénomène se retrouve souvent au cours du G1 Climax de la NJPW. Tournoi "round-robin" éprouvant rassemblant les meilleurs catcheurs poids-lourds de la compagnie, champions y compris, il rend tout à fait concevable qu'un champion invincible puisse être vaincu par un "mid-carder". Ce fut le cas l'an dernier lorsque EVIL a battu le champion Kazuchika Okada ou, plus récémment, quand Tomohiro Ishii a vaincu le champion Kenny Omega. Ces vainqueurs plus ou moins incongrus s'octorient de facto un match de championnat plus tard contre le champion vaincu. Ce principe permet une variété de matches de championnat, un renouvelement de la "title picture" et parfois même des changements de titre surprises mais cohérents. 

Au niveau narratif, le meilleur exemple de la valeur d'un tournoi dans la réalisation d'un imprévu reste la magnifique rencontre opposant Johnny Gargano à Tommaso Ciampa, formant ensemble l'équipe DIY à NXT, lors du Cruiserweight Classic. Depuis leur arrivée en duo à la WWE, les deux amis ne s'étaient jamais affrontés ni n'avaient goûtés d'une victoire en solo. Le CWC leur donnait à chacun cette chance, malheureusement l'un allait devoir passer sur le corps de l'autre pour arriver en finale. Dans une première rencontre épique, Johnny Gargano dut passer sur le corps du 'Sicilian Psychopath' pour ce faire. A cet instant, ce dernier le pardonna mais nul doute que cette première blessure fut la première goutte d'eau d'une longue série qui déborda le vase de leur amitié deux ans plus tard.  

Produire un événement annuel majeur

https://caq.fr/wp-content/uploads/2018/08/tanahashi_1_courtesy_njpw.jpg Pour finir, en raison de tous les arguments précédents, la formule du tournoi est parfaite pour offrir un événement majeur, récurrent ou non. Peut-être la moins adepte des tounois de toutes, la WWF/E l'avait elle-même comprise avec The Wrestling Classic - son premier show exclusivement diffusé en Pay-Per-View - puis avec la version annuelle du King of The Ring Tournament de 1993 à 2002.

L'apport en réalisme, prestige et historicité que cette formule prodigue s'est dépeinte - et dépeint encore - sur le catch japonais traditionnel présenté aujourd'hui par la NJPW, l'AJPW ou la Pro-Wrestling NOAH. Pour preuve de son efficacité, la New-Japan tient encore chaque année au moins cinq tournois : la New-Japan Cup en février-mars, le Best of Super Juniors Tournament en mai-juin, le G1 Climax en juillet-août, le Super Junior Tag Tournament en octobre-novembre et la World Tag League en novembre-décembre. Parmi eux, le G1 Climax est devenu son plus grand événement annuel à travers le monde, en fournissant les meilleurs matches de l'année, année après année.

Et même pour des promotions davantage portées sur le divertissement sportif, comme la PWG ou la Chikara, leurs tournois - respectivement BOLA et King of Trios - restent des événements d'importance à part entière dans le monde du catch.

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition août 2018

Comme vous vous en doutez, le mois d'août a été dominé par un nouveau G1 Climax d'une splendeur extraterrestre. Mais fort heureusement, une fois la compétition terminée, le reste du monde s'est vengé : NXT nous a proposé la conclusion d'une belle rivalité en équipe et l'Irlandaise OTT, un match de championnat titanesque !

Découvrez le reste des matches à voir du NJPW G1 Climax 28

Kenny Omega vs. Tomohiro Ishii - NJPW G1 Climax 28 Block B Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 14 – 04/08/18 – Osaka, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kenny omega vs tomohiro ishii njpw g1 climax 28"A chaque fois que Tomohiro Ishii et Kenny Omega se retrouvent, on sait toujours que la qualité va être au rendez-vous. Ce match n'a sûrement pas fait exception.

Le match a commencé assez normalement avec quelques provocations d'Omega envers Ishii - ce qui est loin d'être une bonne idée face au 'Stone Pitbull'. Ishii était égal à lui-même : toujours prêt à encaisser le plus de coups possibles, aboyant dans la face de son adversaire à coup d'avant-bras en retour. Après plusieurs minutes plutôt calmes, le match est passé à la vitesse supérieure et à alors atteint de véritables sommets jamais vus encore avant entre ses deux hommes. Ishii semblait de plus en plus résistant peu importe les multiples genoux qu'il se prenait dans la tronche - il allait encaisser et revenir de plus en plus fort.

Sa victoire paraissait de plus en plus probable comme on pouvait lire la surprise dans les yeux d'Omega. Le One Winged Angel n'est pas passé et même un Brainbuster emprunté à son adversaire n'a résulté qu'en un compte de 1. Finalement, c'est cette même prise qui a donné une victoire bien méritée au vétéran de CHAOS, au terme d'un des meilleurs matches de ce G1. Ce dernier est ainsi devenu le premier homme à battre le champion au cours de ce tournoi et a s'octroyer, par la même occasion, un IWGP Heavyweight Championship Match. Et cette fois-ci, pas question d'abandonner cette opportunité, comme il l'avait fait en respect pour son leader de clan, Kazuchika Okada il y a deux ans ! A voir si Omega et Ishii réussiront à se surpasser une nouvelle fois la semaine prochain à Destruction 2018 in Hiroshima !

Kazuchika Okada vs. Hiroshi Tanahashi – NJPW G1 Climax 28 Block A Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 17 – 10/08/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kazuchika okada vs hiroshi tanahashi njpw g1 climax 28"Le légendaire Nippon Budokan, théâtre des plus grands chefs d'oeuvre de l'AJPW et de la Pro-Wrestling NOAH (Kenta Kobashi vs. Mitsuharu Misawa et Toshiaki Kawada vs. Mitsuharu Misawa en tête), a enfin accueilli l'une des plus grandes rivalités que le catch ait connu. Depuis leur dernier match face-à-face à Wrestling Dontaku 2018, peu de choses avaient changé pour Hiroshi Tanahashi mais l'inverse se vérifiait pour son rival historique, Kazuchika Okada. Depuis la perte de son précieux à DOMINION, Okada s'est véritablement relâché et, de la plus excentrique des manières - s'amenant en t-shirt et ballons enfantins sur le ring. Okada allait-il retrouver son ancien soi et battre Tanahashi ? Tanahashi allait t-il pouvoir battre à nouveau son rival ?

Le schéma de ce match a montré complètement le parcours des deux hommes depuis leur dernière rencontre. Il a mis en valeur un Tanahashi toujours confiant, qui a plutôt dominé le match, et un Okada ailleurs et douteux. Tanahashi a bien embêté Okada dans ce match en se concentrant sur son genou droit, son ancienne tactique de prédilection face au 'Rainmaker'. L'ancien champion poids-lourd, quant à lui, est revenu plusieurs fois dans la course ... avant que sa remontée soit interrompu par son adversaire. Même si Okada avait montré des signes de son ancien soi vers la fin de ce tournoi, ça ne pouvait être assez pour espérer dominer à nouveau les sommets de la New-Japan. Pour preuve, il n' est justement pas du tout arrivé à placer son Rainmaker en fin de match. Tanahashi était  encore trop résistant, esquivant chaque tentative et éloignant davantage son éternel némésis de la victoire, surtout à mesure que la limite de temps réglementaire approchait. Mais même Tanahashi n'est pas arrivé à le faire plier - même avec un Roll-Up sorti de nulle part.

Tel leur affrontement au G1 Climax 26, l'issue de ce match s'est résumé en trois mots : Time Limit Draw. Car le G1 Climax n'est pas juste un tournoi fait de superbes matchs intenses, dramatiques et énergiques : c'est aussi un tournoi stratégique. La défaite de quelqu'un dans un autre match peut très bien envoyer quelqu'un d'autre plus loin. Ainsi, le dangereux Jay White ayant été écarté plus tôt par EVIL, Hiroshi Tanahashi a fini vainqueur de ce Bloc A sans même battre 'The Rainmaker'. Une semi-dette que 'The Ace' payera bientôt à Destruction 2018 in Kobe...

Tomohiro Ishii vs. SANADA – NJPW G1 Climax 28 Block B Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 18 – 11/08/18 – Tokyo, Japon)

Penser que, sous prétexte qu'ils n'avaient plus aucune chance de remporter le tournoi, Tomohiro Ishii et SANADA n'allaient pas se donner à 100% l'un contre l'autre serait mal connaître ces deux lascars !

L'athlétisme et la vitesse de SANADA ont dû rivaliser face à la ténacité et l'explosivité du 'Stone Pitbull'. Mais sous-estimer SANADA dans ce match aurait été une erreur : ce dernier a rendu les coups d'Ishii avec quelques grosses Uppercuts et Lariats, lui empruntant même sa Sliding Lariat lui renvoyant l'ascenseur après s'être vu appliqué son propre Skull End. Ishii ne s'est pas géné non plus pour utiliser un Shinning Wizard sur SANADA – élève de Keiji Muto, inventeur de ce coup.

En conclusion, les deux hommes nous ont offert un match très compétitif, chacun puisant dans leurs limites, ne serait-ce que pour finir le tournoi sur une note positive. Si SANADA a de nouveau briller au cours de cette compétition, c'est bien au "MVP" de ce G1 Climax 28 qu'est revenu la victoire !

Kota Ibushi vs. Kenny Omega – NJPW G1 Climax 28 Block B Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 18 – 11/08/18 – Tokyo, Japon)

NJPW G1 CLIMAX Night 18 (August 11) Results & ReviewKota Ibushi vs. Kenny Omega, à la NJPW : c'est fait ! Après tant d'années et de teases, nous l'avons enfin eu. Aucun autre match de ce tournoi ne partageait une attente aussi gigantesque et un passif aussi riche. Pour rappel, Ibushi est la principale raison pour laquelle Omega a fait du Japon sa maison. Plus récemment, on peut dire qu'il est même l'une des raisons pour lesquelles il est enfin détenteur du titre de champion poids-lourd IWGP et seul et unique pourfendeur du règne de 720 jours de Kazuchika Okada.

Je regrette tout de même personnellement la position de ce match tant, comme l'a déclaré Kota Ibushi lui-même après l'annonce de ce match, il avait davantage sa place en finale du tournoi ou à WrestleKingdom. Mais bon, comme on dit : j'm'plains pas !

A LIRE : Comment le catch raconte une histoire en 2018

Evidemment, les deux Golden Lovers se connaissent excellemment bien. Ce match a donc compté sur son lot de contres et d'esquives. 'The Cleaner' a même réussi à prendre l'ascendant en début de match après avoir stoppé Ibushi dans sa tentative de Golden Triangle Moonsault pour lui planter la nuque sur le bord du ring avec un Implant Piledriver ! Il était certain que les deux hommes n'allaient pas se faire de cadeaux. C'est la raison pour laquelle Ibushi redoutait un autre match contre Kenny, craignant d'aller encore plus loin qu'en 2012 où "ils ont failli mourir". Pour reprendre l'avantage sur l'actuel champion, 'The Golden Star' a ressorti un coup rarement porté, un Moonsault Knee Drop, histoire de bien montrer à Omega et à son sternum qu'il comptait bien le battre à nouveau. Les deux se sont échangés de vilaines politesses par la suite : Poison Hurricanrana en contre du One Winged Angel, Diving Double Foot Stomp, etc. Même le "tueur de dieux" d'Ibushi, son Kamigoye, n'a pas eu raison de la 'Best Bout Machine' ... mais un deuxième, la pointe du genou exposée, a suffi à soumettre son meilleur ami.

Comme leur match précédent au Nippon Budokan, les Golden Lovers ont sorti les grosses munitions qu'importe le prix. Malgré tout, on a senti qu'artistiquement, les deux en retenaient un peu ... Peut-être en prévision d'une revanche à un futur WrestleKingdom ? Ce match épique a certainement bien retranscrit l'histoire qui a continué de lier les deux hommes tant d'années après leur dernier clash. Et j'espère que nous n'avons pas fini de les voir se détruire pour notre plus grand plaisir.

Kota Ibushi vs. Hiroshi Tanahashi – NJPW G1 Climax 28 Finals (NJPW G1 Climax 28 – Day 19 – 12/08/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "hiroshi tanahashi vs kota ibushi njpw g1 climax 28 pic"L'heure fatidique était arrivée Après 19 jours de compétition éreintantes pour Hiroshi Tanahashi et Kota Ibushi, il était temps de conclure ce "Grade One" Climax et de déterminer qui se retrouverait - à nouveau ou pour la première fois - dans le Main Event de WrestleKingdom 13 pour peut-être devenir le nouveau champion poids-lourd IWGP. L'heure de savoir si Tanahashi allait tenir sa promesse de revenir plus fort après sa défaite en finale de la New-Japan Cup survenue plus tôt cette année ; ou si Ibushi allait enfin connaître sa plus grande victoire à la NJPW après des mois de doute et d'errance ailleurs. Et avec une "étoile dorée" sur le logo de WK13, les théories allaient bon train !

Le prestige et l'historicité de cette finale commençaient déjà renforcés par la présence de Katsuyori Shibata venu soutenir son nouvel ami Hiroshi Tanahashi. En comptant Kenny Omega du côté d'Ibushi, c'était alors un match entre deux générations opposées qui se profilait : celle de Tanahashi et Shibata, deux catcheurs de la même classe de "young lions" de 1999, qui a connu les pires heures de la New-Japan et ce lle d'Omega et Ibushi, les deux anciennes stars de l'indépendante DDT et nouveaux joyaux de la NJPW depuis les années 2010.

Tanahashi a débuté en se concentrant sur la jambe d'Ibushi avec quelques torsions et ses fameux Dragon Screw Legwhips. Malgré un magnifique contre d'Ibushi avec un Double Stomp sur le bord du ring, Tanahashi n'a pas abandonné le travail sur la jambe pour autant. Kota ne s'est pas laissé faire en exécutant un Asai Moonsault depuis l'intérieur du ring. Dépassé techniquement, Tanahashi a baffé son adversaire, le sortant littéralement de ses gongs, matraquant Tanahashi à coups d'Open Hand Palm Strikes et le coincant dans le coin. Je suis particulièrement fan de ce côté agressif, presque psychopathique d'Ibushi, un côté dont je suis particulièrement fan.

Après cela, il n'y avait plus de retour en arrière possible. La tension, l'intensité ne retomberaient plus. Tanahashi a enuite poussé Ibushi à y aller plus fort. Une image saisissante quand on sait ce que pense 'The Ace' d'Ibushi - lui qui a toujours eu à coeur de le pousser dans ses derniers retranchements pour devenir le catcheur qu'il aurait toujours dû être. Une séquence dingue s'en suivit se finissant sur une Lariat dont seul 'The Golden Star' a le secret. Il a enchaîné avec encore mieux : une énorme Swan Dive Deadlift German Suplex suivie d'une Last Ride Powerbomb l'amenant très proche de la victoire. Mais jamais il ne faut donner Tanahashi perdant : toujours capable de trouver une faille chez son adversaire, il a continué à la limite de l'épuisement pour clouer le valeureux Ibushi d'un dernier High Fly Flow !

Quel match encore entre les deux, peut-être bien leur meilleur, surtout après ces dernières minutes épiques, gonflées à bloc de drame et de suspense. Résultat : une autre finale du G1 mémorable qui nous rappelle encore à quel point ce tournoi est fantastique. Je suis déçu évidemment de voir Kota Ibushi perdre encore aux portes du sommet, mais Tanahashi mérite complètement un dernier Main-Event à Wrestle Kingdom qui plus est dans un duel plus frais face à Kenny Omega.

The Undisputed Era (Kyle O'Reilly & Roderick Strong) © vs. Moustache Mountain (Trent Seven & Tyler Bate) – NXT Tag Team Championships Match (NXT Takeover: Brooklyn 4 – 18/08/18 – Brooklyn, New York, Etats-Unis)

Résultat de recherche d'images pour "the undisputed era vs moustache mountain nxt takeover brooklyn"Après une victoire chacun, il était temps pour ces deux équipes de faire la "belle" et de se disputer une dernière fois le titre de meilleure équipe sur le circuit !

Prêtes à nouveau à en découdre pour les titres, les deux duos ont commencé en trombe directement, se préoccupant peu des règles du catch Tag Team. Ici, peu d'ultra-domination physique de la part d'Undisputed Era comme lors de leur dernière rencontre : la jambe de Tyler Bate a été certes la cible de Strong & O'Reilly à plusieurs reprises, mais cela lui a posé moins de problème. N'en déplaise à Trent Seven qui a voulu recréer plus tard dans le match le finish de leur dernier affrontement - "jetant l'éponge", ou plutôt la serviette chez les anglophones. Un geste bien moins naturel ici que lors de leur dernier match. Mais heureusement pour eux, Bate était moins handicapé par la détermination de The Undisputed Era. Ce qui a donné plus d'occasions au duo Britannique d'espérer retrouver leurs titres. En fin de compte, les efforts de Moustache Mountain se sont avérés hélas encore insuffisants face à un combo O'Reilly/Strong trop préparé, intervenant souvent pour briser les efforts de Bate ou Seven. Même un combo Knee Drop-Burning Hammer sur O'Reilly n'a pas été pas assez, obtenant un énorme "kick out".

Néanmoins, les perdants ont encore une fois prouvé toute l'étendue de leur talent dans ce superbe "opener" qui n'aurait certainement pas fait tâche en Main-Event et qui conclut cette magnifique trilogie de match face à The Undisputed Era et rejoint les grandes séries d'excellents matches Tag Team à NXT avec The Revival vs. American Alpha et The Revival vs. DIY.

Jordan Devlin © vs. WALTER – OTT World Championship Match (OTT Wrestlerama 2 – 18/08/18 – Dublin, Irlande)

Après 196 jours de règnes en tant que visage du catch Irlandais, Jordan Devlin devait mettre en jeu son titre contre son plus grand défi à ce jour : celui qui a brisé ses 22 mois d'invincibilité dans un match évoqué en juin dans cette chronique, l'un des hommes les plus chauds en indy actuellement et l'un des plus durs à affronter et à battre surtout - le 'Ring General' WALTER.

Mais tout d'abord, parlons de ce magnifique clip promotionnel ! Incroyablement bien réalisé et monté, il compare les coups de WALTER à ceux de Mike Tyson avec brio ! Les marques sur le visage de Sean Guinness (co-équipier de Devlin à l'OTT) après son match face à WALTER n'ont fait qu'amplifier cette comparaison. Ce "video package" montre ensuite une version fantasmée de WALTER avançant avec son armée prête à envahir le ring, l'imaginant littéralement en tant que général terrifiant. Un travail très bien fait pour "hyper" ce match et résumer son court mais très efficace "build-up". C'est sans aucun doute l'un des meilleurs clips d'avant-match que j'ai pu voir. Encore plus impressionnant surtout compte-tenu du statut de cette promotion, indépendante, quasiment seule viable localement et avec à peine quatre ans d'existence au compteur. Après l'avoir vu, difficile de ne pas ressentir cette atmosphère de "big fight feel", renforcée en plus par de superbes entrées le soir du show lui-même et appuyées par l'accueil du public à la fois hostile pour l'envahisseur WALTER et au soutien indéfectible envers son champion et répuété 'Import Killer' Jordan Devlin.

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Résultat de recherche d'images pour "jordan devlin vs walter ott"Comme annoncé, le schéma de ce match a mimiqué le mythique duel entre David et le géant Goliath. Dès les premières minutes, WALTER a complètement dominé le jeune élève de Finn Balor, totalement impuissant face au leader de Ring Kampf. Le champion s'est fait brutalisé une bonne partie du match par un WALTER très arrogant et s'offrant, en réaction, de multiples huées. Mais Devlin a réussi plusieurs fois à contrer l'omnipotence in-ring de WALTER - notamment avec un Yoshi Tonic surprenant le challenger. Ses efforts ont été malgré tout vains. Les coups puissants et la brutalité de l'Autrichien, agissant tel un "final boss" de jeu-vidéo, ont été de trop même face à la détermination du champion restant insoumis après une Gojira Clutch mais rendu K.O. par un Fire Thunder Driver. Une victoire écrasante de WALTER qui a clôturé le règne de Devlin, sous la stupéfaction du public de Dublin.

What I Liked This Month : Les Matchs du mois - édition juillet 2018

Difficile en cet été caniculaire de passer à côté du niveau catchesque qu'offre la 28ème édition du G1 Climax de la NJPW (ou plutôt, pour être plus honnête, celui des matches du Bloc B). Pourtant, alors que le tournoi est sur le point de se conclure ce week-end, il n'a pas été le seul fournisseur d'excellents matches le mois dernier : la preuve avec 205 Live et NXT de l'autre côté du Pacifique !

Mustafa Ali vs. Buddy Murphy – No DQ Match (WWE 205 Live – 03/07/18 – Omaha, Nebrasaka, Etats-Unis)

https://i.ytimg.com/vi/Bq8q9bJxcdk/maxresdefault.jpg Il était temps que ces deux là règlent leur animosité dans un match avec des règles plus laxistes : après trois matches, avec une victoire chacun et un "No Contest", cette rivalité intense entre Ali et Murphy se devait de conclure en beauté.

Au fil de cette "feud", les deux "cruiserweights" nous ont prouvé qu'ils étaient deux excellents "workers", développant même une très bonne alchimie ensemble. Dès l'annonce de ce match, il était évidemment que ce nouvel affrontement serait plus incroyable encore. Sans contraintes, les deux rivaux n'ont ainsi pas perdu de temps et se sont lancés dans une baston rapide et explosive, mais non sans style - commençant directement à l'extérieur.

Le "coeur de 205 Live" et le "fléau" ont fait très bon usage de la stipulation, innovant même dans l'utilisation d'objets comme les escaliers métalliques des abords du ring. Mais les deux catcheurs ne sont pas contentés d'une démonstration stylistique, jouant leurs rôles parfaitement en montrant qu'ils étaient chacun prêts à tout pour en finir avec l'autre. Ils n'ont fait preuve d'aucune retenue, en témoigne ce Spanish Fly sur la table des commentateurs d'Ali après avoir rejoint Murphy debout sur les barricades. Des "spots" de plus en plus fous et jamais vus, un Buddy Murphy toujours très violent dans l'exécution de ses prises et dans son acharnement sur Ali, et un Mustafa Ali qui a prouvé encore une fois qu'il est l'un des meilleurs "babyfaces" au monde actuellement.

Le seul défaut de ce match, selon moi, réside dans l'excès de résistance d'Ali à la fin - alors coincés dans les cordes - aux multiples Running Knees de son adversaire. A cette exception près, ce combat restera sans doute comme l'un des plus créatifs vus à la WWE depuis longtemps !

Moustache Mountain (Tyler Bate & Trent Seven) © vs. The Undisputed Era (Kyle O'Reilly & Roderick Strong) – NXT Tag Team Championship Match (WWE NXT – 11/07/18 – Winter Park, Floride, Etats-Unis)

https://caq.fr/wp-content/uploads/2018/07/030_NXT_06212018ca_755-7fc5e593f83873c37b4918b2af2f91de.jpg Après une surprenante et superbe victoire de Moutache Moutain au Royal Albert Hall - chez eux - pour le championnat Tag Team de NXT, il était temps pour eux de donner ce tant attendu rematch pour The Undisputed Era sur les terres natales du "show jaune".

Le combo O'Reilly-Strong semblait fin prêt à reconquérir leurs titres : dès le départ, ils ont attaqué violemment les anglais moustachus, pour se concentrer ensuite sur la jambe de Trent Seven qui arborait déjà une lourde protection. Cette jambe gauche a justement été le focus du match : Seven a été la cible d'O'Reilly & Strong un bon moment dans cette première partie de match.

Le "hot tag" s'est ainsi bien fait attendre pour Tyler Bate, enchaînant une fois libéré ses impétueux adversaires tel un véritable "one man team". Ce déchaînement furieux du tout-premier NXT UK champion n'a pas cependant pas duré éternellement face à deux catcheurs du calibre de Roderick Strong et Kyle O'Reilly. Heureusement, sonmentor blessé au genou fit preuve de courage et le rejoignit dans la bataille. Une erreur fatale des nouveaux champions qui sous-estimaient la hargne et la détermination des précédents propriétaires des titres. Incapable d'abandonner si vite les ceintures fraîchement remportés, Trent Seven a dû attendre que Tyler Bate jette littéralement l'éponge de sa part (ou la serviette, pour les anglophones) pour capituler. Ces dernières secondes d'hésitation étaient extrêmement dramatiques - et donc totalement jouïssantes pour les fans.

En conclusion, on a rarement eu l'occasion d'observer un match aussi dramatique dans l'émission hebdomadaire de NXT. Celui-ci constitue de plus un exemple parfait de combat où une partie du corps prise pour cible peut constituer l'élément principal d'un match et de sa tension narrative. Un affrontement qui rappelait des matches à l'ancienne avec une dynamique "heel/face" autour d'un duo désavantagé physiquement et donc en péril. Une maîtrise des mécanismes classiques qui prouve l'excellence de ces deux équipes et de leur travail ensemble !

Kota Ibushi vs. Zack Sabre Jr. – G1 Climax 28 B Block Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 2 – 15/07/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kota ibushi vs zack sabre jr njpw g1 climax 28"Kota Ibushi et ZSJ ont vraiment une alchimie particulièrement intéressante. Ils avaient déjà deux très bons matches auparavant - avec Ibushi vainqueur lors du G1 27 et Zack revanchard lors de la New-Japan Cup plus tôt cette année - mais il m'a fallu voir celui-ci pour m'en rendre véritablement compte et l'apprécier pleinement. ils ont déjà livré deux très bons matchs avant mais ces matchs manquaient un certain truc pour que je les apprécient pleinement.

Chaque fois que les deux hommes se rencontrent, ils délivrent un match d'un genre unique même pour la New-Japan. Leurs styles se confrontent et se mélangent si bien. La technique de ZSJ est contrée par l'athlétisme d'Ibushi, plus rapide et plus massif, et chacun s'est se montrer "stiff" d'une façon typiquement japonaise. omme je l'ai dis plus haut les deux ont une alchimie vraiment particulière et intéressante, ils délivrent vraiment à chaque fois un match unique pour la New Japan, leurs styles se mixent vraiment très bien. 

Ce mix si particulier a atteint le niveau supérieur dans d'excellentes dernières minutes très stratégiques, dans la plus pure maîtrise des styles de chaque homme.

Kenny Omega vs. Tetsuya Naito – G1 Climax 28 B Block Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 2 – 15/07/18 – Tokyo, Japon)

Après une première rencontre dantesque vers la fin du G1 Climax 26 - remportée par Omega - et une finale enflammée (et saluée par Dave Meltzer, lui donnant la note de 5.75/5 étoiles) lors du G1 Climax 27 - remportée par Naito -, les vainqueurs des deux dernières éditions du tournoi annuel poids-lourd de la NJPW allaient de nouveau se retrouver en 2018. Mais, pour changer, ils n'allaient pas attendre la fin de la compétition pour en découdre. Du fait de la position du match très tôt dans le tournoi comparé aux deux premiers, il y avait tout de suite moins de tension et de drame que lors de leurs précédents combats. Une défaite ne serait pas très grave tant les deux pouvaient se rattraper dans les semaines qui suivaient. Résidaient alors seulement deux enjeux : Omega arriverait-il à prendre sa revanche un an après le Sumo Hall et Naito pourrait-il s'octroyer un match de championnat futur sans même remporter le tournoi lui-même ?

Naito a perdu beaucoup de "momentum", depuis ses défaites à Wrestle Kingdom contre Okada et à DOMINION contre Jericho, et semblait plus en difficulté face à un Omega boosté par ses récentes victoires professionnelles et personnelles. Hautement compétitif, le match partait de façon assez classique avant que Naito ne réussisse à placer un Destino dans une séquence magnifique. Avec cette tournure épique que le match prit, sa position très tôt dans la compétition n'importait plus : deux des meilleurs catcheurs au monde s'affrontaient en donnant le meilleur d'eux-mêmes pour gagner. 'The Best Bout Machine' prouva notamment sa résilience avec un contre terrible au Destino en un énorme Piledriver. Malgré un soutien toujours inébranlable du public, Naito n'a finalement réussi le missile Omega en pleine ascension.

Tomohiro Ishii vs. Hirooki Goto – G1 Climax 28 B Block Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 6 – 21/07/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "tomohiro ishii vs hirooki goto njpw g1 climax 28"Chaque année lors du G1 Climax, on assiste toujours à un match très "stiff", avec un contenu si violent et intense qu'il marque de son empreinte le tournoi pour les années à venir. On peut citer Shibata vs. Ishii, Ishii vs. Honma ou encore Nagata vs. Ishii. Et comme vous pouvez le constater, le plus souvent il comprend ce bon vieux 'Stone Pitbull'.

Bien aidé évidemment par l'un des catcheurs les plus solides et impactants de la NJPW en la personne d'Hirooki Goto, il a là encore livré une vraie bagarre "strong-style" - dans le style historique du NEVER Openweight Championship - dans une position de Main-Event bien mérité. Peu importe s'ils étaient tous les deux membres de CHAOS, ils n'allaient clairement pas y aller mollo. Ce match a été une véritable épreuve de robustesse, aucune ne pliant sous les coups toujours plus durs de son adversaire - comme cet échange de Lariats qui couperaient le souffle à plus d'un catcheur du roster. Quoique comptant parmi les vétérans du tournoi, Goto et Ishii sont deux véritables guerriers encore capables de recevoir 5 étoiles de la part de Dave Meltzer !

Kota Ibushi vs. SANADA – G1 Climax 28 B Block Match (NJPW G1 Climax 28 – Day 8 – 26/07/18 – Nagaoka, Niigata, Japon)

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/06/10_10-5.jpg Si vous me lisez régulièrement, vous savez pertinement que SANADA vs Ibushi était l'un des matches que j'attendais le plus de ce tournoi. Cette rencontre était une occasion de plus pour SANADA de prouver sa valeur et pour Ibushi de démontrer encore la sienne - comme l'a reconnu lui-même SANADA en le qualifiant de "génie".

Ce combat était de plus un "First Time Ever" entre deux catcheurs assez similaires. Sans surprise, ces derniers ont malgré tout montré une excellent alchimie dès les premières minutes - notamment, lors de l'esquive du Golden Triangle Moonsault d'Ibushi rapidement enfermé dans le Skull End de SANADA. Pour l'occasion, Ibushi a même réussi à ressortir des prises qu'il n'avait pas tenté depuis longtemps tel un "picture perfect" Asai Moonsault et un Top-Rope Hurricanrana. Seul bémol : le travail de SANADA sur la jambe d'Ibushi en début de match complètement abandonné par la suite. 

Vue la qualité de cette première rencontre, j'espère véritablement qu'elle ne sera pas la dernière entre les deux hommes !

What I Liked This Month : Les matchs du mois - édition juin 2018

Alors que le mois de juillet bat déjà bien son plein, et que le NJPW G1 Climax 28 n'a même pas débuté, penchons-nous sur un mois de juin qui n'a pas à rougir. Entre la tant-attendue belle opposant Kazuchika Okada et Kenny Omega, mais aussi l'excellence de NXT Takeover : Chicago II, il était difficile de se démarquer ... Et pourtant, le catch indépendant ne déçoit jamais : la preuve avec l'EVOLVE et, pour commencer, l'irlandaise OTT !

A LIRE : WILTM - Rétrospective : la première année en statistiques

WALTER & Low Ki vs. Jordan Devlin & David Starr (OTT A Haven For Monsters – 02/06/18 – Dublin, Irlande)

https://i0.wp.com/backbodydrop.com/blog/wp-content/uploads/2018/06/ott-havenmonsters-firedupwalter.jpg?resize=700%2C389 Dans le genre combinaison létale inattendue, l'Over The Top Wrestling - et surtout leurs adversaires, Jordan Devlin et David Starr - a été servi avec WALTER & Low Ki.

WALTER, star du match, aura été le rempart à faire tomber. Plus facile à dire qu'à faire pour les jeunots quand on se reçoit autant de Chops et qu'ensuite on se fait malmener par Low-Ki quand l'Autrichien en a marre ! David Starr aurait eu beau résister le plus longtemps possible, quand il a taggé le disciple insolent de Prince Devitt/Finn Balor, devenu visage et actuel champion de l'OTT, Jordan Devlin, on savait quel traitement il allait subir lui aussi. Malgré tout, le public irlandais était prêt comme jamais à voir le champion et le poids-lourd star du circuit indépendant en découdrent.

A la fin du match, avec l'aide du 'Product', Devlin a enfin réussi à mettre WALTER au sol. Une preuve de robustesse et de bravoure qui n'a pas suffie : invaincu à l'OTT depuis un an, 'The Import Killer' a succombé à une Gojira Clutch modifiée du monstre autrichien. Une magnifique démonstration de violence (et de souffrance), devant un public chaud bouillant, totalement jouïssive !

Kazuchika Okada © vs. Kenny Omega – IWGP Heavyweight Championship - No Time-Limit 2/3 Falls Match (NJPW DOMINION 6.9 – 09/06/18 – Osaka, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kazuchika okada vs kenny omega njpw dominion 2018"Ça y est, nous y étions enfin. Kazuchika Okada et Kenny Omega allaient nous livrer un autre classique, et cette fois le temps n'allait pas empêché qu'un vainqueur soit désigné - comme je le détaillais l'an dernier dans la toute-première édition de What I Liked This Month. Et pour être sûr de ne pas avoir un simple remake, le vainqueur serait décidé après que celui-ci ait battu son adversaire à deux reprises ! Peu importe qui gagnerait, la décision serait définitive, un champion serait déterminé et le meilleur catcheur de tous les temps serait annoncé sans équivoque.

Après la première victoire historique d'Okada à Wrestle Kingdom 11 qui posa les bases de cette grande série de matches, un "60-Min Time-Limit Draw" à DOMINION 2017 qui marqua encore plus les esprits et une revanche rapide et explosive pour Omega au G1 Climax 27, l'idée de ce rematch en soi ne pouvait être plus intéressante. Et l'ajout de la stipulation au meilleur des trois manches (ou "2 out of 3 Falls" en anglais) était encore plus logique compte tenu du niveau des deux hommes, si proches l'un de l'autre à la fin de chacun de leurs matches.

De plus, cela faisait très longtemps qu'il n'y avait pas eu de 2/3 Falls pour un match de championnat aussi important au Japon. Il faut remonter aux premières années de l'All-Japan Pro-Wrestling dans les années 1970, avec le règne du légendaire et Alternative Hall of Famer 2018, Jumbo Tsuruta. Je suis personnellement vraiment fan de cette stipulation. Elle donne souvent des matchs intéressants et variés, souvent assez longs pour permettre de voir toute l'étendue du talent des catcheurs et juste assez complexes pour avoir une véritable stratégie de "booking". J'étais, en l'occurrence ici, assez surpris quand les deux catcheurs ont eu une pause de deux minutes après chaque tombé victorieux. Une modification, à l'ancienne, qui a rajouté un côté plus sportif encore, tel un combat de MMA ou à l'époque de World of Sports, et plus pertinent vu l'enjeu.

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/05/9_2.jpg Avec aucune limite de temps, les deux catcheurs ont vraiment eu le temps de se jauger en début de match. Bien qu'ils se connaissaient aussi biens, avec une stipulation pareil, celui qui allait prendre l'avantage serait avantagé pour la suite. Après tout, chacun était capable de gagner deux matchs d'affilé. Evidemment, ils n'ont pas arrêté de se contrer tout le long du match - Kenny contrant d'abord le Crossbody d'Okada à l'extérieur à la dernière seconde avec un V-Trigger.

Pourtant, grâce à un tombé totalement sorti de nulle part, Okada remporte la première manche. Le stress et l'angoisse s'emparaient doucement d'Omega et de tous ses supporters : il n'était qu'à une défaite de perdre le match, surtout quand Okada commença par bien dominer cette deuxième manche. Heureusement, la 'Best Bout Machine' n'allait pas s'avouer vaincu aussi facilement et sortit la prise fatale pour Okada – le One-Winged Angel bien sûr. Le résultat, comme dans la plupart des 2/3 Falls, allait donc se jouer sur un troisième et dernier tombé. De longues minutes étaient déjà passées après le deuxième tombé, les deux n'y étaient clairement pas allés de mains mortes en plus. Les corps en ressortiraient meurtrismais quand on se bat pour ce qu'il y a de plus cher au monde, on ne calcule pas les risques.

La troisième manche a été un véritable test d'endurance aussi bien pour ces deux immenses catcheurs que pour les 12 000 fans entassés au magnifique Osaka Jo-Hall. La majorité était d'ailleurs beaucoup plus en faveur du Canadien que du Japonais, sentant et souhaitant un changement de titre bien mérité. N'importe quoi pouvait mettre un terme à ce match désormais, une simple erreur de l'un pouvait offrir la victoire à l'autre. Croyt's Wrath, multiples V-Triggers, un Styles Clash et même un Phoenix Splash conseillé par Ibushi aux abords du ring : aucun résultat. Le champion IWGP Heavyweight au règne le plus long de l'histoire de la NJPW semblait trop invincible, s'accrochant même à ses Dropkicks et Rainmakers sans lui obtenir une onse de victoire. C'est finalement la prise qui a obtenu le plus de succès à Kenny Omega qui a été fatal pour Okada, un dernier One-Winged Angel.

On peut saluer la NJPW qui a extrêmement bien protégé le finisher d'Omega - une prise absolument redoutable pour quiconque à la New-Japan, même Okada qui ne s'en est jamais dégagé. Bravo M. Okada en tout cas, pour l'un des plus grands règnes de champion de l'histoire du catch et pour avoir élevé la New-Japan encore plus haut qu'elle ne l'était déjà.

Le temps de reprendre mon souffle et je peux affirmer sans aucun doute que ce fut l'un des plus grands matchs que j'ai vu. Tout était parfait dans ce match : son "build-up", le "draw" de l'an dernier, la victoire d'Omega au G1 Climax 27 remettant en doute la victoire d'Okada à WK 11, l'évolution constante de l'ancien 'Cleaner' depuis son échec au Tokyo Dom et évidemment les deux grandes performances fournies par Kazuchika Okada et Kenny Omega. Ces deux-là ont peint un match qui marquera notre temps - et pourtant c'est pas faute d'en avoir déjà fourni des mémorables avant !

De plus, la séquence post-match en a rajouté une louche, Omega prenant enfin dans ses bras les Young Bucks qu'il n'avait pas revu depuis leur classique à Long-Beach, s'unissant avec Kota Ibushi pour former The Golden Elite. Un moment tout simplement parfait, des frissons, des larmes, qui nous rappellent que quand le catch est à son meilleur il n'y a tout simplement pas mieux au monde.

The Undisputed Era (Kyle O'Reilly & Roderick Strong) © (a/Adam Cole) vs. Oney Lorcan & Danny Burch – NXT Tag Team Championship Match (NXT Takeover : Chicago II – 17/06/18 – Chicago, Illinois, Etats-Unis)

https://m.media-amazon.com/images/M/MV5BYzQ4MzkzMzUtMGFkOC00YjYwLWFjZDctZmIxZmZkOTVmZmYyXkEyXkFqcGdeQXVyNzQzNDM3NTI@._V1_.jpg Comme pour Takeover : New-Orleans, certes dans un style différent et plus traditionnel évidemment du Ladder Match, ce "network special" s'est ouvert de la meilleure des manières !

J'avais beaucoup d'attente vis-à-vis de cet "opener" et il ne m'a absolument pas déçu. Assez classique au départ, il a vraiment pris de la vitesse rapidement jusqu'à atteindre un rythme pas vu depuis bien longtemps  au cours d'un Takeover. Burch et Lorcan y ont tout donné et ont profité à 100% de leur premier match d'importance sur un show majeur - montrant clairement aux public qu'il allait falloir compter sur eux. Outre leur vitesse effrénée, les deux équipes se sont rendus coups pour coups devant un public stupéfait par la qualité du match.

Nous ne venons que de conclure la première moitié et malgré tout je peux vous certifier que ce match est le meilleur Tag Team Match de NXT depuis un bon moment et tiendra une bonne place parmi les meilleurs Tag Team Matches et Openers de l'année !

Johnny Gargano vs. Tommaso Ciampa – Street Fight (NXT Takeover : Chicago II – 17/06/18 – Chicago, Illinois, Etats-Unis)

Résultat de recherche d'images pour "johnny gargano vs tommaso ciampa nxt takeover chicago"NXT Takeover : New Orleans : après 39 minutes de souffrance, Johnny Gargano croyait, comme ses fans, s'être enfin débarrassé de son ex-meilleur ami devenu pire ennemi. Mais pour Tommaso Ciampa, tel un super-vilain de comic book, ça en était loin d'être terminé et il comptait bien prendre sa revanche.

A LIRE : Comment le catch raconte une histoire en 2018

En conséquence, cette "feud" a vraiment gagné encore plus en intensité dans ce deuxième chapitre. L'implication plus active de Candice LeRae, la femme de Johnny Gargano, a rendu les choses encore plus personnelles - boostant la perversité de Ciampa et abaissant la barrière de tolérance tout en libérant l'agressivité de Gargano - et a ainsi donné un "build-up" beaucoup plus intéressant.

Contrairement au Unscantionned Match, les deux hommes étaient déjà plus en situation - vêtus casuellement pour respecter l'ambiance Street Fight. Pour aller dans le même sens, ils se sont engagés dans beaucoup plus de "brawling" qu'à leur dernier match, n'hésitant à se bagarrer directement dans le public où, depuis un gradin, Captain Americ... Johnny Wrestling s'est envolé dans un énorme Crossbody sur 'The Sicilian Psychopath'. Les deux rivaux n'ont pas non plus lésiné sur l'utilisation d'objets : entre les chaises, les poubelles, une ceinture, une béquille, un escalier, tous ont été utilisés à bon escient, comme ce terrible envoi de Gargano sur les escaliers à l'extérieur avec une chaise autour du cou ! Heureusement, Gargano a réussi à infliger lui-même de la douleur à son pire ennemi plus tard, devenant totalement méconnaissable quand il s'est attaqué au genou déjà blessé de Ciampa.

Ce changement d'attitude de Gargano, se laissant complètement déconcentré et guidé par la haine et la violence, a justement permis à Ciampa, fier de son "mindgame", de l'emporter. Comme tout bon méchant intelligent, il a su briser son adversaire à la fois physiquement et surtout psychologiquement. Dur de résister à sourire, il faut dire, quand Ciampa joue des pires tours à merveille, tant il excelle dans son rôle. Je pense notamment à ce moment où il a craché sur la bague de mariage de Gargano, simplement pour le pousser encore un peu plus dans ses retranchements. Le point de non retour a ensuite été atteint par ce dernier avec cet énorme Air Raid Crash directement à travers une table positionné à l'extérieur. Ciampa sur une civière, Johnny a malgré tout été emporté une dernière fois par sa rage, tentant d'en faire trop pour en finir, et s'est fait contré après un effroyable DDT à même le bois du ring. Même menotté par Gargano submergé par le côté obscur de la violence, Ciampa a enfin eu sa victoire physique et morale.

Cette fin de match a laissé le public bruyant de Chicago complètement sans voix. Cela prouve à quel point les deux hommes ont bien joué leurs rôles.

Darby Allin vs. WALTER (EVOLVE 106 – 23/06/16 – New-York City, New-York, Etats-Unis)

https://www.fite.tv/thumbs/v/2o52t/4/2o52t_1529041301/evolve-106-1280x720max.jpg "Encore WALTER ?!", me direz-vous et je vous répondrais que c'est normal vu son classement au terme de la première saison de What I Liked This Month - juste derrière Will Ospreay et Kenny Omega, meilleurs performers de l'année. Ici, il affrontait l'un des jeunes loups prometteurs de l'EVOLVE (quoique plus proche de Sabu ou Mick Foley que de Bryan Danielson ou Zack Sabre Jr.), Darby Allin. Vu ce dernier, autant que ce match était pour lui une mission littéralement impossible. D'autant plus que le très "stiff" autrichien ne le considère pas comme un vrai catcheur et qu'il trouve - comme son comparse de Ringkampf avant lui, Timothy Thatcher - qu'Allin manque de respect au catch ne serait-ce qu'en montant sur un ring. WALTER était donc bien déterminé à brutaliser comme il faut ce cascadeur grunge de Darby Allin.

Darby a en effet subit un véritable passage à tabac en début de match, se faisant éclater le torse et balancer dans tous les sens. Le public sadique de New-York réagissait lourdement à chaque brutalisation du pauvre Darby et était surtout en feu durant la totalité de ce match. Mais Darby Allin, c'est bien connu, et  malgré son manque d'expérience, est capable de tout supporter physiquement. Il l'a prouvé contre son ancien némésis, Ethan Page, contre Chris Dickinson, contre Timothy Thatcher et même contre Zack Sabre Jr plus tôt cette année. Il a dû néanmoins se battre comme un diable face au Goliath en face, le surprenant avec plusieurs contres et esquives, l'empêchant même de porter ses fameux (et douloureux) Chops. Comme il sait si bien le faire, Darby Allin nous a même fait croire à la possibilité d'une victoire inespérée ... qu'il a réussi finalement à obtenir de nulle part !

C'est sans doute le meilleur match que j'ai pu voir à l'EVOLVE depuis un petit bout de temps et clairement le meilleur match de la carrière du prometteur Darby Allin. En outre, c'est le parfait exemple de ce que devrait être un classique scéanrio de "David vs Goliath".

Top 10 des meilleurs "theme songs" du catch alternatif

"Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique" disait Platon. C'est dire l'importance socio-culturelle de la musique, d'autant plus concernant le cas d'un art audiovisuel tel que le catch. Des bande-annonces promouvant les "super-shows" ou Pay-Per-Views et vidéos récapitualtives des plus grandes rivalités avant des matches d'importance aux playlists des jeux-vidéo de catch (ie. WWE), en passant bien sûr pour l'entrée en scène des catcheurs, la musique est aujourd'hui essentielle dans la présentation du catch moderne. Un fan de catch en est imprégné : pour preuve, le YouTubeur LinksTheSun a révélé que son choix - désormais indissociable de sa célèbre chronique Point Culture - d'Animal I've Become, de Three Days Grace, est issu de WWE Smackdown vs. Raw 2007 !

https://pbs.twimg.com/media/DdPud2YWsAA75R4.jpg Après des premiers sursauts dans les premières décennies de la télévision occidentale (avec Gorgeous George puis les Fabulous Freebirds), la WWE/F - pour ne pas dire son ancien compositeur atitré, Jim Johnston - a toujours été le moteur dans la popularisation de ce mode de pensée. Mais avec l'explosion du catch indépendant international (hautement influencé, en Amérique et en Europe, par les choix musicaux de haut acabit de l'ECW dans les années 1990), le catch alternatif a lui aussi ses chefs d'oeuvre sonores (et ses artistes stars ... n'est-ce pas, Marty ?). Des plus grands thèmes d'entrée des grandes compagnies nippones (Shinsuke Nakamura, Keiji Mutoh, Kenta Kobashi, etc) aux refrains mémorables de Bryan Danielson, Kings of Wrestling ou AJ Styles de la grande époque de la Ring of Honor et de la TNA, le catch alternatif possède son propre héritage audio.

Parce que moi-même, je ne peux pas vivre sans musique, je vous propose de découvrir les 10 meilleures thèmes musicaux d'entrée encore écoutables actuellement sur la scène du catch alternatif !

Mention honorable : Nick Aldis - The Gilded Warrior

[MAJ - 10/07/2018] Nick Aldis a réussi à se réinventer sans perdre de sa prestence caractéristique avec Billy Corgan, la web-série Ten Pounds of Gold et son règne de champion du monde poids-lourd NWA. Cette renaissance est ancrée dans une double mythologie - celle de la NWA et celle, plus personnelle, du premier champion du monde poids-lourd anglais - que révèle à merveille ce morceau d'epic metal de Retro Shred. Un sentiment de gloire et de conquête, très médiéval fantastique, du monde par un champion parfaitement positionné entre deux âges et entre deux mondes.   

#10 ex-aequos - Naomichi Marufuji - Hysteric / Tetsuya Naito - Stardust

L'entrée d'un catcheur (ou d'une catcheuse, même si aucune de ces dames ne figurent sur cette liste) donne le ton de la confrontation physique à venir. A l'image de l'agressivité etl'intensité exprimées dans les "theme songs" de Seth Rollins, Kevin Owens ou Dean Ambrose à la WWE - des catcheurs explosifs, violents et imprévisibles.

Avec des titres comme l'historique Hysteric et le génial Stardust, c'est une ambiance folle, de boule à facettes in-ring, à la fois de rapidité et d'agilité sonore (et donc, physique en perspective) mais aussi de finesse et de maîtrise de son art - que ce soit, à l'audio, dans cet électro-rock japonais, ou sur le ring, avec des catcheurs aussi talentueux et surtout aussi polyvalents (endurants, puissants, percutants, rapides et agiles) que Marufuji et Naito.  Deux titres, de deux époques et de deux compagnies différentes, finalement très similaires. Un peu comme Marufuji et Naito ... Oui, finalement, le "tranquilo" caractéristique de Naito se retrouve aussi chez Maru', qui possède le calme et la confiance à la mesure de son excellence in-ring.

#9 - Pentagon Jr. - Thrill Switch

L'entrée d'un catcheur doit aussi définir instantanément le personnage qui s'apprête à apparaître devant la foule et fouler le ring - pour la première fois, pour certains des fans présents dans cette foule. L'attitude, la gestuelle, la lumière, mais surtout la musique, doivent incarner le "groove" global du personnage : les fans habitués seront ainsi instantanément re-situés dans le contexte du combat et les nouveaux fans l'identifieront, de façon plus ou moins interprétée, plus rapidement et pourront donc mieux rentrer et suivre dans l'histoire qui leur est raconté.

Pentagon Jr. - ou Penta El Cero M - est une grande gueule charismatique. Mais à l'origine, il incarne violence et cruauté malsaine. Avec son masque noir et blanc ou noir et rouge le plus souvent, il a une attirance pour l'ombre et la nuit, toutes deux teintées de sang. Il a aussi l'adresse, la dextérité et parfois la zenitude d'un samouraï. En somme, un parfait prédateur, tapis dans l'ombre, avec une pointe d'orgueil. Thrill Switch, aux sonorités rapellant Kavinsky, représente ce "groove" si particulier. Il mélange un son doux et bas, comme la nuit, à un son harmonieux plus tranchant et épique, comme le ronin, le samouraï solitaire qu'est Pentagon dans Lucha Underground.

#8 - Ringkampf (WALTER & Timothy Thatcher) - New World Symphony

La plus célèbre symphonie de Dvorak combine les deux précédentes utilités pour Timothy Thatcher et WALTER. Tous deux, à leur manière, incarnent un certain classicisme in-ring - un catch-as-catch-can old-school, soit dans le "grappling", soit dans le "brawling". Ils sont sérieux, déterminés seulement à battre leur adversaire et à montrer la supériorité de leur style de catch, le "vrai" catch.

La Symphonie du Nouveau-Monde permet aussi de s'immiscer dans cette atmosphère si particulière qu'ils transportent tous deux : une solennité et une supériorité européenne, conservatrice et pourtant ouverte sur le reste du monde.  

#7 - Jimmy Havoc - I Hope You Suffer

La musique d'entrée d'un catcheur n'est évidemment pas fixe : elle peut changer selon les promotions, selon les époques ou selon les personnages qu'ils incarnent (si changements radicaux il y a). La musique d'entrée peut être influencée aussi par l'arc narratif global dans lequel le personnage du catcheur s'inscrit. Dans le cas de Tommaso Ciampa par exemple, c'est l'absence totale de musique qui caractérise la position de son personnage dans la "storyline" l'opposant actuellement à Johnny Gargano. Son thème d'entrée, non pas inaudible mais invisible, est en outre un bon moyen de favoriser les huées des fans à son égard - à la fois de les susciter et à la fois, les laisser participer à son entrée elle-même et donc à la présentation du personnage et de la confrontation à venir.

Dans le monde du catch alternatif, on retrouve un phénomène similaire avec Jimmy Havoc, à la PROGRESS. Havoc a servi d'un Raven augmenté, d'un anti-Stone Cold pour la promotion de Punk Rock Wrestling. Il était au centre de toutes les "storylines". Il incarnait un antagoniste principal d'une haine sans précédent : un anti-establishment empli de vengeance envers une compagnie et des fans le poussant à rester un "deathmatch wrestler" face à son désir de se débarrasser d'une telle réputation. Le légendaire I Hope You Suffer d'AFI est la parfaite incarnation de la situation, du personnage et du sentiment qu'il ressent et exprime. Et parce qu'il a si bien défini Jimmy Havoc, il est encore aujourd'hui son "theme song" même après la fin de l'arc narratif dans lequel il s'inscrivait - c'est dire son caractère iconique !

#6 - Jushin Thunder Liger - Ikari No Jyushin

Et puis, il y a des thèmes d'entrée qui sont indissociables des catcheurs qu'ils accompagnent. C'est le cas du légendaire Junior Heavyweight masqué de la NJPW, Alternative Hall of Famer 2018, Jushin 'Thunder' Liger ! Le look de ce dernier est en effet inspiré du manga éponyme, et le titre musical de son adaptation en dessin animé, très populaire au début des années 1990. Juste après le succès de Tiger Mask et du catcheur éponyme, la NJPW avait cette fois choisie de capitaliser sur un manga pré-existant pour présenter celui qui allait devenir son nouvel "Ace" de sa Junior Division.

Comme il a été étrange de voir, et entendre, arriver Hiroshi Tanahashi sur son nouveau "theme song", Go Ace, et comme il est étrange de faire de même avec celui de Kazuchika Okada (voir RevPro/NJPW Strong-Style Evolved UK), il serait étrange de ne pas fredonner Ikari No Jyushin en assistant à l'entrée en scène de Liger. Une musique épique, évoquant l'action et l'aventure, caractéristique de la culture super-héroïque, shonen-esque, japonaise qui a tant en commun avec le catch surtout avec un catcheur aussi spectaculaire et révolutionnaire que lui !

#5 - Will Ospreay - Elevate

Will Ospreay est peut-être la plus parfaite incarnation du catch moderne. Personne humble, modeste et passionnée, il est un catcheur charismatique, déterminé à atteindre les sommets et à faire valoir sa supériorité stylistique. Sur le ring, il virevolte, risquant plusieurs fois sa vie, avec une aisance et une ampleur sur-humaine et, de plus en plus, sait maîtriser ses adversaires avec des prises puissantes, des soumissions réfléchies et des coups explosifs. De plus, micro en main, ce jeunot parfois un peu maladroit en interview se transforme une fois confronté à un challenger à arrêter ou un champion à détrôner, il se révèle et s'élève.

C'est exactement ce que représente son thème d'entrée, Elevate, composé pour lui par It Lives, It Breathes. Dans le même temps qu'il s'élève dans les airs et qu'il s'élève en tant que catcheur (gain de charisme, de confiance au micro et gain de dimensions in-rings), ils nous élèvent - nous les fans, ébahis et enjoués par ses prouesses. Et parce que ce titre, pourtant assez simple, a lui aussi plusieurs dimensions : c'est particulièrement durant son dernier règne de champion Junior Heavyweight IWGP qu'on a pu le ressentir au mieux. Avec ses sons amples, comme des trompettes, il gagnait une certaine prestence royale en arrivant à chaque défense de titre. 

#4 - Silas Young - United Divided

Silas Young est audieux, lourd, intolérant et impardonnable. Il est le "dernier véritable homme du monde du catch". Il est l'incarnation de la virilité traditionnelle et conservatrice - sale par principe, pleine de sueurs pour marquer l'absence de toute passivité physique et porteuse d'un machisme et d'un dédain obsessionnel. United Divided, de Voodoo Johnson, dans sa sonorité et dans son accent, rappelle le caractère implaccable de cette dureté sudiste datant du Far West.

Silas Young n'est peut-être pas le catcheur le mieux loti - disons qu'il est, en somme, "moyen +" - mais il a au moins pour lui une incarnation (presque trop) parfaite de son personnage de 'Wrestling's Last Real Man' très Stan Hansen-esque. United Divided a en cela extrêmement bien aidé avec sa guitare furieuse et ses percutions lourdes et brutales, graves et viriles. Du bon gros hard-rock, comme j'aime mais surtout comme doivent l'adorer les durs à cuir des bars que Silas Young doit fréquenter !

#3 - Cody - Kingdom

"Le catch a plus d'une ... famille royale". Cette phrase introduisait chaque entrée de Cody (Rhodes) pourrait résumer à elle seule la position princière assumée de Cody, mais Kingdom, la chanson composée pour lui par Downstait (un ancien groupe phare de la WWE), en rajoute une sacrée louche !

Cody est un héritier - celui de Dusty Rhodes, du "made in WWE" d'avant 2011 et d'une abondante culture catch avec des ramifications jusque dans les dernières grandes heures de l'âge des "Territoires". Cody est un prince - il est le successeur d'une dynastie, il en est son espoir mais il incarne aussi le renouveau. En quittant Stamford, rejoignant le circuit indépendant pour la première fois de sa carrière, il a voulu tracer sa propre destinée et contribuer enfin au monde du catch, comme ses ancêtres avant lui. All In en est la preuve la plus flagrante. Et Kingdom en était déjà la prémonition :

"Vous m'avez tout pris,

Je vous ai tout donné.

Vous ne pouvez prendre ma liberté !

Ici pour changer les choses, un étendard douloureux.

Je vais construire mon royaume.

 

Maintenant, vous vous agenouillez devant moi.

Vous avez pris mes rêves mais pas mon nom.

Vous me suivrez jusqu'à la fin,

Je suis mon propre royaume.

 

Vous avez essayé de me dire ce que je devais faire,

J'ai vu la porte et l'ai défoncé.

Je suis passé et l'ai traversé,

Et désormais, vous ne pourrez plus m'arrêter !

 

Je suis le roi et vous n'êtes que la couronne,

Maintenant, regardez-moi prendre le trône,

Et régner sur mon royaume."

Cette chanson incarne Cody, la réalité mais aussi l'arrogance égocentrique de son personnage, parfaitement. Il veut défier la WWE qui a essayé de le brimer et lui prouver de quelle trempe il est. Dans le même temps, il veut montrer aux fans de catch ce qu'il a dans le ventre et surtout dans le crâne, autrement dit de grandes idées pour changer le monde du catch et se couronner lui-même roi de ce monde. Quant à l'esthétique musciale, elle est ce que Downstait sait faire de mieux : du rock puissant, plein de détermination et de grandeur.

#2 - Marty Scurll - One True Villain (Epic Version de ROH Best In The World 2018)

S'il est plus souvent le rigolo de la bande dans Being The Elite, sur le ring, Marty Scurll n'a rien de drôle. Il est perturbant, angoissant même, dans ses mimiques d'Oswald Copplebot, un peu trop pingouin-esque, et dans le plaisir sadique qu'il joue en disséquant ses adversaires.

Comme pour le Thrill Switch de Pentagon Jr., son "theme song" sobrement intitulé One True Villain (adapté du plus puissant mais tout aussi malaisant, Party Is Dead, pour la RevPro) l'introduit avec brio. Sinistre, menaçant et anormal, cette musique techno est comme un mauvais présage - à l'image du masque de médecin de peste, en forme de crâne de corbeau, qu'il porte de plus en plus souvent lors de son entrée en scène. D'autant plus quand il était le cruel et despotique champion de la PROGRESS ou la malédiction de Will Ospreay à la Ring of Honor et la New-Japan.

La "cover" épique de l'excellent Dillon Spears, utilisée lors du Main-Event de ROH Best In The World 2018, rajoute une impression de grandeur terrifiante et de malheur insurmontable à venir - un Cross-Face Chickenwing implaccable !

#1 - Minoru Suzuki - Kaze Ni Nare

"Deviens le vent". Comme Ikari No Jyushin pour Jushin 'Thunder' Liger, Kaze Ni Nare d'Ayumi Nakamura (aucun lien) ne peut être séparé du Alternative Hall of Famer 2018, Minoru Suzuki, et réciproquement. J'en prends pour preuve la peur immédiate de ses fans lorsque la New-Japan lança un insipide "theme song" de groupe pour le Suzuki-Gun, craignant qu'il remplacerait le légendaire et transcendant Kaze Ni Nare.

En apparence, grandiose et impérieuse à l'instar du catcheur lui-même, ce titre est en réalité, dans ses paroles, une chanson d'amour mêlant espoir et désespoir, pleine de passion. La même passion et le même amour qui animent, en réalité, Minoru Suzuki, l'homme qui incarne l'impitoyable et psychopathique co-créateur du MMA. Mais au-delà du ton, au-delà de l'incarnation, Kaze Ni Nare est le thème musical de catch par excellence tant il fait participer les fans eux-mêmes à la majesté, le "roi du catch", en criant : KAZE NI NARE !!!

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N'hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des suggestions et partagez vos thèmes d'entrée favoris !

What I Liked This Month - Rétrospective : Un an en statistiques

Votre sélection mensuelle de matches à voir, What I Liked This Month, a un an ! Avec 72 matches cités au cours de ses 12 derniers mois (sans compter le hors-série sur le NJPW G1 Climax 27, exclus ici), il est temps de faire les comptes. Dans cette rétrospective, tout en statistiques et en grahiques, nous allons répondre à une dizaine de questions : qui, si l'on regarde les sélections de WILTM, est le meilleur catcheur de cette année 2017-2018 ? Quelle est la meilleure promotion ? Quelle ville accueille les meilleurs matches ? Un regard en data-visualisation sur cette chronique qui offre l'esquisse de réponses sur la réalité du monde du catch.

Un an de What I Liked This Month : Lire toutes les chroniques 2017-2018

Quel est le type de match le plus représenté sur WILTM ?

Wiltm stats matches

On ne pouvait évidemment commencer sans parler des matches eux-mêmes. Véritable pierre angulaire de cette chronique, ils constituent l'unité de base de cette analyse rétrospective. Les meilleurs d'entre eux ont été sélectionnés par WILTM et en un an, il y a eu de sacrées pépites ! D'Okada vs. Omega II à NJPW DOMINION 2017 à Almas vs. Gargano de NXT TakeOver : Philadelphia, en passant par WALTER vs. Thatcher à la PROGRESS ou même MOchizuki vs. Kzy de la Dragon Gate.

Force est donc de constater que la majorité des meilleurs matches cités sont bien des matches en simple, ou "Singles Matches". Et ce, qu'ils soient avec une stipulation (Ladder Match, No DQ Match, etc), lesquels représentent 8% des matches sélectionnés cette année, ou parties intégrantes d'un tournoi (c'est le cas pour 13% des matches cités), ou qu'ils soient le théâtre de la remise en jeu d'un titre de championnat, dont c'est le cas pour 28% des matches sélectionnés par WILTM.

Comme quoi il n'est pas nécessaire de s'ennuyer avec de l'"overbooking" pour produire un match de catch de grande qualité !

Quel est le titre le mieux disputé sur le ring ?

Wiltm stats titres

Même s'il n'y a pas besoin qu'un titre soit remis en jeu dans un match pour que ce dernier soit de qualité, il lui rajoute toujours plus d'importance et d'enjeu. L'excellence des matches de championnat revêt donc un attrait particulier, davantage de suspens et de gravité pour le spectateur et de prestige pour le titre disputé.

Cette année, dans WILTM, le titre de championnat le plus représentatif de cette philosophie est sans conteste l'IWGP Junior Heavyweight Championship. Il faut dire qu'entre la rivalité KUSHIDA vs. Ospreay, et le règne de celui-ci de Wrestle Kingdom 12 à DOMINION 2018, on a été gâté ! (Et comme nous le verrons plus bas, ce n'est pas pour rien que Will est impliqué dans ce résultat.) Les deux titres poids lourds principaux de la NJPW et de la Pro-Wrestling NOAH se disputent, quant à eux, la deuxième place : le premier grâce au règne historique de Kazuchika Okada, et le second, non sans l'aide, du sacre du premier "gaijin" en tant que GHC Heavyweight Champion – Eddie Edwards – et du règne, bref mais intense, du jeune Kenoh.

Quelle promotion produit les meilleurs matches ?

Wiltm stats fede

Comme on le pressent déjà avec ces premières statistiques, la NJPW domine sans peine les données, et donc les sélections mensuelles de WILTM.

Stat' la plus représentative de cette tendance, elle est clairement la promotion la plus citée au cours des douze derniers mois de la chronique, avec 44% de "parts de marché" si je puis dire. Il faut avouer qu'elle couvre beaucoup plus de terrain entre ses multiples tournois (BOSJ, New-Japan Cup et bien sûr le G1 Climax, dont nous reparlerons plus bas), ses nombreux titres, ses multiples shows et surtout un super roster - sans parler de la qualité, quasi-irréprochable, de son "booking". La New-Japan a, qui plus est, sorti l'artillerie lourde en 2017-2018 : sur la première année d'existence de WILTM, on retrouve déjà de futurs classiques comme la série de matches entre Okada et Kenny Omega, la finale du G1 Climax 27 entre Omega et Tetsuya Naito ou encore la rivalité de Juniors entre KUSHIDA et Ospreay.

Loin derrière elle, on retrouve à la tête du reste du peloton, avec 10% de représentation, le roster "alternatif" de la WWE, NXT. Plus encore cette saison qu'auparavant, NXT est devenu l'endroit rêvé pour rassembler parmi les meilleurs catcheurs du circuit indépendant international et ainsi produire certains des meilleurs matches de l'année pour la WWE, en alliant grandes rivalités et capacités in-ring de top niveau : la preuve avec Aleister Black vs. The Velveteen Dream ou Johnny Gargano vs. Tommaso Ciampa plus récemment.

Il ne faut cependant pas oublier des promotions petites mais aux matches marquants comme la Wrestle-1 (je pense à Ashino vs Kuroshio pour le titre majeur), la Lucha Underground (avec KIllshot vs. Dante Fox à Ultima Lucha Tres) ou la promotion de Joshi Puroresu Sendai Girls, offrant notamment le premier match féminin de WILTM et qui sera difficile à détrôner.

Quelle ville accueille les meilleurs matches ?

Wiltm stats ville

Fief de la NJPW et adresse du légendaire et hyper-actif Korakuen Hall, Tokyo domine de très loin cette catégorie avec pas moins de 25 citations sur plus d'une soixantaine de matches sélectionnées en 12 mois. Entre le Sumo Hall et le Tokyo Dome, la capitale du Japon accueille parmi les plus grands shows et donc les meilleurs matches de la New-Japan, chaque année.

On retrouve ensuite en deuxième position la Nouvelle-Orléans, théâtre du WrestleMania Week-End en 2018, de fait surpeuplée en "super-shows" et "dream cards" du circuit indépendant. Ex-aequo à la troisième position avec Osaka, Londres représente enfin le coeur du circuit britannique toujours en plein "boom" grâce à des promotions résidentes puissantes, telles que la PROGRESS à l'Electric Ballroom ou la RevPro au York Hall.

Dans quelle salle peut-on les voir ?

Wiltm stats salle

Si vous vous rendez au Japon et que vous voulez assister à un show de catch japonais, il est fort probable que le meilleur endroit pour y arriver est au Korakuen Hall, véritable mecque du Puroresu. Beaucoup de promotions nippones en ont fait leur maison, qu'elles soient petites comme la Wrestle-1 ou la Dragon Gate, en reconstruction comme l'All-Japan ou la NOAH ou grandes comme la NJPW. Avec sa capacité maximal de 1900 personnes, c'est également le "checkpoint" de tous les grands tournois annuels - du G1 Climax au BOSJ, en passant par le Champion Carnival et la Global League - et d'une majorité de matches de championnat.

Outre les Sumo Hall et Tokyo Dome, places fortes de la sur-dominante New-Japan (actuellement la seule à pouvoir les louer à sa guise), on retrouve en deuxième position le Turbinenhalle d'Oberhausen, en Allemagne. Il est l'équivalent de l'ECW Arena pour la wXw qui, depuis quelques années y tient ses plus grands shows et tournois, tels que l'annuel 16-Carat Gold Tournament désormais de renommée internationale ou la World Tag Team League.

Quant au Smoothie King Center de la Nouvelle-Orléans, il a été le lieu de l'excellent NXT Takeover : New-Orleans, cités à maintes reprises dans l'édition d'avril 2018.

Quel show a été le plus représenté sur WILTM ?

Wiltm stats shows

En parlant de shows, rares sont ceux qui ont été cités plusieurs fois dans une même édition de WILTM. En 2017-2018, les deux plus grands "super-shows" des deux promotions dominantes - la NJPW et la NXT - ont été ainsi représentés à parts égales.

Wrestle Kingdom 12 a été marqué par un Hirooki Goto vs. Minoru Suzuki surprenant de qualité après une année de médiocrité, le 4-Way pour le titre de champion Junior marquant le second couronnement de Will Ospreay et enfin, le "dream match" opposant Kenny Omega à Chris Jericho. Quant au "hit" du WrestleMania Week-End 2018, NXT TakeOver : New-Orleans était un show gonflé à blocs avec la première rencontre de la rivalité de l'année, entre Johnny Gargano et Tommaso Ciampa, le couronnement d'Aleister Black contre Andrade 'Cien' Almas et la première remise en jeu du North-American Championship dans un Ladder Match. A noter que, ce week-end là, la ROH n'était pas loin derrière avec Supercard of Honor XII, bien aidé par son propre Ladder Match et ce bon Kota Ibushi.

Enfin, remarquons que la nouvelle reconstruction de la NOAH semble en bonne voie d'après les statistiques : ne serait-ce qu'ici avec son show Winter Navigation (Day 11) de l'hiver dernier.

Quel tournoi fournit les meilleurs matches ?

Wiltm stats tournoi

Si un tournoi permet de faciliter le "booking" pour une promotion, mais surtout de créer facilement de nouvelles stars et d'augmenter le prestige de ses titres de championnant, il facilite aussi la production de matches d'excellente qualité.

Hors-Série - What I Liked ... In The G1 Climax 27

Sans compter le hors-série qui lui est consacré (voir lien ci-dessus), le fantastique G1 Climax 27 occupe sans soucis la première place dans le domaine avec 5 matches cités sur deux mois. A voir si le G1 Climax 28 fera, cette année, autant ou mieux !

La deuxième place se partage entre trois tournois. D'abord, deux autres tournois de la NJPW : les éditions 2018 du meilleur tournoi poids-moyen de la planète, Best of the Super Juniors (dont la sélection ne comprend pas celle prévue pour le mois de juin, composé de sa phase finale), et la New-Japan Cup maîtrisée de bout en bout par Zack Sabre Jr. Enfin, ils côtoient le tournoi par équipe de la promotion allemande, wXw, mené cette année par le duo star de Ringkampf, WALTER & Timothy Thatcher.

Quel mois réserve le plus de matches d'excellence ?

Wiltm stats mois

Nous abordons maintenant les deux dernières, et plus importantes, catégories. Avec 72 matches au total sur un an, la composition des sélections mensuelles de WILTM ont souvent varié, pourtant on reconnaît aisément certaines tendances logiques au fil des mois.

Avec respectivement 8 et 10 matches sélectionnés, les mois de janvier et avril 2018 ont été soumis à la dominance d'une part de Wrestle Kingdom 12 (avec, pour rappel, 3 matches sélectionnés) et d'autre part, l'influence du WrestleMania Week-End 2018, avec des "super-shows" sur-vitaminés comme NXT TakeOver : New-Orleans et ROH Supercard of Honor XII.

Remarquons par ailleurs le placement des mois de mars et de mai, autour de ce 'Mania Week-End, chacun comportant 7 matches sélectionnés. Pourtant, attention, l'effet de proximité est trompeur : aucun match de ces éditions n'est attaché aux rivalités d'avril. En effet, le mois de mars est particulièrement bien aidé par la New-Japan Cup tandis que le mois de mai est dominé par Wrestling Dontaku 2018 et les premiers jours du BOSJ XXV. Malgré cet effet statistique, c'est toujours bien la NJPW qui a dominé cette première année de part en part ! 

Quel a été le catcheur le plus cité dans WITLM en 2017-2018 ?

Wiltm stats catcheur

Enfin, quoi de mieux qu'une sélection mensuelle (la plus objective possible bien sûr !) pour déterminer mathématiquement et statistiquement le meilleur catcheur de l'année ? En l'occurrence, avec 9 apparitions sur 72 matches cités en 12 mois, c'est le jeune "high-flyer" surdoué britannique, Will Ospreay, qui remporte la palme de cette première saison de WILTM !

En 2017-2018, que ce soit à la NJPW face à KUSHIDA plusieurs fois, Marty Scurll ou même Kazuchika Okada, face à Matt Riddle à l'EVOLVE ou Rey Mysterio à l'ex-WCPW, il a toujours su montrer son talent indéniable et sa polyvalence grandissante. Sans oublier son excellent règne de champion Junior IWGP de janvier à juin 2018. 

Parce qu'on ne peut aujourd'hui parler de "meilleur catcheur mondial" sans le citer, on retrouve évidemment non loin derrière la 'Best Bout Machine' bien nommée, Kenny Omega. Il nous a offert certains des matches les plus épiques et marquants de cette première saison de WILTM - ne serait-ce qu'avec ses chefs d'oeuvre contre Okada ou le très attendu "dream match" opposant les Golden Lovers réunis et ses amis les Young Bucks. On retrouve d'ailleurs son 'Golden Lover', Kota Ibushi, fort d'un retour réussi à la NJPW en quatrième position, juste derrière WALTER.

L'Autrichien est l'un des meilleurs poids-lourds de l'année 2017-2018, une saisons qui a été pour lui celle de l'extension de sa notoriété internationale. Que ce soit à sa maison-mère de la wXw, face au jeune Ilja Dragunov ou en duo avec Timothy Thatcher, à l'EVOLVE face à Keith Lee ou à la PROGRESS contre Matt Riddle, le nouveua maître de l'atémi nous a mis une belle claque cette année !

Enfin, on retrouve le toujours excellent KUSHIDA, et sa constante solidité, en cinquième position. Souvent sous-estimé, il est pourtant l'un des catcheurs les plus polyvalents du monde comme l'ont montré cette année ses duels d'antologie contre Hiromu Takahashi ou Will Ospreay.

 

Will Ospreay gardera-t-il son titre de meilleur catcheur au monde ? La NJPW conserava-t-elle son statut dominant sur le marché du catch de qualité ? Le G1 Climax 28 sera-t-il à la hauteur du précédent ?

Les réponses à toutes ses questions dans la prochaine saisons de What I Liked This Month, à commencer par l'édition de juin 2018 dès la semaine prochaine !

Review Press #7 : La sélection mensuelle d'articles catch à lire

Golden eliteQuel mois, chers lecteurs ! Côté planète catch, Kenny Omega a rempli sa mission : il a vaincu Okada pour le titre de champion du monde alternatif et a fait jouïr une nouvelle fois Dave Meltzer pour l'amener à un septième ciel composé de sept étoiles. Quant à la WWE, elle dévoile enfin son jeu (et me donne raison), déplaçant ses premiers pions sur l'échiquier de la conquête des dernières parcelles du monde qui lui résistent et même fleurissent sans elle.

Côté The Alt, il n'a pas été de tout repos non plus - dans le bon sens du terme ! Housni, le Sniper, nous a offert un nouvel article record, Ludovic s'est attaqué au cas LinksTheSun (trop occupé pour répondre à nos questions, dommage) et Heisenbergbad finalise un What I Liked This Month de fin de saison aux petits oignons ... Et quant à moi, que d'aventures !

J'ai d'abord officiellement intégré la fine équipe du podcast Catchacast lors d'un live tout en "storyline" et "kayfabe" au bar (le bien nommé) Lucha Libre à Paris. J'ai par la suite interviewé trois stars de NXT - Tegan Knox (aka Nixon Newell) et Dakota Kai de la Team Kick, ainsi qu'Adam Cole (Baybay !) - à l'occasion de la venue du "yellow brand" au Cirque d'Hiver de Paris. (A LIRE ... bien sûr, très bientôt, ici même).

J'y ai initié trois (désormais) nouveaux fans de catch et enchaîné dans la foulée par un podcast improvisé sur NXT et NJPW DOMINION 2018, organisé par Catchacast, aux côtés de M. VoxCatch, Darren Fog, et des sympathiques satyres du podcast Catch'Up. La famille de The Alt s'agrandit et avec elle, ma passion pour le catch. Merci à toutes ses personnes avec qui j'ai partagé de merveilleux moments durant ce "Month of The Year" !

WWE

-- Depuis 2013, la WWE a peu à peu délaissé son fief historique du Madison Square Garden de Manhattan pour le plus moderne (et moins cher) Barclays Center de Brooklyn. Depuis qu'elle boude le MSG, "l'arène la plus célèbre du monde" tente le tout pour le tout pour regagner son attention. Dernière tentative en date : elle a proposé à la Ring of Honor d'investir les lieux en 2019 ... avant que la WWE ne vienne le lui interdire. Mais, comme le remarque habilement Larry Csonka de 411mania, la guerre n'est pas entre les deux compagnies de catch mais entre les deux salles new-yorkaises ... Et dire que l'AAA a loué le MSG aussi : l'espoir fait tout !

 

-- #IToldYouSo ... Again ! Il y a un an et demi, je prévenais mes amis fans de catch indépendant que la WWE se lancerait beintôt dans la reconquête, totale, de la planète catch. Si, à l'époque, certains m'ont traité de conspirationniste (si, si), la première preuve d'ampleur s'est montrée cette semaine. La WWE a officiellement la création de NXT UK, un programme-frère de NXT, pour le territoire britannique. The Indy Corner sent, comme je le sentais, que cette nouvelle ne sera pas forcément bénéfique pour la scène indépendante britannique actuellement en plein "boom" ... Et dire que la WWE compte remettre le couvert avec le Japon et la Pro-Wrestling NOAH ...

 

-- Enfin, nos compatriotes des Cahiers du Catch semblent enfin s'être rendu compte qu'on s'ennuie facilement devant un programme de la WWE ces derniers temps. Par contre, difficile de s'emmerder avec leur argumentation toujours aussi comique dans sa satire, comme ils savent seuls le faire !

NJPW

-- NJPW DOMINION 2018 fut l'un des plus importants (et l'un des meilleurs) shows de catch de l'année. Evidemment, l'une des raisons réside dans le nombre de "stars" qu'a reçu le 2/3 Falls Match marathon entre le désormais ex-champion Kazuchika Okada et Kenny Omega. Un excellent analyse de Voices of Wrestling revient, tout en narration, sur la scène finale de cette historique combat !

 

-- Néanmoins, en parlant de DOMINION, s'il y en a bien qui n'a pas eu une soirée très brillante, c'est bien ce cher Tetsuya Naito. Détrôné par un Chris Jericho psychopathique et déchaîné, le 'Stardust Genius' est un peu au fond du trou et aura bien besoin du G1 Climax 28 pour se remettre d'aplomb. Malgré tout, ses fans résistent. Le passionné (et passionnant) JJ McGee de The Spectacle of Excess explique pourquoi et comment un fan de catch peut avoir autant d'affection pour un catcheur.

Ailleurs

-- Cette semaine, le monde du catch a perdu littéralement un grand homme, d'une énorme importance pour le catch aussi bien américain que japonais. Leon 'Big Van Vader' White nous a en effet quitté à l'âge de 63 ans suite à la complication d'une pneumonie. Ce monstre du ring fut l'un des premiers "gaijins" à avoir une influence de taille sur le Puroresu, aux côtés notamment de Stan Hansen. Et que dire de ses rivalités et matches contre Sting, Mick Foley ou Shawn Michaels ? Ce bon Larry Csonka vous propose de les (re)découvrir au travers d'une nécrologie à la hauteur de cette légende des Rocky Mountains !

 

-- Au sujet des grandes rivalités, il y en a une qui fait particulièrement rage sur le circuit américain. Depuis plusieurs mois, et à cause d'un accident potentiellement mortel bien réel, Eddie Edwards et Sami Callihan n'arrivent pas à se défaire de la haine qu'il ressente l'un l'autre. Voices of Wrestling revient avec efficacité sur cette "blood feud" très sous-estimé, qui a véritablement révélé la capacité "d'acting" de l'excellent catcheur qu'est Eddie Edwards.

 

-- Toujours sur 411Mania, son rédac'chef a une théorie : et si l'acquisition des droits de diffusion de SmackDown Live par la FOX pour un milliard de dollars était une bonne chose ... pour Impact Wrestling ? Si SmackDown, le "B-Show" de la WWE, a réussi à attirer un tel deal, pourquoi pas le show de la compagnie "B" (ou peut-être "C") du circuit américain qui fait tant d'effort actuellement pour remonter la pente ? C'est ce qu'il pressent ou plutôt ce qu'il espère ...

 

-- Sur une note plus légère, pendant que la scène britannique se fait coloniser par Stamford, il est une contrée en Orient qui découvre le catch et déjà en redemande. Une véritable scène indépendante s'est désormais développé en Chine et commence à accaparer ce terrain que la WWE met tant de temps à investir (ou dupera-t-elle sa future nouvelle associé la NOAH - déjà en alliance avec l'Oriental Heroes Legend - là-dessus aussi ?). Encore une fois, c'est Voices of Wrestling qu'il faut lire !

Les podcasts du mois

-- En premier lieu, un petit coucou à mes nouveaux amis de Catchacast qui nous ont offert un portrait d'un jeune catcheur français, toute en introspection et réflexion :

 

-- Et parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, je vous propose d'écouter attentivement le nouvel épisode du plus vulgarisateur (et plus long ?) podcast de catch, How2Wrestling, sur l'un des personnages les plus controversés de l'histoire du catch : le tout premier "wrestling writer", Vince Russo ! (Et, tant que vous y êtes, allez écouter un petit coup de l'épisode de l'Attitude Era Podcast sur l'XWF, la tentative "d'alternative" à la WWF de 2001 de Jimmy Hart, les Nasty Boyz et Hulk Hogan. De l'or en barre !)

Les vidéos du mois

-- La NJPW fait beaucoup de choses bien, mais elle n'est pas parfaite. Et j'en prends pour preuve la vidéo annonçant officiellement (niveau "kayfabe") la promotion d'Harold Meij comme nouveau CEO de la compagnie. Le leit motiv ? WWE-level d'égocentrisme !

 

-- Avant de conclure, et parce qu'il faut le voir pour le croire, je vous présente une cover à l'accordéon du magique Kaze Ni Nare, le thème musical de Minoru Suzuki ... On a rien fait de mieux !

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition mai 2018

En avril, ne perd pas le fil et en mai, fais ce qui te plaît ...* : challenger déméritant, n'hésite pas à défier l'invincible champion ; et champion, lance-toi même un challenge. En effet, en ce mois de mai plus orageux que printanier ici en France, plusieurs rivalités anciennes se sont renouer parfois de manière surprenante. Mais que ce soit à la NJPW ou à la wXw, le phénomène nous a offert d'excellents matches.

* ... ou offres-toi une tournée ! Entre le SSS16 de la PROGRESS et le BOSJ de la New-Japan, les tounois concluent en beauté cette sélection mensuelle et cette première saison de What I Liked This Month !

A cette occasion, une chronique hors-série remplie de statistiques, de tableaux et de graphiques fera très prochainement le bilan, le plus objectif et scientifique possible, des meilleurs performers et promotions selon #WILTM !

#WILTM - La sélection des matches du mois d'avril 2018

Will Ospreay © vs. KUSHIDA – IWGP Junior Heavyweight Championship Match (NJPW Wrestling Dontaku 2018 – Day 2 – 04/05/18 – Fukuoka, Japon)

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/04/8_5-2.jpg Pour sa troisième défense de titre, Will Ospreay se retrouvait à nouveau face à l'un de ses grands rivaux après avoir enfin brisé sa malédiction face à son compatriote ennemi juré, Marty Scurll. Mais cette fois-ci, il avait lui-même choisi son challenger, voulant montrer qu'il était bien le nouvel "Ace" de la division et se prouver qu'il pouvait battre KUSHIDA à nouveau. Que son score d'une victoire et quatre défaites contre ce dernier n'était pas juste due la chance.

Will Ospreay, encore meurtri de son match face à Scurll, a eu du mal à prendre le dessus sur un KUSHIDA toujours impeccable en technique. Ce dernier n'a cessé de travailler son bras et son épaule tout le long du match, saisissant chaque opportunité sans pitié (même si Ospreay a, semble-t-il, très vite oublié l'effet de cette torture en fin de match .... #selling). Malgré les ressorts habituels des deux hommes, ils ont encore sû trouver esemble le moyen d'innover pendant ce match : KUSHIDA a même sorti un Dragonrana ! Prise qu'il n'avait jamais encore sorti à ma connaissance. 'The SkyKing' est d'ailleurs retombé durement sur la tête pendant le match quand KUSHIDA lui a planté la tête sur le ring avec un Jumping DDT. Si le britannique veut encore continué de catcher, il va vraiment falloir qu'il ralentisse le rythme et diminue les risques pris ... même si la qualité de ses matches doit en pâtir !

Kazuchika Okada © vs. Hiroshi Tanahashi – IWGP Heavyweight Championship Match (NJPW Wrestling Dontaku 2018 – Day 2 – 04/05/18 – Fukuoka, Japon)

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/04/9_9-2.jpg V12 : le record de douze défenses de titre consécutives dans un même règne était l'un des seuls records restants encore à battre à la NJPW pour 'The Rainmaker'. Pour dire, le seul autre record qu'il n'a pas encore battu est celui du record du nombre de règnes de champion poids-lourd IWGP. L'actuel record est toujours tenu justement, avec 7 fois championnats remportés, par son grand rival Hiroshi Tanahashi. Il n'était cependant pas question de ce record-là ici, mais bien évidemment du premier cité, jusque là détenu par 'The Ace' - V11 - avant qu'Okada ne l'interrompt sur sa route en janvier 2012. Alors quoi de plus normal que ce soit Tana' qui tente de lui rendre la pareille et l'empêcher d'établir lui-même un nouveau record ... et par la même, redevenir le roi incontesté de la New-Japan.

Depuis leur dernier affrontement achevé en un Time-Limit Draw, les deux hommes ont eu deux chemins bien distincts. Alors qu'Okada se mettait enfin à régner en seul maître des lieux, Tanahashi commençait à rétrograder dans la hiérarchie. S'il ne restait jamais loin du Main-Event ou du titre Inter-Continental, il n'arrivait plus à remonter aux hauteurs du IWGP Heavyweight Championship. Et comme on dit, à grands enjeux et à longue histoire, grand match !

'The Once In A Century Talent' a d'ailleurs eu très vite beaucoup de mal à s'opposer à un Okada devenu aujourd'hui inarrêtable et désormais à son apogée physiquement et techniquement. Tanahashi est arrivé néanmoins à trouver des réponses face au champion, sortant même des contres encore jamais vu dans leurs précédents face-à-faces : lorsqu'il s'est accroché au corde après avoir subi le traditionnel Dropkick d'Okada depuis le coin, ou bien quand il a retourné le Tombstone Piledriver contre son porteur habituel ... et Tana' a même réussi à se libérer de l'étreinte d'Okada après un Rainmaker, accomplissant ce que personne n'avait encore réussi à faire ! C'était un vrai point fort de ce match, démontrant encore une fois que ces deux rivaux ont su sans cesse réinventer leur série de matches, les uns après les autres, même avec plusieurs années d'écart. La fin de match était également nouvelle et assez sortie de nulle part, avec un Rainmaker surprise. Kazuchika Okada a en effet battu son plus grand rival littéralement de nulle part, saisissant encore la marque de fabrique de cette "feud" - l'erreur de Tanahashi de toujours le sous-estimer.

Ces deux géants du ring ont eu de bien meilleurs matches, avouons-le, mais celui-ci reste un excellent chapitre dans l'une des plus grandes rivalités de l'histoire du catch. Et, de toute évidence, Tanahashi devra battre quelqu'un d'autre (si jamais la ceinture trouve un autre porteur !) s'il veut avoir son "One Last Run".

12 défenses, 12 tombés, 12 victoires pour l'actuel et incontesté 'Ace' de la NJPW ! Mais de tous ses succès, il lui reste une tache de trop à effacer de son tableau parfait - son Time-Limit Draw face à Kenny Omega à DOMINION 2017 - et une tâche de plus à surmonter - vaincre une nouvelle fois la 'Best Bout Machine' et atomiser une dernière fois tous les doutes. Quoi de mieux, en plus, que de programmer ce nouveau match dans la même arène et au même show ? En faire un No Time-Limit - 2 out of 3 Falls Match ! Je ne suis personnellement pas du tout prêt pour ce combat qui s'annonce titanesque, et je me doute que vous ne l'êtes pas non plus !

Ilja Dragunov © vs. WALTER – wXw Unified World Championship Match (wXw Superstars Of Wrestling – 05/05/18 – Oberhausen, Allemagne)

https://i2.wp.com/www.rearviewreviews.com/wp-content/uploads/2018/05/Superarmbar.png?w=850&ssl=1 Et voici encore le nouveau chapitre d'une autre rivalité intense entre deux guerriers du ring, après un combat teinté de controverse. Face à la détermination sans faille du jeune et vaillant Russe, l'Autrichien avait en effet développé un sentiment de frustration inhabituel de sa part, en proie au doute face à l'absence notoire de point faible du champion.

Cette rencontre était sans doute leur plus créative en termes de rythme et de dynamique. Les précédentes se concentraient principalement sur les Chops que WALTER assénait à Ilja Dragunov, et à la résistance de ce derniern, mais celle-ci n'en comportait que très peu. Une dynamique décidément rafraîchissante dans un match de WALTER, qui s'est spécialisé dans l'oblitération du torses de ses adversaires à chaque match et qui domine très vite ses combats. Le géant autrichien s'est en effet fait dominé en début de match après avoir encore heurté sa main contre le poteau du ring. Se voyant privé de l'utilisation de son bras pour les Chops, il a dû trouver un autre moyen de blesser le Russe. Il s'est ainsi brutalement focalisé sur sa tête, histoire de le priver de son finisher, la Torpedo Moscow. Et la nouveauté s'est ressentie jusqu'en fin de match ou l'un et l'autre se sont volés leurs prises signatures ! Encore une fois, un bon renouvellement malgré la répétition de la situation qui a rendu leur nouvelle rencontre aussi bonne sinon meilleure que leurs précédentes et valorisant d'autant plus la qualité de leur rivalité.

Kassius Ohno vs. Tyler Bate – SSS16 Quarter Finals Match (PROGRESS Super Strong-Style 16 Tournament 2018 – Day 2 – 06/05/18 – Haringey, Londres, Angleterre)

 Résultat de recherche d'images pour "tyler bate vs kassius ohno"C'était l'un des matchs possibles de ce SSS16 les plus prometteur sur le papier, et comme il se trouve ici, il a évidemment délivré. Le prodige Tyler Bate qui affronte ici un vétéran qu'on ne présente plus, qui a presque autant d'années d'expériences dans les ring que son adversaire a d'année d'expérience dans la vie. Un sacré challenge s'opposait donc. 

Bate aura dû résister au très dur coup d'Ohno, bien décidé a lui apprendre ce que c'est d'affronter le Knockout Artist. En le « Stiffant » bien comme il faut. Bien que ce n'était pas leur premier match, et depuis leur dernier match Bate a bien changé, il est passé de futur grande star, à l'une des grande star du Royaume-Uni. Mais il a fallu bien plus que ça pour terrasser l'un des plus grands catcheur indépendant. Bate devant puisé dans ses ressources herculéennes et nous montrant encore que ce qu'il fait pour son âge est titanesque. Soulevant le bien plus massif et grand Ohno et l'emportant dans un Airplane Spin pour finir sur un UFO – une prise bien connue de Ohno – et finissant ensuite sur un Tyler Driver '97 colossale.

Seth Rollins © vs. The Miz – WWE Inter-Continental Championship Match (WWE Backlash 2018 – 06/05/18 – Newark, New-Jersey, Etats-Unis)

https://www.wwe.com/f//2018/05/20180506_backlash_rollinsmiz--564e4356e8caf67c55315126c7e23c5c.jpg Un excellent "opener" qui aurait très bien pu faire office de Main-Event vu sa qualité, et étant donné le véritable Main-Event de la soirée, ça aurait été préférable !

On ne peut nier aujourd'hui le talent du Miz, malgré le fait qu'il ne fasse pas partie de l'élite in-ring, en observant tout le travail qu'il a fourni pour redonner du prestige à ce titre Inter-Continental. Ce championnat est à présent sans aucun doute le mieux "booké" dans le "main roster". De plus, le 'A-Lister' a ici vraiment produit l'un de ses meilleurs matches, non sans l'aide éviemment d'un grand Seth Rollins sur-boosté depuis cet excellent Gauntlet Match pré-WrestleMania 34 à RAW.

The Miz a pourtant eu bien du mal au début de la rencontre, tant Rollins se chargait de lui sans difficulté, exécutant au passage un magnifique High-Fly Flow/Five-Star Frog Splash, comme il sait bien les faire. Si le rythme était déjà bien vif en début de match, le combat est passé à la vitesse supérieure quand Rollins heurta son genou et Miz l'enferma dans une Figure-4 Leglock. Le match a alors gagné en "drama", les spectateurs doutant de la victoire du champion. Mais même deux Skull Crushing Finale n'ont pas suffi à achever 'Monday Night Rollins', finalement vainqueur d'un match de haute volée pour le main-roster !

ACH vs. Flip Gordon – Best of The Super Juniors Block A Match (NJPW 25th Best of The Super Juniors Tournament – Day 1 – 18/05/18 – Tokyo, Japon)​

Résultat de recherche d'images pour "ach vs flip gordon njpw bosj"Après des débuts à la New-Japan en vérité assez bof, Flip Gordon s'est bien rattrapé au cours du Best of Super Juniors Tournament à commencer par ce match. Surtout, il a vraiment réussi à gagner le public exigeant du Korakuen Hall avec tous ses Flips - notamment ce Double Springboard Tope à l'extérieur absolument dingue - et sa bon humeur. Il faut dire aussi que son Crossbody depuis le haut des escaliers de la salle a bien aidé !

Mais son adversaire n'est pas sans mérite dans ce match non plus ! Ce bon ACH, trop souvent oublié en ce moment après son départ de l'EVOLVE, a livré encore une fois une "SUUUUUPER" performance et a montré toute l'étendue de son talent, à la fois innovateur et dynamique. A noter, d'ailleurs, son impressionnante Deadlift German Suplex à un bras - quand même ! Ce match très rythmé, en ouverture du plus grand tournoi de "high-flyers" du monde, a a permis de montrer ce dont les deux hommes sont capables !

Dragon Lee vs. SHO – Best of The Super Juniors Block B Match (NJPW 25th Best of The Super Juniors Tournament – Day 2 – 19/05/18 – Tokyo, Japon)​

Résultat de recherche d'images pour "dragon lee vs sho njpw bosj"Mais s'il y a un match à retenir de ce début de BOSJ Tournament, c'est clairement celui-ci. Non seulement l'un des meilleurs matches du tournoi, il a aussi laissé cours à un niveau d'intense incroyable. Pour preuve, Dragon Lee et SHO ont commencé par s'échanger des coups d'avant-bras à plusieurs reprises, aussi bien dans le ring qu'à l'extérieur, ou bien même assis sur le coin. Notons aussi le très bon travail technique effectué sur le bras de l'un et de l'autre, avec d'excellents Armbars.

La moitié blonde de Roppongi 3K a justement eu l'occasion de faire valoir son entraînement en lutte amateur et MMA, qu'il a pratiqué lors de son excursion. Avant que les anciens Tempura Boys partent tous deux en excursion j'avoue avoir été davantage fan de YOH, plus sympa à suivre sur le ring. Mais depuis qu'ils sont revenus à la NJPW, je trouve que SHO s'est bien plus amélioré que son partenaire et montre déjà bien plus d'intensité et de feu - une caractéristique très importante chez un catcheur au Japon. Pour son premier match en solo depuis un très long moment, SHO a très clairement fait forte impression et a déjà montré le potentiel qu'il pourra avoir dans quelques années en solo.

Review Press #6 : La sélection mensuelle d'articles catch à lire

Mcmahon ligerUn YouTubeur français reconnu se met au catch, la NJPW est diffusée en France via J-One et All In se remplit en moins de 30 minutes ? Mais dans quelle "planète-catch" vit-on ?! C'est sans doute un cliché de vieux fan de catch pour ma part, mais tout va si vite aujourd'hui et il est parfois difficile d'anticiper l'évolution des choses ... D'où l'importance, très humblement selon moi, d'offrir une vitrine (même très loin d'être exhaustive) sur l'actualité du catch dans les médias anglophones et francophones.

WWE

-- En écho à la magnifique photo en noir et blanc ci-contre, on commence ce mois-ci avec un article édifiant sur le catch des années 1970 et la politique interne jadis ... ou plutôt les mafieuseries. Ecrit par un homme de l'ombre de l'époque, improvisé historien, pour le site de Dave Meltzer F4WOnline suite à la mort de Bruno Sammartino, ce retour en arrière extêmement complet raconte l'histoire derrière le "dream match" oublié, opposant le champion NWA Harley Race et le champion WWWF Bruno Sammartino.

 

-- Il y a plusieurs semaines, sur The Alt, Ludovic H. sentait que le "booking" de Roman Reigns s'améliorait mais comme on l'a vu par la suite, ce changement n'a pas fait long feu. La preuve avec Les Cahiers du Catch signant "la fin de l'empire Roman" ... A voir si Vince McMahon a vraiment abandonné le bébé ... ou, avec l'âge, oubliera-t-il qu'il avait changé d'avis pour re-changé d'avis ...

 

-- Ce même Ludovic était aussi revenu sur le Greatest Royal Rumble, l'événement sans effort et sans saveur par excellence ... mais pas sans réussite. VoxCatch revient sur le contexte qui a provoqué l'organisation d'un tel événement et pourquoi la WWE n'en avait, réellement, rien à faire que le show soit de qualité, lançant indirectement un gros "f**k you !" à tous les abonnés du WWE Network.

NJPW

-- Zack Sabre Jr. a peut-être failli contre l'invincible Kazuchika Okada, mais il reste l'homme à surveiller dans les prochains mois et prochainnes années à la WWE. Un de nos alumnis, Florian de Catch Au Quotidien, l'a bien montré dans son dernier Portrait Indy, et Zacky lui-même n'en doutait pas dans son interview avec ESPN. Sera-t-il un futur champion poids-lourd de l'IWGP ? Si vous n'en êtes pas encore convaincu, cet article va vous en persuader !

 

-- En parlant de futur (proche, espérons-le), Kenny Omega a accepté un entretien avec Sports Illustrated pour promouvoir le show qu'il co-organise pour le festival de jeux-vidéo de combat CEO et la NJPW, When Worlds Collide 2018. Kenny Omega n'hésite jamais à parler de ses visions créatives sur le catch et en détailler les complexités ... ce qui fait de lui, sans doute, l'homme le plus ouvert d'esprit du monde du catch !

 

-- Certains l'oublient désormais entre le règne inébranlable de Kazuchika Okada et la "feud" omniprésente de Kenny Omega et Cody, mais il n'y a encore pas si longtemps, il n'y avait qu'un homme au sommet de la New-Japan, capable de l'emmener sur des hauteurs qu'elle grimpe aujourd'hui 3 par 3 : Hiroshi Tanahashi. Récemment, à l'occasion de Wrestling Dontaku 2018, 'The Ace' a réussi à le rappeler dans un excellent (dernier ?) match contre 'The Rainmaker'. Voices of Wrestling raconte toute l'étendue de l'histoire et l'importance de Tanahashi, et la désillusion de son personnage qu'il est encore "Da Man in Japan".

Ailleurs

-- Pierre Carl Ouellet, le papa d'une beauté nommée Maryse, est un ancien catcheur queébecois de la "New Generation Era". Il a récemment interrompu sa retraite pour combattre WALTER au GCW Joey Janela's Spring Break 2. Comme la GCW fait décidemment bien les choses pour promouvoir ses matches, les vidéos "d'entraînement" de PCO sont devenus rapidement virales et il jouit aujourd'hui d'une seconde vie sur le circuit indépendant. PWPonderings, site spécialisé sur le catch indépendant américain, l'explique en détail et l'illustre de réactions de fans et non-fans à tomber par terre sur Twitter !

 

-- 411Mania est davantage renommé pour ses previews et reviews (et par là, j'entends surtout celles du boss, Larry Csonka) mais m'éteonne quelque fois par certaines analyses moins traditionnelles. Néanmoins, ce mois-ci, c'est un article un peu hors-série qui a marqué mon attention, un retour sur les principales "inside jokes" partagés par les fans de catch les plus "smarts". De "I'm hardcore, I'll take 'em both !" à CENAWINSLOL, tous ces memes spécifiques à la culture catch incarnent en eux-mêmes l'histoire du catch telle qu'elle a été perçue par des générations de fans et telle qu'elle a été partagé entre les générations.

 

-- Pour finir sur un sujet beaucoup plus profond, philosophique et même physiologique, l'excellent JJ McGee de Spectacle of Excess a consacré son dernier article à la mécanique des fluides principaux du catch : la sueur, les larmes et le sang. Avec son style narratif typique, replaçant ses propres expériences de fan en perspective, son analyse est édifiante : ces fluides, générés accidentellement ou volontairement, participent aussi au réalisme du sport mais aussi des émotions - que ce soit celles induites chez le spectateur ou celles incarnées/jouées par le catcheur-acteur. C'est l'article de fond du mois à lire !

Les podcasts du mois

-- Une fois encore ce mois-ci, le podcast vulgarisateur How 2 Wrestling nous a proposé une émission de qualité et d'une densité remarquable ! Si l'objectif principal est ici de faire découvrir la Pro-Wrestling Guerrilla aux néophytes, le couple britannique se lance ici dans des débats d'une autre dimension : ils questionnent les décisions économiques de la PWG et si elle est si excellente que ça, s'attardent sur le "intergender wrestling" comme étant le futur du catch et vont même jusqu'à évoquer un "dream trio" entre Roman Reigns et les Young Bucks !

 

-- Cody Rhodes était ce mois-ci dans le viseur du Sniper de The Alt mais aussi au micro du toujours aussi divertissant duo Edge & Christian, dans le cadre de leur Pod of Awesomeness. Une interview effectuée à point nommé, puisque suivant tout juste le succès historique des ventes de All In, et parfois très émouvante :

Les vidéos du mois

-- Pour commencer, un peu de douceur, avec (pour ceux qui ne l'auraient pas vus) la bande-annonce du "No Holds Barred" de la NJPW, "My Dad Is A Heel Wrestler" avec Hiroshi Tanahashi, un père se sentant coupable d'incarner un méchant masqué au doux nom de "Cafard" :

 

-- C'est la news dans la sphère du catch français : LinksTheSun se lance officiellement sur le sujet du catch ! Le YouTubeur connu pour ses Points Cultures ou encore son émission d'analyse de films, 50/50, est un fan de catch de coeur (Catch Newz l'a bien montré dans son interview de l'intéressé) et veut désormais partager sa passion avec sa nouvelle chronique, STATCH. Le ton est très simple mais peut ainsi participer à l'agrandissement de la communauté des fans de catch français ... et pourquoi pas !

 

-- Enfin, pour rester dans l'Hexagone, un sympathique projet vient d'être "crowdfundé" à 107%. Princesse Suplex est un court-métrage s'inspirant de la BD éponyme et utilisant le catch pour illustrer les fantasmes d'une jeune femme rêveuse, employée de bureau la semaine et catcheuse le week-end. Un beau petit projet à soutenir, dont les premières prémisses de scénario sont déjà disponibles !

Le Billet du Sniper : Cody Rhodes, d’enfant prodige de la WWE à superstar indépendante

~ par Housni, le Sniper ~

Il y a deux ans - presque jour pour jour, le 21 mai 2016 – le compte Twitter officiel de Cody Rhodes annonçait la fin (abrupte et volontaire) de son contrat avec la WWE. Il y avait eu alors (comme souvent) deux genres de réactions au moment de cette annonce.

Pour certains, c’était LE gros scandale. Encore une fois, la WWE n’a pas utilisé un de ses talents correctement, parce qu’il avait du potentiel, parce qu’il y avait moyen d’en faire une star gneu, gneu, gneu... Ces mêmes personnes qui n’iront (bien entendu) pas suivre et soutenir le parcours du catcheur maltraité qu’ils aimaient tant. [NdE : C’est faux !] Et pour d’autres, ce départ était une manière de se souvenir que Cody existait (le Sniper ne vous cachera pas qu’il faisait partie de ces personnes là).

Mais une question pouvait toute de même intéresser tout ce beau monde : que pourrait devenir ce produit 100% « made in WWE » une fois dans le circuit indépendant américain ? Lui qui n’avait jamais dépassé la « mid-card » jusque là, qui n’a pas un palmarès débordant, qui n’a pas l’in-ring d’autres catcheurs s’étant essayés à l’expérience en dehors de Stamford tel Johnny Mundo, Drew Galloway ou Shelton Benjamin. Cody a tout de même certaines forces et un talent certain, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a réussi à les mettre à littéralement profit.

Chapitre 1 : Une arrivée remarquée

https://i.pinimg.com/originals/62/38/e8/6238e853354a86332bd5e41ff778b63d.jpg À peine deux semaines après l’annonce de son départ du Vinny Mac Comedy Club, Cody signe son premier match sur la scène indé, le 19 août 2016, face à un certain Zack Sabre Jr. pour le compte d’EVOLVE. Un premier pari pour le cadet des frères Rhodes, tout fraîchement dépossédé de son nom de famille (kayfabe) pour des raisons contractuelles. Pour la première fois, il se retrouve dans un environnement qui lui était jusque là inconnu, face à un style d’adversaire qu’il n’avait jusque là jamais eu la « chance » d’affronter, et face à un public face à qui il n’avait jamais eu l’habitude de catcher.

Qui plus est, chose très importante avant d’arriver à ce premier match, Cody est alors très actif sur les réseaux sociaux. Un bon point pour que les gens ne l’oublient pas (coucou Neville/PAC !), et surtout pour montrer que pour son nouveau parcours hors WWE, Cody sera complètement « lui-même ». Sans maquillage et costume grotesques, sans masque, sans mentor ou sans parent pour lui faire de l’ombre.

C’est donc le 19 août à Baltimore, dans le Maryland (ville natale du légendaire James Ellsworth), que l’ex-Stardust (oh, au point où le 4ème mur en est hein...) fait ses débuts hors d’un ring estampillé WWE. A l’instar de Jay White (dont Le Sniper vous parlait dernièrement), les bases sont excellentes chez Cody. Alors qu’il débarquait encore sans sa femme, sans sa teinture blonde, sans le logo Bullet Club et sans ses amis les Young Bucks, Cody dégageait déjà un sacré quelque chose. Un thème musical exceptionnel (préparé par Downstait avant même son départ de Stamford), une étiquette « ex-WWE » encore toute fraîche, un très bon physique, et un nom de famille qui n’est pas du tout passé inaperçu dans l’histoire du catch américain : sur la forme, tout est poil avec Cody. Et ce n’est pas un hasard si son parcours indépendant a si bien commencé.

Ce soir-là, à Baltimore, il bat Zack Sabre Jr. - son inverse total - et de là, c’est l’autoroute de la gloire pour Cody : EVOLVE, Global-Force, North-Eastern Wrestling, WCPW, ROH et même un passage à la PWG et son sympatoche BOLA ! En été et automne 2016, Cody était au circuit indy ce que Cyril Hanouna est à C8, si tu ne veux pas voir sa gueule, autant zapper !

Mais le meilleur était encore à venir pour Cody … un certain 10 décembre 2016.

Chapitre 2 : Welcome to Japan … now, Shot ‘Em !

https://img.wennermedia.com/article-leads-horizontal/rs-cody-rhodes-7714b8ae-76e3-4988-9f1d-aa8419f38da0.jpg À la NJPW, les deux derniers mois de l’année sont un peu équivalents aux douze premiers mois à la WWE : ils sont vides. Une fois toutes les grosses affiches pour WrestleKingdom connues, le G1 Climax et Power Struggle passés, c’est le calme avant la tempête en attendant impatiemment le 4 janvier. Mais un petit tournoi occupe tout de même cette partie du calendrier pour la NJPW, la World Tag League. C’est lors de ce tournoi que le tremblement de terre a lieu. Superbe vidéo promo’ à l’appui, le message passe clairement : Cody fera officiellement ses débuts à la NJPW, au Tokyo Dome, le 4 janvier et rejoint officiellement le Bullet Club. #PourriGâté

Le Bullet Club, ce clan qui a fait sa légende grâce à des noms tels que Prince Devitt, Karl Anderson, AJ Styles, Kenny Omega, mais aussi Jeff Jarrett, Cody Hall, l’ex-Captain New-Japan - donc très certainement le clan le moins élitiste du monde. Mais bon, c’est comme la bande de potes la plus cool de l’école, la nouvelle nWo, c’est toujours bien de dire que tu en fais partie.

Le 4 janvier arrivé, Cody débarque au Japon avec son tout nouveau surnom ‘The American Nightmare’, en référence contrastée à son père, le légendaire ‘American Dream’, et se retrouve face à un autre ancien raté de Stamford, Juice Robinson. Le match fut… un match de Cody. Autrement dit, ça a existé, merci, au revoir. Une première impression fadasse qu’il va, heureusement, réussir à faire oublier les mois suivants d’une toute autre façon.

Entre temps, Cody passe par Impact Wrestling, où il embarque sa femme Brandi qui, magnifique comme elle est, embellit encore un peu plus le « produit » Cody Rhodes (Miz & Maryse, prenez-en de la graine !).

Chapitre 3 : Being The Elite To Be A (True) Superstar

https://cdn.newsapi.com.au/image/v1/fcee8f49c031c5a4eb328e2d146a99ce Au moment de son arrivée sur le circuit indépendant, un duo monopolisait déjà pas mal le terrain, sur les rings et en dehors. Les frères Nick et Matt Jackson, les Young Bucks, certainement la plus grande équipe de la décennie et sans aucun doute la plus intelligente niveau business. Durant leur carrière, ils ont su parfaitement bien s’entourer aux côtés de Prince Devitt, AJ Styles, Kevin Steen, Roderick Strong, Kenny Omega et plus brièvement Adam Cole, et nul doute que l’autre « poids-lourd » actuel du circuit devait s’attirer leurs faveurs pour réussir.

Dans le même clan depuis peu, Cody et les Young Bucks font naturellement la paire (ou plutôt, le trio) à la Ring of Honor, puis à la New-Japan Pro-Wrestling, avant de forger une alchimie qu’ils emmèneront jusqu’à leur web-série à succès : Being The Elite. Cette émission est tout l’inverse de ce que le public américain peut retrouver devant sa télévision sur USA Network tous les lundis et mardis soirs : drôle, « vrai », intéressant et passionnant. Chacun incarne ce qu’il est : Cody est l’enfant terrible, trop gâté et capricieux, les Bucks, les « self-made brothers » trop « busy » du milieu, mais proches de leurs fans et toujours en quête de défis, sans oublier Kenny Omega, Hangman Page ou encore Marty Scurll, autres acteurs majeurs de la série. Et bien sûr, avec tout ce beau monde en quête de gloire, il faut bien que quelque chose se casse…

Chapitre 4 : Cody vs. Kenny, deux égos s’entrechoquent

https://411mania.com/wp-content/uploads/2017/07/Cody-Rhodes-Kenny-Omega-NJPW-G1-645x370.jpg Le 11 juin 2017, la NJPW tient au Osaka Jo-Hall son deuxième plus gros show de l’année, DOMINION. Cody, qui est un des nouveaux projets de Gedo, est bien évidemment de la partie, en « undercard » face à Michael Elgin. Kenny Omega, le leader en date du Bullet Club, est lui dans le Main-Event face au diamant Kazuchika Okada. Comme on dit « deux salles, deux ambiances », il y avait de quoi être jaloux, mon pote.

Alors que Cody défait Elgin dans un match… bon, un match de Cody quoi. Kenny Omega, lui, se retrouve dans un des meilleurs matchs de l’histoire du catch (et le préféré du Sniper !). Alors qu’Omega ne semble pas réussir à se débarrasser d’Okada, comme toi, tu n’arrives pas à te débarrasser de cette tâche faite accidentellement sur ta veste blanche, Cody déboule en plein match, accompagné du reste du Bullet Club, pour jeter l’éponge (ou plutôt la serviette, pour les anglophones) et donc déclarer forfait pour le compte d’Omega … avant d’être interrompu par ce dernier, en furie totale.

Et si Cody avait fait ça simplement pour « protéger » Omega ? Pour qu’il arrive quelques semaines à Long Beach, pour les G1 Special in USA en pleine forme, et par la même occasion, avouer à Kazuchika Okada qu’il est vraiment le plus fort ? Rien du tout ! C’était surtout un prétexte pour Cody de s’assurer que Kenny Omega ne prenne pas la ceinture, afin de se signer un « title shot » contre Okada aux États-Unis à Long Beach, pour le retour de la NJPW sur le sol américain… Pas folle la bêt… la break !

Qui plus est, entre temps, Cody ravit la ceinture mondiale de la ROH des mains du vétéran Christopher Daniels et devient le premier de sa légendaire famille à remporter cette ceinture incontournable du circuit américain.

Ainsi, lors du G1 Special in USA, Cody est pour la première fois en tête d’affiche d’un évènement de la NJPW. Il perd son match face au ‘Rainmaker’, mais les dissensions avec Kenny Omega continuent, après qu’il lui ait renvoyé la pareille, tentant d’interrompre le match. L’après-match dans les coulisses, ainsi que les prochaines semaines dans Being The Elite et dans les programmes de la NJPW et de la ROH continuent de faire avancer cette rivalité qui culmine lors du WrestleMania Week-End, plus précisément le 7 avril 2018, pour l’historique (mais pas vraiment pour sa qualité) Supercard of Honor XII qui permet à la promotion de battre son record d’affluence. Cody vs. Kenny : it’s not about Bullet Club, it’s not about power, it’s about money !

Chapitre 5 : La première bataille, avant de faire tapis ?

Cody vs kenny street fighterRemarquez qu’entre son départ de Stamford et ce match - qui est sans doute le combat le plus important de la carrière de Cody jusque là - il y a eu une très grosse évolution et avec elle, l’acquisition d’une nouvelle aura. Que ce soit dans son apparence, avec cette superbe teinture blonde qui lui donne plus que jamais une allure de star (en bonne émulation des Ric Flair, Freddie Blassie, Buddy Rogers et autres … Dusty Rhodes). Que ce soit ses excellentes promos ou son duo avec Brandi parfaitement raccord. Niveau in-ring, cependant… c’est toujours pas ça. Aucun match de référence avec pourtant, une palette d’adversaires très impressionnante : Kurt Angle, Chris Hero, Michael Elgin, Juice Robinson, Jay Lethal, Marty Scurll, Christopher Daniels, Kazuchika Okada, Kota Ibushi, etc. Mais Kenny Omega, avec une « feud » digne de ce nom, pourrait bien être ce premier match mémorable pour Cody.

Le 7 avril 2018, pour Supercard of Honor XII, Cody bat Kenny Omega dans le « semi-Main-Event » suite à une intervention ratée des Young Bucks. Le match fut, pour certains, le meilleur de la carrière de Cody, mais pour d’autres, le Sniper inclus, il manque toujours ce je-ne-sais-quoi pour être (RÉELLEMENT) digne d’un « classic match » comme ont pu en produire, à la pelle, certains de ses anciens adversaires.

Son match pour le championnat poids-lourd IWGP contre Okada et cet épisode de 9 mois contre Kenny Omega qui n’a même pas donné un si beau bébé que ça, ne sont pas les deux seules grosses activités de Cody depuis son départ de la WWE. Cet autre bon point est certainement un mini (pour faire bien et ne pas dire très gros) clin d’œil à l’enfer dans le quel il était à Stamford.

Le 16 mai 2017, le critique le plus controversé du net, Dave Meltzer et son mental d’acier répond à une série de questions quotidiennes surhumaines où se retrouvent souvent des œuvres de génies incompris. L’une d’entres elles marquera l’histoire : remplir une arène d’au moins 10.000 personnes, avec quelques mois de promo, et sans l’aide de grosses promotions.

A LIRE : "All In", révolution en vue ou simple OVNI ?

Chapitre 6 : ALL IN, ultime défi ou début d’une nouvelle ère ?

http://cdn.sescoops.com/wp-content/uploads/2018/05/cody-presser-696x392.jpg Quelques mois après ce fameux tweet, Cody et les frères Nick et Matt Jackson officialisent l’organisation d’un tel show sur les réseaux sociaux : il aura lieu le 1er septembre 2018 à Chicago. Comme vous le savez, le gratin du monde du catch y est déjà convié. Entre l’intégralité de The Elite, Kazuchika Okada, Rey Mysterio ou même le légendaire championnat du monde poids-lourd de la NWA (est-ce toujours réellement le cas ?), c’est un casting et une démarche qui transcendera les fans du monde entier. Cerise sur le gâteau, le trio va même jusqu’à faire cracher le site d’achat en ligne des billets et remplir le Sears Center Arena en l’espace de 30 minutes. Une première depuis plus de 20 ans sur le sol américain, sans le logo de la « vévéheu » collé quelque part.

"Force est de constater qu’en 2018, le catch hors WWE a pris une nouvelle tournure."

La Ring Of Honor qui bat son record d’affluence et qui ne s’est jamais aussi bien porté économiquement. Le Bullet Club qui ne cesse de cartonner en merchandising à un niveau presque inattendu. La New-Japan qui s’offre un WrestleKingdom en or massif cette année et qui remplit ses trois dates aux Etats-Unis en l’espace de quelques jusqu’à en prévoir officiellement une quatrième dans une plus grosse salle en juillet. Sans oublier le projet ALL IN qui est - jusque là - un énorme carton en plus d’être une première historique… Qu’on ne l’aime ou non, qu’il soit bon ou non, qu’il soit atteint d’une Baronne Corbinite Aigüe ou non, Cody est fortement lié à tous ces grands évènements et changements que le catch vit et a vécu ces dernières années.

Alors, est-ce que son nom et son charisme lui suffiront pour continuer de la plus belle manière sa carrière et élever la scène hors-WWE sans passer par de gros efforts in-ring ? Pourra-t-il repasser par un règne de champion de la ROH malgré la petite déception (in-ring) que fut le premier ? Ou bien est-ce que Cody et Dalton Castle continueront encore longtemps à foutre des infarctus à Samoa Joe, Takeshi Morishima, Nigel McGuinness ou Bryan Danielson ? La question reste en suspens, l’affaire reste à suivre … et le Sniper le garde dans son viseur !

"All In", révolution en vue ou simple OVNI ?

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Ce dimanche 13 mai 2018, au siège de Pro-Wrestling Tees à Chicago, la bande de joyeux drills de Being The Elite a tenu sa première conférence de presse pour All In. Toute en spectacle, la séance s’est faite devant des fans et médias déjà acquis à la cause de Cody Rhodes et les Young Bucks et n’a donné que très peu d’annonces supplémentaires sur le show du 1er septembre : la participation d’une nouvelle star, Rey Mysterio Jr., et un match de championnat du monde poids-lourd NWA pour Cody (nicely done, Billy !). Mais le véritable objectif derrière cette conférence était de marteler une dernière fois (non, pas #FTRR, pour les retardataires au fond à gauche dans le coin sombre) le lancement de la billetterie, les heures suivantes.

Le défi n’était pas de faire de la communication marketing efficace (et cela, les Young Bucks et Cody Rhodes savaient déjà bien le faire avant même de se rencontrer). Le défi n’était pas d’organiser un show (Nick & Matt en avaient l'habitude à Reseda). Le défi était de dépasser la barre des 10.000 billets vendus pour un show de catch complètement indépendant, où Cody et les Bucks investiraient même leurs salaires s’il le fallait (d’où l’expression retenue pour « All In »). Ce défi a non seulement été relevé, il a été explosé ! Les 10.000 et quelques tickets mises en vente pour la soirée au Sears Centre de Chicago (le jour de la fête du travail américaine, bien choisi) ont tous été vendus en moins de 30 minutes ! Littéralement, comme l’ont souligné tous les médias de catch hier et aujourd’hui, du jamais vu aux Etats-Unis depuis (même pas la mort mais) la chute de la WCW à la fin des années 1990.

Une "blague", un "défi impossible" ... un bon angle de "crowdfunding" en somme ?

Le pari initial avait été lancé au célèbre journaliste et critique, Dave Meltzer, par Cody lui-même sur Twitter il y a tout juste un an. Meltzer affirmait alors, en réponse à un fan, que la Ring of Honor n’arriverait jamais dans un avenir proche à remplir une salle de plus de 10.000 personnes. Le fils du « fils d’un plombier » avait rétorqué qu’avec son nom et celui des frères Jackson à l’affiche, il ne leur suffirait que de trois mois de promotion (un détail du défi dont personne n’a souvenir d’ailleurs …) pour lui donner tort. Dès lors, la campagne de communication s’était mise en marche : Being The Elite est passé de simple vlog ou « road diairies » des Young Bucks et Kenny Omega à une véritable web-série influençant sur des « storylines » majeures de la ROH et NJPW, un compte Twitter @ALL_IN_2018 s’est ouvert en décembre 2017 annonçant des noms, date et lieu au compte-goutte, un partenariat commercial avec Pro-Wrestling Tees s’est signé et une véritable convention, STARRCAST (avec un certain 'Best In The World' au casting), s’est organisé autour.

Being The Elite, le show devenu plateforme de promotion d'All In, a-t-il désormais une raison d'exister ?

Aujourd’hui, le « club » de Cody & Cie est, comme on dit dans le jargon, plus qu’« over ». En 2018, il est de près ou de loin à l’origine de l’événement le plus fréquenté de l’histoire de la ROH (plus de 6.000 fans ont préféré son Supercard of Honor XII à NXT TakeOver : New Orleans), du succès similaire de NJPW Strong-Style Evolved et du prochain G1 Special in San Francisco au beaucoup plus imposant Cow Palace (et ce n’est pas un hasard, puisque c’est l’une des salles favorites de Cody Rhodes) – sans oublier CEOxNew-Japan, le show co-organisé par Kenny Omega. Contrairement au catch indépendant britannique par exemple, ou deux-trois promotions se partagent ce marché nouvellement grandissant, les parts du circuit indy américain que cette bande ne touche pas de leur "Midas touch" ne font que vivre ou survivre à côté (autrement dit, la Ring of Honor ne serait actuellement peut-être pas grand-chose sans elle).

A LIRE : Comment le catch raconte une histoire en 2018

Le succès (commercial) aussi soudain et fracassant d’All In est aussi bien leur victoire que celle des fans eux-mêmes … ou pas ? Ce show auto-financé, le plus « alternatif » qui soit, est la preuve que des catcheurs non-WWE (ou presque, dans le cas de Cody) assez populaires, au sens aigu de la communication et du marketing, sont capables sans l’aide d’aucune structure ou agent (« P-W-G ! P-W-G !») de fédérer une véritable communauté autour d’eux et de la transformer en une clientèle fidèle et vorace – à condition de leur offrir, a priori, exactement ce qu’ils attendent en retour. Car pour ce show du 1er septembre déjà « sold out », Cody & The Bucks n’ont même plus besoin de rester « all in » puisque quoi qu’il arrive, s’ils se débrouillent assez bien tout en faisant le minimum d’efforts, les 10.000 et quelques fans qui ont leur ticket seront là et achèteront t-shirts et goodies au passage. De ce point de vue, seuls les prochains mois nous diront si le trio visionnaire ne va pas tomber dans les mêmes travers que Stamford (même si, personnellement, j’en doute). Autre doute : le show sera-t-il, à l’image de son idée folle, aussi révolutionnaire en termes de qualité in-ring et narrative ? Là encore, nous ne le serons que le soir même du 1er septembre prochain.

Le jamais vu, jamais fait et historique ne fait pas tout ...

Qu’en est-il de sa signification pour le « futur de la profession » ? La plupart des médias et spécialistes tiennent à souligner uniquement l’accomplissement de ce week-end en lui-même pour d’ores et déjà prédire un impact historique hypothétique sur l’industrie toute entière. Pourtant, ce show « anti-establishment », arrivé au bon moment et surfant sur la bonne vague, va-t-il vraiment changer le monde du catch comme l’a fait l’ECW de Paul Heyman ou la WWF des années 1980 avant lui ? Peut-être, mais pas forcément 100% en bien.

Du point de vue des catcheurs, l’influence d’All In et de ce qui suivra immédiatement après pourrait être aussi positive que négative. D’un côté, un tel succès donnera un argument de pression pour relancer sérieusement le débat autour de la formation d’un syndicat (ou « union » en anglais), après avoir prouvé le fait que des catcheurs n’avaient besoin d’aucune organisation derrière eux pour faire ce qu’ils entendaient. De l’autre, organiser un événement et en prendre les responsabilités administratives, juridiques et financières n’est pas à la portée de tous. Des structures comme la WWE ou la NJPW ont des mauvais côtés (plus chez une que chez l’autre, évidemment) mais elles ont pour elle un ensemble de garanties de protection médicale et juridique de leurs talents. Et même d’un point de vue créatif, si un personnage ou une « storyline » ne marche pas auprès du public, les critiques retombent sur la direction et l’équipe créative, rarement le catcheur lui-même. Seul face à son public, le droit à l’erreur devient très vite limité.

Quant aux promoteurs d’ailleurs, ce modèle volontairement « chaotique » et auto-entrepreunarial les poussera peut-être à donner davantage de pouvoirs créatifs et de liberté, en général, à leurs talents. D’un autre côté, cela peut les amener à négliger des postes clés dans l’organisation d’un show de catch : adieu « bookers », « agents » et scénaristes. Qui a dit que le monde du catch avait besoin d’un Gabe Sapolsky, d’un Chris Kreski ou … d’un Dusty Rhodes ? (Et ne parlez pas à Cody de Vince Russo !) Qui a dit qu’un programme purement scénaristique tel Lucha Underground avait vraiment lieu d’être ? Et qui a dit, encore une fois, qu’on avait besoin de « booker » la carte d’un show de A à Z pour le vendre ? Que serait la monstrueuse ascension de la NJPW en 2018 sans une organisation solide, une direction déterminée et avisée et une équipe créative efficace ?

Pour l’instant, All In (l’un des rares shows sans promotion organisatrice … de puis Heroes of Wrestling) est un ovni et non l'écriture d'une nouvelle page de l’histoire du catch. Et seul l’avenir conclura sur la positivité de son influence … mais en attendant, j’en connais trois qui se baignent dans des milliers de billets verts bien mérités (Matt Hardy style !) et de tout cela n'en ont strictement rien à foutre !

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition avril 2018

La période de fin mars-début avril est toujours très importante dans le monde du catch, grâce évidemment au WrestleMania Week-End et ses retombées les semaines suivantes. De plus en plus chargé chaque année, il nous a offert cette année une ribambelle de shows en tout genre, des plus classiques "supershows" à des conceptsplus "WTF-esques". Mais surtout - et c'est ce qui intéresse votre serviteur - une qualité in-ring général de haut niveau !

Néanmoins, il n'y avait pas que le 'Mania Week-End qui nous a fourni de supers matches ce mois-ci : la NJPW, l'AJPW ou même les Sendai Girls ont fait sentir leur présence aussi pour terminer ce mois d'avril 2018 fantastique.

Will Ospreay © vs. Marty Scurll – IWGP Junior Heavyweight Championship Match (NJPW Sakura Genesis 2018 – 01/04/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "will ospreay vs marty scurll njpw sakura genesis"Quand j'ai vu l'annonce de ce match, je me suis juste di : « encore ? ». Ospreay et Scurll n'ont jamais de mauvais matches ensemble mais à force leur série de matches devient un peu répétitive. Malgré tout, même le fait que cet opus a été "booké" à la va-vite, il y avait tout de même une histoire pour capter notre attention : Ospreay n'a jamais vaincu Scurll pour un titre, n'importe où. Est-ce que Will allait enfin réussir à briser cette malédiction ?

Il a tout fait pour en tout cas. Il a résisté comme il pouvait à tous les terribles Neckbreakers de Marty, pendant tout le match. Il a vraiment eu du mal à prendre l'avantage, malgré les supers échanges de contres à plusieurs reprises. Et plus le match continuait, plus la nuque d'Ospreay prenait - disons-le - terriblement cher. Le match a même pris une tournure terrifiante à la fin lorsque Will botcha un Spanish Fly depuis le tablier du ring s'ouvrant méchament le crâne. Le champion avait alors filé une peur bleue au public du Sumo Hall, se rappelant le cas de Katsuyori Shibata l'année précédente. Cette fin de match m'a personnellement vraiment mis mal à l'aise. Marty Scurll, en bon 'Villain' qu'il est, en a profité alors pour s'acharner dessus, accentuant la tension dramatique de l'affrontement.

En somme, ce match sort vraiment du lot, comparé aux autres Ospreay vs. Scurll. Un match assez éloigné du style "Junior" dont on a l'habitude à la NJPW : un véritable clash épique de 30 minutes de deux catcheurs au top !

Adam Cole vs. EC3 vs. Killian Dain vs. Lars Sullivan vs. The Velveteen Dream vs. Ricochet – NXT North-American Championship - Ladder Match (NXT Takeover : New Orleans – 07/04/18 – La Nouvelle-Orléans, Louisiane, Etats-Unis)​

Et bien, en voilà une sacrée façon de commencer un show déjà très attendu !Résultat de recherche d'images pour "Adam Cole vs. EC3 vs. Killian Dain vs. Lars Sullivan vs. Ricochet vs. The Velveteen Dream"

A priori, je n'étais (et je le suis toujours) pas du tout fan de la création de ce nouveau titre de championnat. La ceinture est belle mais pourquoi créer un autre titre secondaire à NXT quand l'UK CHampionship faisait bien l'affaire ? Et puis bon, l'appeler le "North-American Championship", c'est un peu dissimuler un autre titre US sous un nom différent ... et un projet de territorisation encore en construction.

Mais au moins, ça nous a permis d'assister à un Ladder Match avec de supers talents. Nouveau signé, Ricochet a eu le meilleur début possible dans ce match, virevoltant dans tous les sens et auteur justement d'un des "spots" mémorables du match - celui où Lars Sullivan soulèva l'échelle et envoya Ricochet à l'extérieur, qui improvisa avec un magnifique Moonsault. Lars et Killian Dain ont eu l'occasion de continuer leur "feud", détruisant les autres catcheurs sur leur passage. EC3 et Adam Cole ont joué les opportunistes à la perfection et Velveteen Dream a continué sa bonne ascension à NXT et quel Purple Rainmaker du haut de l'échelle d'ailleurs ! Autrement, Adam Cole est un très bon choix comme premier champion, il le méritait.

En somme, un "opener" explosif tout bonnement incroyable, mais dur à suivre pour les autres matchs de la soiré, et un des meilleurs Ladder Matches de ces dernières années à la WWE sans aucun doute.

Andrade 'Cien' Almas © vs. Aleister Black – NXT Championship Match (NXT Takeover : New Orleans – 07/04/18 – La Nouvelle-Orléans, Louisiane, Etats-Unis)

WWE PhotoIl y a un an, à quelques jours près, Aleister Black et Andrade Almas s'affrontaient déjà lors du même événement - Black l'emportant pour débuter sa carrière à NXT. Mais cette fois, l'enjeu était de taille : le titre NXT du mexicain était remis en jeu. Il y a un an, Tommy End devenait Aleister Black, et 'Cien' seravit encore de faire-valoir.

En 2018, ce dernier a heureusement bien changé de position sur la carte avec un "booking" enfin digne de son talent. Il n'est pas bon en promo et ne maîtrise pas très bien l'anglais ? Mettons-le avec quelqu'un qui sait très bien manier le micro comme Zelina Vega, et le tour était joué. Black, quant à lui, a eu le meilleur parcours possible pour lui : invaincu en Takeovers et perdant très peu en dehors de ces shows, il est vite devenu l'inévitable challenger pour le titre majeur.

Les deux hommesont fourni évidemment un super match, avec un rythme vraiment effréné tout du long en commençant par un début de match à cent à l'heure. Ils ont une très bonne alchimie, mixant parfaitement leurs styles respectifs. Et cerise sur le gâteau, Almas a sorti l'un des meilleurs contre au Black Mass que j'ai vu jusqu'à présent !

Je n'ai pas été très fan par contre des trop nombreuses interférences de Zelina. Un Hurricanrana occasionel ne me gêne pas, au contraire, cela lui permet de se démarquer des managers habituels. Mais ici, elle est intervenue trop souvent comparé à d'habitude ... Même si ça avait du sens qu'elle ait aidé Almas à atteindre le sommet et qu'elle lui coûte le titre ensuite. Je ne sais pas si ce "finish" était forcément nécessaire, tant Almas a déjà vaincu Drew McIntyre et Johnny Gargano "seul" mais bon, aucun match n'est parfait !

Johnny Gargano vs. Tommaso Ciampa – Unsanctionned Match (NXT Takeover : New Orleans – 07/04/18 – La Nouvelle-Orléans, Lousiane, Etats-Unis)

Image associéeC'est bien connu : les amitiés dans le catch ne sont pas faites pour durer éternellement. Pourtant, l'histoire de DIY avait tout de la "success story". Deux catcheurs qui se connaissaient à peine sont mis ensemble à leurs débuts à NXT. Ils devaient alors apprendre à se faire confiance et à travailler ensemble s'ils voulaient réussir dans la "big league".

Ils commençaient à gagner et à se sécuriser une bonne place dans la division par équipe, alors qu'ils n'étaient même pas encore signés. Quelques mois plus tard, désormais avec un nom d'équipe adéquat et un tee-shirt, ils gagnaient les titres par équipes après un magnifique match contre The Revival. Tout allait pour le mieux pour Gargano & Ciampa quand ils perdirent malheureusement les ceintures face aux monstrueux Authors Of Pain. Après plusieurs rematches tumultueux, DIY avait enfin eu sa chance de récupérer les titres, dans un Ladder Match qui plus est. Ils avaient eu beau tout donner mais rien ne semblait pouvoir venir à bout d'AOP - la tâche était trop dure.

A LIRE : Comment le catch raconte une histoire en 2018

Et l'inéluctable arriva : Ciampa transforma DIY en un simple souvenir. Si l'on en croit ses mots, la pure raison de sa trahison était qu'il se sentait "dans l'ombre de Johnny Wrestling", et qu'ils ne supportaient pas que "les fans eurent même le toupet de spéculer qu'il serait remplacé dans son match contre AOP". C'en était fini du "friendly" Tommaso Ciampa : il était temps que le 'Sicilan Psycopath' montre son vrai visage.

Ceux qui s'attendaient à un match classique pouvaient passer leur chemin. C'était un Unsanctionned Match et ça allait évidemment être une pure "brawl". Ca a été brutal en effet. Certains "spots" étaient terrifiants à voir, comme cette Suplex de la table des commentateurs directement sur le sol ou, le plus difficile à regarder, quand Ciampa est atterit à même le ciment après une Powerbomb.

Comme pour Golden Lovers vs. Young Bucks, ce fut un match épique. Long l'exécution également, mais beaucoup plus axé sur la violence et la bagarre physique que l'autre. Un affrontement ô combien gratifiant après cette "feud" classique, avec des moments incroyables de "storytelling" qui n'ont fait qu'augmenter le niveau du match, avec une fin tout droit sorti d'un film. Très probablement la fin parfaite (pour l'instant) à cette rivalité fratricide, où le bien triomphe du mal. Encore une fois, un classique mais quand on a deux catcheurs aussi bons dans leurs rôles on ne peut qu'être satisfait.

Après ces dernières secondes de show, tout ce que je pouvais penser était : "quel parcours déjà pour Johnny Gargano à NXT !". Celui-ci est "méga-over". Il a eu jusque là un "push" irréprochable et a vaincu son ex-meilleur ami devenu meilleur ennemi. Ceoendant, je doute que ce dernier en ait fini avec lui malheureusement, aux vues des récents événements. Mais je ne peux qu'imaginer cette réaction et ce moment quand Johnny Wrestling deviendra enfin NXT Champion !

Matt Riddle © vs. Will Ospreay – EVOLVE Championship – No Rope-Breaks Match (WWN Supershow : Mercury Rising 2018 – 06/04/18 – La Nouvelle-Orléans, Lousiane, Etats-Unis)

http://kayfabesports.com/wp-content/uploads/2018/04/Screenshot-103-466x310.png C'était sans doute l'un des matches que j'attendais le plus de ce WrestleMania Week-End. Une rencontre de rêve entre deux des hommes les plus chauds de l'indy depuis quelques années et deux des plus talenteux évidemment. Et fort heureusement, ils sont loin de m'avoir déçu !

L'état amoché d'Ospreay après son match contre Scurll, dont je parle plus haut, a énormément joué sur ce match. La tâche allait être très compliquée pour lui, surtout face à un adversaire aussi dangereux et inarrêtable lors de ce WM Week-End que Matt Riddle. De plus, il n'a de cesse désormais de transformer tous ses matchs de championnat en No Rope-Breaks  (bien que cette stipulation n'ait servi à rien ici). Par ailleurs, l''Aerial Assassin' a fait une grave erreur en tentant un Spanish Fly depuis le bord du ring, qui fut contré évidemment par Riddle en German Suplex et qui n'arrangea rien à l'état déplorable de sa nuque.

Le match est ensuite passé au niveau supérieur quand Ospreay endura une lourde chute pour contrer une Sleeper Hold du champion, les deux hommes tombant depuis la troisième corde. Mais peu importe, le "fighting spirit" du jeune britannique l'obligea à continuer même si c'était pour se faire encore plus brutaliser par le 'King of Bros', nous offrant des dernières minutes trépidantes. En résumé, c'était clairement le meilleur match d'un WrestleMania Week-End surbooké pour les deux hommes.

Kota Ibushi vs. Adam Page (ROH Supercard Of Honor XII – 07/04/18 – La Nouvelle-Orléans, Lousiane, Etats-Unis)

https://i2.wp.com/www.rearviewreviews.com/wp-content/uploads/2018/04/HonIbushi.png?w=836&ssl=1 Cela faisait 10 ans que Kota Ibushi n'avait pas catché à la ROH. Personnellement, j'aurais préféré le voir contre Jonathan Gresham tant ça aurait été intéressant de voir le mélange de styles, ou bien face à Will Ospreay déjà "teasé" de nombreuses fois par le passé. Mais à la place, il s'est retrouvé face à la "rising star" du Bullet Club qu'est Adam Page. C'est toujours une grande opportunité pour un catcheur de montrer ce qu'on ait capable de faire dans un ring lorsqu'il fait face à un des rares catcheurs à pouvoir sortir un bon match même contre une poupée gonflable, littéralement !

Page a certainement été à la hauteur, brillant dans un match très dynamique avec beaucoup d'action et d'intensité. A noter ce dangereux "spot" où ce dernier tenta un Moonsault depuis une barrière mais s'est fait contré en German Suplex, retombant directement sur la nuque ! Le tout forma un véritable sprint de quinze minutes avec très peu de temps morts et constitue sans doute le meilleur match de la jeune carrière du Hangman. 2018 serait-elle son année ?

SoCal Uncensored © vs. The Young Bucks & Flip Gordon – ROH World Six Man Tag Team Championship – Ladder Match (ROH Supercard of Honor XII – 07/04/18 - La Nouvelle-Orléans, Lousiane, Etats-Unis)

https://i.ytimg.com/vi/MxF0fnrMcT8/maxresdefault.jpg Deux Ladder Matches dans deux fédérations bien connues, le même soir, c'est pas tous les jours que ça arrive ! Preuve que tout est possible lors du 'Mania Week-End.

Je trouve l'association de Flip Gordon avec les Bucks bizarre, surtout quand on sait comment ils l'ont traité dans Being The Elite mais au moins il a bien contribué à ce match, avec plusieurs grosses prises de risque. Le match en lui-même a eu pas mal de "OMG moments", autant qu'il en faut pour un Ladder Match. Je pense notamment à ce double 450° de Nick & Flip à travers des tables à l'extérieur depuis le haut des coins et le Diving Elbow Drop de Matt propulsé à l'extérieur sur une table, ou encore au TKO de Kaz depuis le haut d'une échelle.

Seul l'intervention du Kingdom était inutile, tant ils n'ont eu aucun impact et était juste là pour jouer la victime des plus gros "spots".

Jonathan Gresham vs. Jay Lethal (ROH Masters of The Craft – 15/04/18 – Colombus, Ohio, Etats-Unis)

https://i.ytimg.com/vi/D-oswtGRbWg/maxresdefault.jpg Cette rencontre était une revanche d'un superbe match dont j'avais parlé lors du WILTM de février, et quel show plus adéquat que celui-ci justement entre deux "maîtres de leur art".

Chacun a travaillé à nouveau un membre de son adversaire : la jambe pour Lethal et le bras pour Gresham. Les deux hommes ne se sont affrontés qu'une fois mais on ne dirait pas pourtant, chacun sortant contre après contre plus fabuleux les uns que les autres. Gresham sortit justement le meilleur contre de la Figure-Four Leglock que j'ai vu quand il la contra en une autre variation de Leglock. Il a aussi réussi une superbe transition quand Lethal tenta d'attraper la corde avec son bras, en plein Octopus Lock, en enroulant sa jambe autour du bras tendu de Jay.

Du véritable catch d'expert avec ces deux grands catcheurs : vivement leur belle, d'ores et déjà annoncée pour un nouveau show très prochainement.

Io Shirai vs. Meiko Satomura (Sendai Girls – 19/04/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "io shirai vs meiko satomura sendai girls"Avoir deux des meilleures catcheuses actuelles - voire de l'histoire, n'ayons pas peur des mots – était forcément gage d'un excellent match. Surtout quand ces deux-là ont déjà eu des matchs épiques à la Stardom.

Ici pas d'enjeu par contre : pas de World of Stardom Championship ou même de Sendai Girls World Championship, pour lesquels elles se sont déjà affrontées. Mais ce n'est clairement pas ça qui allait enlever la qualité au match.

Les deux femmes se connaissent très très bien. Elles se contrent leurs prises fétiches en début de match, avant d'en découdre plus tard dans des échanges très intenses. Personne n'a eu un vrai avantage, chacune plaçant ses grosses prises sur l'autre sans arriver à clouer son adversaire au sol. En conséquence, ce match se termina en un Time Limit Draw. Heureusement, après un résultat pareil, un autre match se produira certainement entre ces deux grandes rivales et j'ai très hâte de voir ça !

On tient ici sans aucun doute le meilleur match féminin cette année. C'est dire s'il sera très dur de le détrôner.

Shingo Takagi vs. Shuji Ishikawa – Champion Carnival Block A Match (AJPW Champion Carnival – Day 14 – 29/04/18 – Tokyo, Japon)

"Underdog" n'est pas un terme qu'on associe généralement à l'ancien Open The Dream Gate Champion, Shingo Takagi, qui est habituellement l'homme fort de la Dragon Gate. Mais quand on affronte un géant comme l'ancien Triple Crown Champion, Shuji Ishikawa, il n'y a pas moyen d'être autre chose que l'"underdog".

Comme lors de précédentes rencontres au cours de cet excellent Champion Carnival Tournament, face à adversaires plus massifs tel que Yuji Hino ou Joe Doering, Shingo a dû faire parler sa vitesse, caractéristique du style Dragon Gate, et son esprit de guerrier combattif.

Sa performance dans ce match s'est révélé donc être exceptionnelle et il reste l'un des catcheurs les plus solides et réguliers de la planète et aussi l'un des meilleurs catcheurs au Japon. Il était littéralement en feu dans ce match, sortant en plus un Tope Con Giro et un monstrueux Made In Japan - sans doute le plus gros qu'il est sorti de sa carrière ! Malheureusement tout ça n'a pas été assez pour garder l'un des japonais les plus en forme qu'est Ishikawa. Cela dit, même si ce dernier sortait ses plus grosses munitions, Shingo se dégageait encore et encore, entraînant le public avec lui. Il a fallu un Giant Slam à Ishikawa pour finir le valeureux Shingo, démontrant l'efficacité de l'une des meilleures prises de finition au monde actuellement.

Si vous cherchez le meilleur "underdog" vs. "giant" match de l'année, ne cherchez pas plus loin, vous l'avez ici. Qui plus est avec un Shingo qui nous a montré encore quel superbe catcheur il est, avec un style qui change de celui qu'on le voit habituellement à la Dragon Gate.

Review Press #5 : La sélection mensuelle d'articles catch à lire

https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/30441094_1474644645980878_3267111017099821056_n.jpg?_nc_cat=0&oh=f2fd05b6cb92e703356ff0c5dc0f1be1&oe=5B6C862FComme il est curieux d'être fan de catch aujourd'hui ... La France se réveille doucement avec des essais scénaristiques et des shows enfin au niveau, mais aussi avec une mobilisation communautaire sans précédent (#CatchCovoit #JeCroisAuCatchFrançais #C'estCaLeCatch).

Et, pendant ce temps-là, bien sûr, le catch mondial continue sa route vers de nouveaux horizons toujours aussi impressionnants. Des nouvelles tentatives créatives à l'expansion des frontières entre les promotions, de la renaissance de territoires entiers à l'émergence de nouveaux intérêts nationaux (Coucou, la Chine !), tout semble aller si vite ... qu'il devient nécessaire de prendre le temps de faire le bilan et de prendre connaissance de toutes ses visions du monde entremêlées ! C'est la raison d'être de la Review Press.

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WWE

-- Voici tout le génie du scénariste indépendant et ultra-fan de catch, Tim Kail. Il est capable d'analyser et de décortiquer une simple scène d'une modernité sortant de l'ordinaire lors de WWE RAW (et dont on ne rêvera probablement jamais la démocratisation), d'une façon qu'on espérerait presque qu'il ne soit pas seulement dans l'équipe créative de Stamford mais à la place de son cerveau en chef - tout en lui donnant plus de crédit que quiconque. Si quelqu'un devrait imaginer le "New Kayfabe", c'est bien lui !

 

-- Dans le même genre d'auteurs pleins de réflexions riches et étonnantes, on trouve M. McGee du Spectacle of Excess. Très inspiré de la philosophie primordiale de notre cher Roland Barthes, il installe des analyses toujours très pointues, rajoutant du corps au sens des "storylines" et des réalités du catch. Dernièrement, il s'est intéressé au duo Kevin Owens & Sami Zayn, dont il a retracé avec brio le parcours d'avant WWE.

 

-- Avant Roman Reigns, avant Braun Strowman, avant Ryback et avant Mason Ryan, ils étaient trois : Batista, John Cena et surtout Bobby Lashley ! Si, à l'époque, ce dernier ressemblait plus à un Roman Reigns circa 2014 qu'au Brock Lesnar circa 2002 que Vinny Mac espérait dans ses rêves érotques, il n'est plus le même aujourd'hui.

Après ses succès en MMA et son passage très réussi à la TNA/Impact Wrestling, 'Walking Armageddon' est une montagne de puissance in-ring mais aussi de charisme et de personnalité. Et pour ceux d'entre vous qui ne sont pas encore convaincus, n'hésitez surtout pas à jeter un oeil à la liste de ses meilleurs matches réalisée par Voices of Wrestling !

 

-- Enfin, pour ceux qui n'ont pas (encore) vu l'excellent documentaire d'HBO sur André Le Géant, vous pouvez tout à fait lire le très stylistique dossier Explore de L'Equipe ... reprenant quasiment en copié/collé les éléments du docu' (en rajoutant l'influence culturelle récente du monsieur qui manquait).

NJPW

-- Ce mois-ci, on en a entendu des vertes et des pas-mûres sur le nouveau Steven Spielberg, Ready Player One. Mais le commentaire qui restait globalement en tête, c'était qu'on allait "s'en souvenir dans les quarante prochaines années". De la même façon que je ne suis pas nécessairement de cet avis, j'aimerais être de cet avis pour un match de catch en particulier : Golden Lovers vs. Young Bucks. Essence même du catch par équipe de haut niveau, match 5 étoiles pour Dave Meltzer, il est surtout le premier match depuis les grandes heures de l'AJPW et de l'ECW a avoir su aussi bien exprimer une narration complexe et profonde sur le ring. C'est exactement ce qu'a retenu Vice Sports dans un très bon article sur le sujet !

 

-- La NJPW semble enfin rentrer dans le mainstream américain. En promotion de son show Strong-Style Evolved, elle en a profité pour attirer les regards du respectable New-York Times. Entre l'ambition de son diffuseur américain, AXS TV, et la puissance de feu accumulé de ses différents partenariats, la NJPW pourrait bien un jour sérieusement concurrencer la WWE selon le journal.

 

-- Cody Rhodes est une star, c'est officiel depuis ses frasques sur Being The Elite. Mais c'est surtout un homme porteur, à la fois, d'un héritage aussi glorieux que pesant et à la fois de son propre destin. 'The American Nightmare' commence seulement aujourd'hui à équilibrer le tout pour se tracer un chemin dorée vers la popularité qu'il possède aujourd'hui. Et pour mieux le comprendre (et sincèrement, je ne me suis jamais autant identifié à un catcheur après un article), lisez au plus vite son portrait sur The Ringer !

Ailleurs

-- Le 17 mars dernier, à Plouasne, la promotion bretonne Ouest Catch a fait sensation, comme le retranscrit VoxCatch. Elle a tenté quelque chose quasiment sans précédent (c'est dire s'il était temps) dans le tot-petit monde du catch français : un "heel-turn" ! Ex-WWE, Tom La Ruffa a vaincu Tristan Archer dans un match très attendu en trahissant justement les attentes des fans français, devenant champion grâce à la traîtrise inattendue du "M. Loyal" de toutes les fédérations françaises et unique star YouTube du catch français, Sturry. Se lancer dans un tel scénario est une chose - et une preuve de bonne volonté - mais savoir l'exploiter comme il faut est encore autre chose ...

 

-- Et en parlant de ce même Tom La Ruffa, il apparaît en bonne place dans un article du journal mainstream britannique, The Sun, après avoir participé à un show de catch indépendant de grand ampleur en Turquie.

 

-- Pour finir, chers lecteurs, si vous avez loupé les meilleurs matches du WrestleMania Week-End, rassurez-vous : l'incroyable Larry Csonka de 411Mania les a listé et pré-analysé pour vous !

Les podcasts du mois

-- Si Catchacast se doit d'être votre référence en matière de vulagrisation catchesque francophone, How 2 Wrestling doit forcément apparaître comme son pendant anglophone. C'est grâce à ce podcast que ce couple a appris à aimer le catch ensemble. Si c'est Kefin qui ramène sa science et ses connaissances aiguisés en matière de catch, et son humour décalé de l'ultra-connu Attitude Era Podcast, c'est sa compagne Jo qui apporte les points de vues les plus intriguants et un regard neuf sur ce qui nous paraît "normal" à nous, fans de catch aguerris.

Et pour ceux qui comptaient faire la sieste en ces premiers jours d'été (en avance) étouffants, leur (très) long épisode sur Vince McMahon est à écouter de bout en bout, renseignant sur son histoire tourmentée mais aussi sur sa personnalité si ambigüe :

 

-- Colt Cabana est plus que l'ambassadeur du catch indépendant, il est son pionnier moderne. Après avoir lancé la mode du podcast-catch avec son Art of Wrestling et du vlog-catch, avec son documentaire Wrestling Road Diairies (avec les dernières semaines de Bryan Danielson avant qu'il ne devienne Daniel Bryan), il n'a de cesse de se renouveler et ainsi de tracer sa propre route.

Depuis quelques semaines, il a transformé son podcast d'interview en reportage, relatant ses différents voyages et rencontres. Dans cet épisode, particulièrement bien réussi, il nous transporte dans l'envers du décor de la salle de catch la plus mythique au monde : Korakuen Hall.

 

Les vidéos du mois

-- Depuis ses débuts, The Alt suit la renaissance de la NWA sous l'égide de Billy Corgan et David Lagana. La seconde Review Press présentait même le premier épisode de leur nouveau format sur YouTube, Ten Pounds of Gold. Sujet principal de "Comment le catch raconte une histoire en 2018" (#SelfPublicity), cette web-série a signé l'un de ses meilleurs épisodes (pourtant, peut-être le plus court) ce mois-ci. Entre des conversations intéressantes de conceptualisation du "kayfabe" et des "teases" de partenariats avec la Ring of Honor et la bande d'All-In, tout y est pour donner envie de la suivre !

 

-- Mais la vidéo qui m'a le plus marqué ce mois-ci promouvait un match qui n'a finalement pas eu lieu. La Game-Changer Wrestling (GCW) est, en l'état, une promotion à l'histoire récente. Si elle organise toujours des "death-matches", elle s'est reforgée son identité autour d'un produit varié et innovant, en n'hésitant pas à faire la part belle à ses lutteurs. C'est le cas , depuis l'an dernier, avec 'Bad Boy' Joey Janela qui a désormais son propre show annuel lors du WrestleMania Week-End - Joey Janela's Spring Break.

Cette année, la GCW a misé sur Matt Riddle, avec son Bloodsport, où chaque combat se déroulait dans un ring sans corde et aux règles proches du MMA, rappelant le match Drew Gulak vs. Timothy Thatcher et surtout le film éponyme avec JCVD. Pour le promouvoir, la GCW a délivré une série de vidéos superbement bien réalisées, rafraîchissantes et enthousiasmantes, en particulier celle annonçant Riddle vs. Low-Ki (qui sera remplacé à la dernière minute par Minoru Suzuki). Le ton, l'ambiance sonore et chromatique et l'idée du match lui-même m'ont traversé ... à chaque fois que j'ai regardé cette vidéo :

Comment le catch raconte une histoire en 2018

Le week-end dernier, le monde du catch s'est rassemblé en (très grand) nombre pour un nouveau WrestleMania Week-End à la Nouvelle-Orléans. Des fans du catch de tous les pays se sont réunis, passant près d'une semaine à enchaîner des shows du matin au soir. Une ribambelle de cartes produites aussi bien par la WWE, principale source d'attention et d'attraction, que par les différents organismes indépendants : de la Ring of Honor à la grande famille du WWN, en passant par Impact Wrestling, Lucha Underground ou encore Revolution Pro-Wrestling accueillies dans le cadre du WrestleCon. Des affiches sur-chargées et des matches de rêve à la pelle, c'était la garantie proposée par ce week-end paradisiaque pour n'importe quel passionné assez endurant.

Mais le catch ne peut s'appuyer uniquement sur de belles rencontres et une qualité in-ring "top-notch" : Shinsuke Nakamura vs. AJ Styles II en a été la preuve à 'Mania 34. Il a besoin de "build-up", de "pay-off" et de "storytelling". Traduction : il fonctionne bien seulement s'il élabore des scénarios travaillés, faits de relations cohérentes entre des personnages identifiables, afin de raconter des histoires tout bonnement captivantes.

A LIRE : Ce qui ne va pas avec le produit WWE

Actuellement, quatre histoires de ce calibre animent l'imagination des fans de catch. Toutes les quatre sont difficilement comparables : chacune se situe à sa propre échelle, possède ses propres variables et enjeux, et surtout suit son propre modèle. Innovante. Originale. Risquée. Facile. Classique. Moderne. Simple. Ambitieuse. Toutes sont très différentes mais toutes sont, à leur manière, efficaces ... et montrent ainsi comment le catch peut raconter une belle histoire. Prends-en de la graine, Papy Vinny !

 

L'ambition de Ten Pounds of Gold ravive une vieille flamme

 

"J'ai réalisé qu'il n'était pas nécessaire de créer une promotion, mais seulement de raconter des histoires." - Sam Roberts (Sam Roberts Wrestling Podcast, 28/03/2018)

 

Je l'ai réalisé moi aussi, grâce à cette web-série au budget modeste mais à l'audience grandissante. Quand elle a débuté, je l'avais décrite en ces brefs termes dans ma Review Press mensuelle :

 

"Suite à son rachat raté de la TNA, Billy Corgan (accompagné par Dave Lagana, l'ex-head writer de la compagnie de Nashville) s'est retrouvé propriétaire majoritaire de cette bonne vieille National Wrestling Alliance. Fan de catch "old-school", le leader des Smashing Pumpkins compte la remettre au goût du jour suivant un plan de plusieurs années. Cette quête presque impossible a commencé avec l'appréciable web-série Ten Pounds of Gold, s'intéressant à l'actuel champion du monde poids-lourd, Tim Storm - un professeur d'Histoire de 53 ans."

 

Billy Corgan a fait le pari de la reconstruction à long-terme autour d'une idée créative originale. Celle d'une pure et simple narration filmique, non de la renaissance d'une structure ou d'un roster mais d'une marque prestigieuse. Et pour racheter la NWA auprès des fans de catch, après plus d'une décennie de médiocrité (à l'exception faite de la série Cabana vs. Pearce en 2011-2012, à la fin controversée), il a choisi de se focaliser sur le plus important : son fameux titre de championnat du monde poids-lourd et son porteur. En l'occurence, c'est aujourd'hui Nick Aldis qui endosse le rôle du protagoniste principal - doucement réhabilité lui aussi, en tant que "heel" pourfendeur du vétéran et héros transitoire de la web-série, Tim Storm. C'est donc à travers sa "croisade", sans frontières géographiques ou promotionnelles, que ce champion-globe-trotteur nouvelle génération mène la narration - aussi bien en Chine, cette semaine, ou très probablement, à la Ring of Honor et au show All In prochainement.

 

https://pbs.twimg.com/media/DWmUFHzUMAALSBC.jpgCette narration s'inscrit dans le modèle hyper-réaliste de la série des EVOLVE Mini-Docs de Kenny Johnson, collant aux événements réels à l'intérieur comme à l'extérieur du ring, en amplifiant les personnalités et les relations des catcheurs. Pour les abonnés au WWE Network, elle peut aussi s'apparenter à une version active et dynamique (en terme de temporalité) de ce qu'offre la collection des WWE 24 - un format type documentaire très proche de la réalité souvent à la limite du franchissement du "quatrième mur" - qui n'est qu'une sous-couche de l'ensemble des réalisations créatives de la WWE, non son produit principal où s'orchestre la narration.

 

Par ce choix alternatif, Ten Pounds of Gold remplace le show TV hebdomadaire traditionnelle, tout en exploitant les mêmes filons : promouvoir la marque, ses talents et surtout leurs matches - ou plutôt, ici, le déroulement d'un règne. C'est donc en toute simplicité que Corgan, Lagana et Aldis participent au renouveau d'une antiquité, non sans modernité et ingéniosité.

 

Si son principe fonctionne parfaitement, son importance dans le paysage actuelle est mineure face au prochain exemple. Web-série hebdomadaire elle aussi, elle bouscule davantage le courant de pensée mainstream. Moins rigoureux dans son écriture et sa réflexion, ce nouveau phénomène au mode déstructuré, résultat d'une liberté d'expression créative à plusieurs voix, s'oriente néanmoins dans deux directions pragmatiques : engranger de la popularité et de l'argent.

 

Being The Elite joue avec les codes du genre

 

 

"Tu es notre meilleur personnage, Marty !" - Matt Jackson ("Finale", Being The Elite #100)

 

En premier lieu, un vlog à la Candice & Joey Show ou Kevin Steen's Weekend Escapades (eux-mêmes, des reprises du road-trip documentaire de renom, marqueur d'une époque où le circuit indépendant n'était rien de ce qu'il est devenu aujourd'hui, The Wrestling Road Diairies), la chaîne YouTube des Young Bucks et Kenny Omega s'est transformée en terrain d'expérimentation pour gimmicks puis en une véritable fiction au fil de son évolution. Initialement influencée par les diverses "storylines" impliquant ses protagonistes à la Ring of Honor ou la NJPW, tel un complément bonus pour les connaisseurs, elle est devenue la source même de ces dernières, influençant elle-même l'orchestration des shows des dites compagnies. 

 

Composée d'une trame principale en plus de plusieurs sous-histoires, elle constitue un feuilleton 2.0, une web-série où sont narrées les voyages, rivalités et relations qu'entretiennent les frères Jackson et leur univers. Car si ce produit est bien estampillé The Elite, la poignée la plus "divertissante" du Bullet Club, il tourne en vérité principalement autour d'eux : Being The Elite est leur show, leur création. Il permet de vendre leurs produits, leurs marques, leurs personnages et bientôt leur propre gala de catch, All In.

 

https://www.voxcatch.fr/wp-content/uploads/2017/10/bullet-club-being-the-elite-raw.jpgA l'image de cette identité quelque peu ambigüe, son écriture narrative ne cesse de jouer - mettant volontairement les pieds dans le plat pour ce faire - avec la confusion entre "shoot" et "work", réalité et fiction, redéfinissant même à sa guise les codes du "kayfabe". Le "kayfabe" façon Bucks est incongru, admet des éléments du réel et crée du méta (eg. la citation ci-dessus) sans vergogne. Un comportement similaire à ceux de la nouvelle génération des fans de catch sur Twitter, s'amusant de l'importance perdue du "kayfabe" à grands renforts de memes gimmickés ("Rusev Day", "Get These Hands" ou, pour un exemple plus pertinent, #FTRR) tout en soulevant son caractère indispensable à l'appréciation de n'importe quel produit catch qu'ils consomment. En cela, Being The Elite constitue une manière plus fine de faire évoluer les modalités fictionnelles que peut emprunter le catch. Et ce, à l'opposé d'innovations davantage portées sur la fiction, à l'instar des productions provenant de l'univers fantastique (et lassant) de Matt Hardy, de la parodique Southpaw Regional Wrestling, de la série-promotion Lucha Underground (qui n'évolue guère et n'apporte plus grand-chose d'innovant aujourd'hui) ou d'une série-série catch comme Netflix's GLOW ou la drôlatique mais éphémère Undisputed.

 

A LIRE : "The Ashes of Chikara" ou l'essor du catch filmique

 

Being The Elite est, en ce sens, le nouveau show de catch immanquable du moment. Mais il n'est pas exempt d'imperfections allant à l'encontre de son aspect expérimental et de sa narration déconstruite. Aussi bien dans son fond que dans sa forme, il est parfois maladroit dans sa réalisation. Par exemple, quand le point de vue choisi est celui du vlog, où l'on sait que la caméra est celle d'un téléphone utilisée pour filmer la scène, on comprend qu'elle existe donc dans l'univers présenté par les Bucks, et que celui-ci fait partie de notre réalité. Puis, l'instant d'après, la caméra devient uniquement l'oeil du narrateur, confiant des éléments fictionnelles au spectateur, et n'existe plus en tant que telle dans la diégèse (l'univers fictif de la narration). Cette transition de modes narratifs est rendue fluide, organique et finalement naturelle par le montage et la cohérence de chaque épisode mais paraît souvent approximative - ce qui risque d'interrompre la suspension volontaire d'incrédulité, ce pilier inconscient à toutes fictions, et donc au "kayfabe", nécessaire au spectateur.

Face aux problèmes posés par l'expérimentation de nouvelles idées, les grandes compagnies produisant le catch tel qu'il est regardé en grande quantité et en majorité choisissent trop souvent la voie de la complaisance. Néanmoins, les vieux ressorts classiques arrivent à fonctionner encore aujourd'hui, lorsqu'ils sont utilisés avec efficacité comme le montrent les deux exemples suivants.

La réunion des Golden Lovers, ou comment savoir profiter du timing

 

 

"Tous les sentiments reviennent d'un coup, un par un : amitié, amour, souffrance, rancoeur, trahison et finalement le pardon." - Showbuckle (The Tale of The Golden Lovers)

 

Voici un exemple typique de comment le catch est en mesure de raconter une belle histoire en utilisant le réel, en écoutant les attentes et envies des fans et en prenant en compte les idées des catcheurs. La NJPW a toujours su tirer profit des "lores", des backgrounds "kayfabes" de ses catcheurs dans leurs interactions. Ainsi, bien avant la mise en place de leur réunion (dès le G1 Climax 2017), elle a laissé Kenny Omega et Kota Ibushi avoir de rares interactions ensemble, suivant ce que conseillait de mieux le timing (notablement leur échange de regards lors du match du second face à AJ Styles à Invasion Attack 2015). Et elle a su en profiter a posteriori dans le lent "build-up" de leur réunion - se servant de leur passif (y consacrant même le documentaire ci-dessus) pour donner de l'enjeu à un événement attendu depuis si longtemps par les fans japonais (matchant presque le phénomène des Crush Gals dans les années 1980-1990s), mais incompréhensible pour certains fans occidentaux ignorant l'importance de leur relation.

 

https://cdn3.whatculture.com/images/2018/02/b40d27908639c2ec-600x400.png La New-Japan a su ainsi orchestrer une réunion cohérente et légitime dans le cadre de sa narration globale, car inscrite comme point d'ancrage de la dissolution chaotique et complexe du Bullet Club et de l’opposition Kenny-Cody-Bucks. Autrement dit, cette réunion ne paraît pas être simplement une réunion, mais la formulation d'une étape majeure de l'évolution de plusieurs personnages - du duo en question à leurs antagonistes, Cody et Hangman Page, en passant par leur entourage, Marty Scurll, les Bucks et le clan Tonga. Un coup réussi, sans avoir eu besoin d'une plateforme formalisée et régulière pour faire avancer la narration mais par petite quantité d'étapes scénaristiques distribuées avec parcimonie et efficacité au fil des mois. Cette maîtrise des dimensions multiples de cette "storyline" somme toute classique, le YouTubeur Showbuckle l'a très bien intégré et admirablement retranscrit dans sa superbe vidéo narrative - dont la fin me donne, coup sur coup, la chair de poule.

 

[NB - 17/04/2018 : Après la parution de cet article, la chaîne de Showbuckle a été "vidée" suite à une réclamation de la NJPW. La vidéo citée ici a donc été supprimée. Elle sera repostée dès qu'elle sera republiée de son côté ... 30/04/2018 : Elle a bien été ré-uploadée sur Vimeo, comme suit à ce lien.]

 

Ce qui manque peut-être à ce programme (bien qu'il ne fait que commencer !), c’est la nature plus cruelle acquise par Kenny Omega ses dernières années, en adaptation à l’abandon d’Ibushi (tel que le narre Showbuckle dans sa vidéo). Un désir de gloire et de grandeur qui pourrait aller à l’encontre de ces retrouvailles, orientées vers l’amitié et la joie de vivre et de satisfaire les fans. Tout comme la précarité des envies et la bougeotte d’Ibushi, qui n'est pas resté fidèle à certaines promotions par le passé et qui peut potentiellement provoqué une méfiance chez ce cher Omega, s'il est tenté de reproduire le même schéma à l'avenir. A voir si la NJPW réussit à traduire cela correctement dans l'évolution de cette "storyline"... Une évolution qui ressemble fortement à ce qui est arrivé à un populaire duo de NXT, DIY, dont la "feud" fratricide a été le point d'orgue de ce WrestleMania Week-End 2018 !

 

La séparation de Johnny Gargano & Tommaso Ciampa : l'exemple d'une "feud" efficace mais pas assez

 

"Tu ne briseras pas tout ce que j'ai construit. / Tu ne me briseras jamais." - CFO$ ("Rebel Heart")

 

WrestleMania 34 nous a donné droit à un excellent Charlotte vs. Asuka, à un essai narratif inédit mais bancal et décevant pour Undertaker vs. Cena et même à des entrées polluées par de la réalité augmentée. (Tenter, tester, je veux bien mais on ne dit pas "less is more" pour rien : la preuve avec l'arrivée sans musique mais huée et donc réussie de Tommaso Ciampa la veille !) A l'inverse, le soir précédent a été d'une cohérence et d'une qualité exemplaire : certains critiques l'ont d'ailleurs décrit comme possiblement le meilleur TakeOver de l'histoire ... et ce, non sans l'aide, d'un Grudge Match à l'anticipation majeure mais à la réception, selon moi, exagérée (oserais-je dire, "markisée").

 

La formule ici est "vintage". Le format de narration est traditionnel, arrangé suivant une programmation télévisuelle hebdomadaire, comportant d'autres "storylines" sans lien. Et l'histoire en est elle-même est tout ce qu'il y a de plus classique. Un duo gagne en popularité à mesure qu'il monte les échelons et fait face aux obstacles et difficultés. Puis, l'un des deux hommes, refusant de partager le "spotlight" plus longtemps, se sépare violemment de son coéquipier. Ce dernier remonte la pente sans lui, l'autre le jalouse et décide de s'en prendre à lui - l'affrontement devient alors inévitable. En somme, une version alternative du récit des Rockers, Marty Jannetty & Shawn Michaels, maintes et maintes fois repris. La blessure de Tommaso Ciampa, son absence et son envie de vengeance injustifiée grandissante n'ont fait en l'occurence que rajouter à l'anticipation de ce premier combat entre les deux anciens amis. La recette a été suivie à la lettre dans le cas du "split" de DIY, et a même profité de petites graines plantées précédemment (le match lors du Cruiserweight Classic ou le sauvetage de Ciampa par Gargano lors du Ladder Match face aux Authors of Pain) amplifiant l'émotion des sentiments exprimés entre les deux protagonistes. Mais l'équipe créative de NXT s'est arrêté là : en même temps, si ça fonctionne aussi bien pourquoi en faire plus ?

https://www.voxcatch.fr/wp-content/uploads/2017/05/gargano-ciampa-nxt-takeover-chicago.jpg Personnellement, j'ai beau avoir apprécié le match en lui-même et la première partie du "build-up" (les graines de dissension plantées çà et là), sa seconde partie et son "pay-off" ne m'ont pas convaincu. Le potentiel énorme de richesse narrative que contient cette "feud" n'a pas été exploitée à la hauteur des moyens disponibles. Pour commencer, Ciampa n'a pas de réelle motivation, originale, contre Gargano. Il le traite d'égoïste, mais jamais il n'est expliqué ou signifié en quoi ce dernier pourrait l'être. Johnny Wrestling est un "babyface" à l'ancienne, bon, morale, juste, loyal et courageux. A aucun instant n'a-t-il eu de gestes violents ou pris une décision douteuse, à remettre possiblement en question, à l'égard de son ex-partenaire. Dans cette optique, la blessure et absence de Ciampa n'est même pas utilisée : Gargano s'en est-il soucié ? A-t-il essayé de lui rendre visite ou s'est-il au moins posé la question ? Enfin, en dehors du fait qu'il s'en est pris à son tant apprécié ami et coéquipier (pour des raisons vaseuses donc), Ciampa n'a aucune raison suffisante pour être détesté de la sorte (le public de NXT n'est cependant pas impartial, et est beaucoup plus tolérant et aidant que la normale). A noter au moins qu'il aura tenu sa promesse : il avait promis qu'il deviendrait "le catcheur le plus dangereux de NXT" et il est effectivement revenu plus psychopathe que jamais et plus musclé et dangereux, physiquement, que jamais !

 

Quant à Gargano, il semble prendre les choses bien trop à coeur. Il n'hésite pas à mettre sa carrière en jeu une nouvelle fois, réagit trop rapidement et facilement par l'agression et ne doute pas vraiment des sentiments qu'il éprouve envers Ciampa. Après tout, c'est son meilleur ami. Ce n'est pas simplement parce que votre meilleur ami pète un plomb qu'il faut tout de suite s'en séparer, laisser tomber et le traiter comme un ennemi, sans penser une seule seconde à l'aider. Ciampa n'a même pas essayé de s'en prendre à sa femme, Candice LeRae - un élément de réalité, dans la relation des personnages et de leur univers, sur lequel aurait dû (et devrait, par la suite) capitaliser la narration ! Et puis, en quoi est-il "un symbole" ? Ce n'est pas très humble et modeste de la part d'un "babyface" aussi traditionnel ... En somme, ce premier "pay-off" pour Gargano semble arriver bien trop tôt. Triple H devrait se rappeler de ses précédentes créations (ie. Sami Zayn vs. Neville), réviser ses propres classiques (ie. Ric Flair vs. Dusty Rhodes) ou discuter plus souvent avec Paul Heyman de comment il avait aussi bien gérer Raven vs. Tommy Dreamer !

 

A LIRE : Tommy Dreamer vs. Raven, le chef d'oeuvre de Paul Heyman

 

En conclusion, plusieurs routes peuvent être empruntées pour réussir à engager les fans de catch dans une rivalité, un personnage, un match ou une marque. Mais quelque soit le format, le modèle ou l'ordre de grandeur sur lesquels installer une narration, il est toujours nécessaire de faire l'effort d'une réflexion emprunt d'imagination pour pousser son potentiel narratif jusqu'au bout. Les meilleures histoires sont les mieux travaillées, les mieux orchestrées, les mieux planifiées mais les mieux improvisées aussi. Et, finalement, que l'on change les codes ou non, que l'on change de format ou non, ce sont toujours ces mêmes principes qui fonctionnent et nous font vivre les meilleurs moments de catch possibles.

 

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition mars 2018

Trois mois seulement ont passé depuis le début de l'année 2018, et sa jauge "qualité in-ring" est déjà mieux rempli que la majorité des autres années.  Plusieurs matches sont d'ores et déjà éligibles au "Match De L'Année", et le WrestleMania Week-End ne fait à peine que commencer ! Le mois de mars aura appartenue (sans surprise) à la New-Japan mais elle n'a pas remplie cette jauge seule : la Ring of Honor, la Dragon Gate et même la wXw l'ont bien aidé aussi.

Kazuchika Okada vs. Will Ospreay (NJPW 46th Anniversary – 06/03/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kazuchika okada vs will ospreay njpw 46th anniversary"3 octobre 2015 : une date très importante dans la carrière de 'The Aerial Assasin'. Elle correspond au jour où il a affronté pour la première fois le 'Rainmaker'. Un "dream match" avant l'heure, tenu aux premières heures de la collaboration de la compagnie japonaise avec la Revolution Pro, et qui a été le déclencheur de sa signature à la NJPW. Impressionné par le talent d'Ospreay, Okada avait effectivement recommandé chaudement le talent du jeune "high-flyer" britannique, à Gedo, Jado & Cie, obtenant même son intégration dans son clan CHAOS. Six mois plus tard, Will débutait face à son futur grand rival KUSHIDA et vous connaissez la suite.

Ce rematch, suivant la tradition annuelle champion poids-lourd vs champion Junior, opposait donc deux frères de clan, un prodige à son mentor devenu deux amis. Sur le ring, il a commencé avec un bon échange technique, avant que les deux accélérent le rythme, chacun voulant s'imposer face à l'autre. Contrant les contres des contres de son adversaire, ces deux jeunes hyper-talentueux ont montré leur alchimie : Okada est même arrivé à contrer l'Os-Cutter avec un énorme Dropkick, tandis qu'Ospreay réussit à sortir l'un des meilleurs contre au Rainmaker Lariat que j'ai jamais vu !

Cet excellent combat aura permis de voir un Ospreay un peu plus complet, comparé à son dernier "spotfest" face à Hiromu Takahashi et un très bon changement de ton pour "Mr. Main-Event" Okada. Je suis décidément un grand fan de ce concept annuel de la New Japan, et si vous êtes comme moi : que diriez-vous d'un Naito vs. Hiromu l'année prochaine ?

John 'Bad Bones' Klinger © vs. WALTER vs. Ilja Dragunov – wXw Unified World Championship Match (wXw 16-Carat Gold Tournament – Day 2 – 10/03/18 – Oberhaussen, Allemagne) 

Résultat de recherche d'images pour "john klinger vs walter vs ilja dragunov wxw 16 carat pics"Il y a un an de cela, le jeune (un autre) Ilja Dragunov battait WALTER en finale du 16-Carat Gold, mais échouait ensuite à battre le champion John Klinger. De retour en 2018, il était maintenant venu le tour du 'Ring General' WALTER de concourir pour le titre d'Unified World Champion. Pourtant, à la surprise générale, WALTER décida de compliquer encore plus les choses pour le champion : il se permit d'ajouter un deuxième challenger pour Klinger, transformant ainsi son propre match en 3-Way. La mission numéro une de WALTER n'était pas simplement de regagner le titre, mais de faire perdre Bad Bones à coup sûr, lui qui, selon lui, manquait de respect au titre, avec toutes ses tricheries. Et quelle réaction du public face à cette annonce surprenante ! Le troisième homme et utra-favori de la wXw, Ilja Dragunov, reçut sans doute l'une des plus grosses "pops" entendues en Indy !

Je ne peux vous parler de ce match sans mentionner l'atmosphère juste électrique qui régnait pendant tout le match. Et chacun sait qu'une telle ambiance rend généralement n'importe quel match encore meilleur. Chaque catcheur a en plus magnifiquement bien joué son rôle : de la très bonne prestation de Klinger, qui voulait sans cesse trouver un moyen de quitter le navire, à la destruction générale menée par WALTER, sans oublier le retour très nerveux et enflammé de l'"underdog", Dragunov, après avoir tant encaissé (en a témoigné son torse laminé - merci WALTER !). Une sacrée "chop fest" !

La victoire d'Ilja Dragunov, et tout son chemin parcouru jusqu'à ce titre, constitue sans doute l'une des meilleures oeuvres de "booking" actuellement. De sa guerre contre WALTER en finale du tournoi, à son échec puis sa remise en question face à Klinger au wXw 17th Anniversary Show. Un talent très spécial.

Voici, en somme, un match qui restera dans l'Histoire comme un classique de la wXw. L'atmosphère, le retour en force d'Ilja, la performance des trois hommes et enfin la victoire de Dragunov tant espérée : tout en fait un match d'une grand qualité. On fera difficilement un meilleur 3-Way Match cette année...

Kota Ibushi vs. YOSHI-HASHI – New Japan Cup First Round Match (NJPW New Japan Cup 2018 – Day 3 – 11/03/18 – Amagasaki, Hyogo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "kota ibushi vs yoshi hashi"Comme pour le Yuji Nagata vs. YOSHI-HASHI du G1 Climax l'année dernière, je m'attendais ici à un bon, voire très bon match - mais pas à un aussi bon.

Si Kota Ibushi est une certitude de qualité, YOSHI-HASHI, bien que solide, suscite rarement une attention similaire. Mais, on a senti cette fois qu'il avait vraiment augmenté son niveau, réussissant à faire douter pas mal de monde vers la fin plus il enchaînait les "kick outs". Surtout après que Ibushi décide d'exécuter un Moonsault d'un balcon !

Bien qu'échouant au premier round du tournoi, c'était assurément un des meilleurs matchs de la carrière de YOSHI-HASHI. L'un de ceux qui faudra ajouter à ses combats contre Kenny Omega au G1 Climax 26 et Yuji Nagata au G1 Climax 27.

Zack Sabre Jr. vs. Hiroshi Tanahashi – New Japan Cup Final (NJPW New Japan Cup 2018 – Day 9 – 21/03/18 – Nagaoka, Niigata, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "zack sabre jr vs hiroshi tanahashi new japan cup"Ce match était la "belle". 'The Man With Infinite Holds' et l'ancien 'Ace' possédait déjà une victoire chacun sur l'autre : Zack avait battu Tanahashi le premier jour du G1 Climax 27 et Tanahashi avait battu ZSJ quelques semaines plus tard pour conserver son titre de champion Inter-Continental. L'issue de ce match était donc plus flou - le "méga-push" de Zack dans ce tournoi s'équilibrait avec la probabilité de voir Tana-Okada une nouvelle fois à l'ocassion de la 11ème défense de titre de ce dernier (record détenu par le premier). Néanmoins, malgré l'immense talent des deux hommes, leurs premiers matchs ne m'avaient pas marqué plus que ça. Mais si leur troisième match figure dans ce classement, il y a bien une raison : c'est sans doute l'une des meilleures finales de ces dernières années, qui plus est pour la meilleure New-Japan Cup que j'ai vu.

Zack Sabre Jr. apporte vraiment ce style différent quui manque actuellement à la New-Japan. L'ayant déjà constaté par le passé, Tanahashi a voulu aller sur son terrain, échangeant pas mal de soumissions avec lui et se rappelant son background en lutte amateur. Malgré le grand catcheur qu'il est, les années ont passé et son corps, auquel il accorde peu de repos, l'ont cruellement handicapé. Zack a anticipé ses moindres erreurs, identifiant toutes habitudes - comme quand il est remonté dans le ring façon Ricky Steamboat - et l'entortillant dans toutes les prises de soumission possibles (avec "7 822 soumissions", y'a de quoi faire en même temps !). Quand on voit comment il a terminé ses adversaires dans le tournoi, dur d'imaginer comment se sortir d'un tel piège technique dont seul ce magicien en a le secret.

Naito, Ibushi, SANADA, et Tanahashi en finale : on peut dire que la NJPW aura sacrément bien "booké" l'Anglais ! Une très bonne idée en plus de mettre TAKA Michinoku comme son "hype man" et de laisser ZSJ improviser dans ses promos post-match, lui qui s'est terriblement bien adapté à son rôle de "heel" cruel et arrogant.

Masaaki Mochizuki © vs. Ben-K – Open The Dream Gate Championship Match (Dragon Gate Champion Gate In Osaka – Day 2 – 04/03/18 – Osaka, Japon)

https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/27750387_1556134867835116_1248698317617605723_n.jpg?_nc_cat=0&oh=17edb1cf82cc7887a97b51b155382154&oe=5B2A25B3 Comme pour Kzy le mois dernier, ce match était le tout-premier Open The Dream Gate Championship pour le bien moins expérimenté, mais tout aussi prometteur, Ben-K. Ne serait-ce qu'à voir cette première grosse opportunité, on voit tout de suite le potentiel qu'a Ben-K. Bien évidemment, non sans l'aide d'un super Masaaki Mochizuki.

Malgré l'énorme écart d'expérience (à peine deux ans d'expérience pour Ben-K, contre 24 pour le champion, c'est assez énorme !), le jeune challenger connaissait parfaitement l'arsenal de son adversaire. Comme pour Kzy, Mochizuki a dû trouver une autre solution pour battre son adversaire. J'aime notamment comment son travail sur le bras de Ben-K a réussi à payer sur le "finish". Il a été contraint de terminer le travail sur une soumission, se voyant privé de son Sankaku-Geri, sans cesse contrer par des Spears de Ben-K.

A travers cet excellent règne, bien mérité, du vétéran, la Dragon Gate réussit jusque là avec brio à mettre en valeur sa nouvelle génération : prenez-en de la graine Stamford, c'est comme ça qu'on crée des futures stars !

The Golden Lovers (Kenny Omega & Kota Ibushi) vs. The Young Bucks (Nick & Matt Jackson) (NJPW Strong-Style Evolved – 25/03/18 – Long Beach, Californie, Etats-Unis)

Résultat de recherche d'images pour "the golden lovers vs the young bucks"Golden Lovers vs. The Young Bucks, ça y est, c'est fait. Une rencontre qui se sera fait attendre. Un "dream match" qui était déjà présent aussi bien dans les têtes des fans que des compétiteurs réunis, en particulier des Young Bucks. Et finalement, il a fallu qu'un homme s'en mêle pour le mettre en place ... il n'y a même pas pris part. 'The American Nightmare' Cody Rhodes a manipulé les frères Jackson pour les pousser à déclencher cet affrontement, explosant les fondations de The Elite et la paix qui régnait jusque là avec les Lovers réunis. C'est surtout 'Bad Back' Matt, qui a souffert de ce lavage de cerveau, en témoigne sa ceinture à la Hollywood Hogan, un cadeau de Cody, qu'il seul gardera au cours du match. Nick a préféré enlever la sienne avant le match, histoire de montrer qu'il n'était pas complètement acquis à la cause de ce méprisable Cody. Une forte différence d'opinion assumée très rare chez les Bucks !

Le match, quant à lui, ne s'est pas exactement passé comme je l'aurais pensé. Je croyais $etre sur le point de voir  un rythme très dynamique enchaînant les grosses séquences, à l'instar d'un bon Tag Match "made in PWG". En réalité, les deux duos ont travaillé à un rythme bien plus lent, en considérant leurs styles habituels, et mêlant beaucoup de "storytelling" - entre la blessure au dos de Matt Jackson et la "storyline" entre Kenny et les Young Bucks, principalement narrée sur Being The Elite. Et pourtant je n'ai absolument pas été déçu. On sentait vraiment que les deux équipes étaient vraiment au même niveau et n'allaient pas réussir à se départager au bout d'une vingtaine de minutes seulement. En ce sens, ce Grudge Match m'a vraiment rappelé le premier Okada vs Omega au niveau de la durée, où ils avaient eu un match plus long que la plupart pensait voir, pour montrer à quel point l'issue était serrée et chacun était déterminé à obtenir la victoire.

Les Young Bucks ont sans doute fourni la performance la plus complète de leur carrière, prouvant qu'ils n'étaient pas que des "spot monkeys", se contentant d'enchaîner les Superkick Partys et de reprendre les mimiques d'anciennes légendes. Matt Jackson a été exceptionnel, faisant preuve à nouveau d'un excellent "selling", provoquant d'abord un rejet chez son ami Kenny avant de le pousser à ressortir à ses vieilles tactiques de 'Cleaner'. Malgré les manipulations de Cody, Matt a hésité quelques fois à aller trop loin et à blesser son meilleur ami lors de certaines tentatives. Ces dernières nous a fourni des moments particulièrement forts : parmi eux, il y a celui où Omega était prêt à lui porter son One-Winged Angel avant que Matt ne le force alors à le faire. Il n'y avait plus de marche arrière, ils ne seraient plus pareils après ce match, mais si Omega devait en finir et battre ses meilleurs amis, il devait alors aller jusqu'au bout.

En conclusion, un match au "storytelling" impeccable et au "pay off" gratifiant quand on a suivit toute cette affaire depuis des mois. Un épique périple de 39 minutes, contée par deux équipes fantastiques au top du catch par équipe. Bravo messieurs !

The Hungbucks (Hangman Page & The Young Bucks) © vs. SoCal Uncensored (Christopher Daniels, Frankie Kazarian & Scorpio Sky) – ROH World Six Man Tag Team Championship - Las Vegas Street Fight (ROH 16th Anniversary – 09/03/18 – Las Vegas, Nevada, Etats-Unis)

https://www.solowrestling.com/uploads/RESEM69094SoCalTrios.jpg Les Young Bucks & The Addiction se connaissent bien. Ils se sont affrontés de multiples fois dans de multiples fédérations au cours des années. Pour rappel, c'est face à Kaz & Daniels que les frères Jackson ont débuté le fameux Meltzer Driver. Et parfois leurs matches devenaient plus violents : lorsque les Young Bucks s'appelaient encore Generation Me à la TNA, ou bien plus récemment lors du classique Ladder War 6 impliquant aussi les Motor-City Machine Guns. Mais rien de comparable à ce match ! En soit, un bon usage de la stipulation : un véritable Street Fight !

De l'action non-stop (#ClinD'Oeil), avec des tables, des chaises, des poubelles, des échelles, même une ceinture cloûtée ! Une barrière de l'extérieur du ring a aussi été utilisée, rappelant justement Ladder War 6, avec cet effroyable "Bump" du (bien nommé) 'Fallen Angel' ! Qui n'a pas été oublié une nouvelle fois, recevant une autre chute dessus - à croire qu'il aime la sensation d'acier froid et dur sur son corps... Enfin, la blessure toujours persistante de Matt Jackson au dos a bien joué sur le finish, et quel finish sadique !

Par contre, l'intervention de Shane Taylor (récent allié de SoCal Uncensored) était absolument inutile, selon moi, n'apportant rien de complémentaire à la brutalité du combat. Et je ne suis pas du tout fan du "high-flying" de Hangman Page, à qui cela ne correspond pas mais qui a néanmoins contribué à ce sanglant "spotfest".

 

Billet d'Humeur : Jay White est-il suffisamment aiguisé ?

Et bim ! Voilà comment un jeu de mots marquera les générations. C'est comme ça que ça marche !

Ici, pas d’adoubement ou de démolition, mais plein de questions sur la nouvelle "rising star" chez New-Japan Pro-Wrestling : 'Switchblade' Jay White. Depuis sa première grosse exposition à Wrestle Kingdom 12 au Tokyo Dome le 4 janvier dernier, Jay White semble être sur le chemin du succès. Comme le Whisky ou le nouveau pantalon patte d’eph de Kazuchika Okada, il ne semble laisser personne indifférent : soit on l’aime, soit on le déteste, pas de demi-mesure. Prometteur ? Pari d’avenir ? Ou bien, erreur de casting ? Chacun s’est déjà fait son avis, mais si ce n'est pas le cas pour vous, retour sur le parcours et l'avenir du prometteur "faiseur de zizanie".

L’aiguisement de la lame

http://placetobenation.com/wp-content/uploads/2017/03/JayWhiteHonorRoll.jpg Arrivé au Japon et signé par la NJPW en 2014, avant d'être placé sous l’aile d'Alew Shelley, le jeune Néo-Zélandais débute par un parcours basique de "young lion". Il séjourne et s'entraîne au NJPW Dojo, et stationne au bord du ring lors d’évènements de la compagnie, en attendant une excursion à l’étranger pour finir sa formation. De la même promotion que David Finlay Jr. (le fils du futur Hall of Famer de la "Vévéheu", Fit Finlay), l’ex CJ Parker de NXT, Juice Robinson, ou encore Hirai Kawato (tout fraichement confié aux mains de la CMLL), le futur 'Switchblade' est la tête de gondole d'une bien belle et prometteuse génération de nouveaux talents.

En 2016, Jay White essuie ses premières gouttes de sueurs sur les circuits indépendants anglais et américain. Plus notamment, il débute à la Ring of Honor face à un jeune visage aujourd'hui bien connu de la NJPW, Hiromu Takahashi, lequel finit justement ses voyages formateurs à l'étranger. S’en suit des apparitions notables du côté de la Revolution Pro Wrestling en Angleterre, dont certaines aux côtés de Lio Rush face aux célèbres (mais sans dents) Briscoe Brothers. Jusque là, un parcours classique, efficace dans son développement, mais rien de transcendant.

En 2017, alors que la NJPW profite d'une année remarquable et remarquée, Jay White prépare son arrivée en grande pompe en recevant la plus grande opportunité de sa jeune carrière jusque là : un combat TV pour le championnat du monde de la ROH face à Christopher Daniels dans un Triple Threat Match, comprenant aussi son rival Punishment Martinez. Une première opportunité qui se transformera en première grosse défaite sur le sol américain, pour mieux apprêter à son "vrai" début de carrière, au pays du soleil levant quelques mois plus tard.

Switchblade is coming ...

https://78.media.tumblr.com/727ad0ac9f745e8cf76e5a8a20c4633b/tumblr_p59cht6YcL1sgr113o1_1280.jpgQuelques mois avant la révélation, la New-Japan Pro-Wrestling dévoile une vidéo "teaser", pour les débuts d’un nouveau catcheur, ou en tout cas un nouveau personnage nommé 'Switchblade'. Alors que les rumeurs annonçaient de manière insistante, Sami Callihan, Matt Riddle ou encore Big Cass, c'est finalement Jay White qui est élu pour interpréter la gimmick. Et, comme la 'Time Bomb' un an auparavant, il a quelqu'un en ligne de mire, la plus grosse proie libre qu’il pouvait espérer pour le prochain Wrestle Kingdom : 'The Ace' Hiroshi Tanahashi.

Son choix est  révélé lors du peut-être déjà légendaire Power Struggle 2017, à la suite d'un Main-Event de la lignée de tout ce qui peut se faire de mieux aujourd’hui, entre Hiroshi Tanahashi et Kota Ibushi pour la ceinture Intercontinental. Trois mois après le premier "teaser", 'Switchblade' Jay White, l’ancien rookie qui observait Tanahashi dans ses plus grands matches deux ans plus tôt au bord du ring, vient le défier de la plus violente des manières - dévoilant son nouveau finisher, hommage à Alex Shelley (ou Bray Wyatt, ou Mike Knox), le Blade Runner.

Afin de coller au personnage, il laisse les bottes blanches et le slip noir pour le jean en cuir d’Anthony Dupray dans Les Années Fac (paye ta référence !) et une longue veste en cuir noire comme s'il ne savait que choisir (comme quand on vous offre des Doubitchous de Sofia) entre le style du 'Taker ou celui de Finn Balor. Physiquement, il n'a pas seulement gagné un nouveau look, il a gagné du muscle et de la masse. Le jeune loup prometteur, fin comme une lame, est devenu un poids-lourd aux dents acérés.

Après une première opportunité de se montrer sous son nouveau personnage, un premier face-à-face et premier échange physique avec son futur adversaire, les premières réserves et critiques commencent d’ores et déjà à tomber sur le Net. Trop "green" pour une telle opportunité ? Pas le bon gimmick pour ce jeune catcheur au visage d’acteur de sitcom (le lien avec Les Années Fac plus haut, le génie, tout ça, tout ça) ? Une chose est sûre, les cartes sont entre les mains des "bookers" de la NJPW et de Jay White lui-même afin de convaincre le public. Et ce, dès le 4 janvier au Tokyo Dome, face à l’un des meilleurs performers de l’histoire de la New Japan. #NoPressure

January 4th, in the Tokyo Dome

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2017/11/05-50.jpg Lors des deux mois d’attente avant le grand rendez-vous, Jay White n’a qu’une seule occasion de convaincre un petit peu plus les critiques avant le jour-J, lors d’un show spécial "before" Wrestle Kingdom sur le NJPW World, face à son futur adversaire. Pour l’évènement, Hiroshi Tanahashi se coiffe en caniche (chacun sa tactique de déstabilisation) et a un nouvel échange physique avec le jeune Néo-Zélandais, plus long mais guère plus convaincant que le premier pour ces fans trop exigants.

Le 4 janvier arrivé, en live du "Big Egg", Jay White effectue son entrée dans une splendide tenue, devant un magnifique Tokyo Dome plein à craquer, face à un très beau Tanahashi… mais rate une nouvelle fois la cible.

Il est pris par le stress, même face à un adversaire à 50% de ses capacités, et pas vraiment aidé par le placement de son combat sur la carte, après un énorme Fatal-4-Way entre les meilleurs catcheurs poids-légers de la planète et avant le match le plus attendu et discuté de ces cinq dernières années. Jay White offre un premier rendez-vous très oubliable, alors qu’il était très attendu. Des erreurs de placements, un "acting" mitigé et un "selling moyen", et ce au Tokyo Dome pour la ceinture anciennement disputée dans d’historiques matches entre des noms comme Shinsuke Nakamura, Kota Ibushi, AJ Styles ou encore le champion du moment Tanahashi - et ça, ça ne passe pas. Tout n’a donc pas été si blanc pour Mr. Jay (merci, merci), qui devra faire beaucoup mieux pour convaincre.

Relever la tête commence dès le lendemain, lors de l’annuel "after" New-Year Dash!. Jay White affronte le "young lion" Katsuya Kitamura. C'est sa première victoire solo sur le ring de la New-Japan, qui montre de premiers bons signes de réorientation, mais surtout plus de confiance et d'aisance aux commandes de son gimmick que la veille. Mais ce n’est pas tout, lors du même show, les scissions entre Kenny Omega et Cody Rhodes au sein du Bullet Club continuent… et selon Omega, le fameux 'Switchblade' est celui qui pourrait tout arranger (chelou ce mec… on peut comprendre Cody). S’en suit un segment où Jay White feind l'accolade avec le leader du Bullet Club avant de le mettre KO, débutant ainsi sa "feud" avec le 'Cleaner' pour le titre IWGP U.S. Très vite, une nouvelle opportunité se présente à Jay White, lors d'un des bien nommés New Beginning shows.

New Beginning, New Chance & First Title

https://www.njpw1972.com/wp-content/uploads/2018/01/117879_9_11.jpg Moins d’un mois après avoir raté le coche lors du plus grand évènement annuel du Puroresu, Jay White reçoit une nouvelle fois les faveurs de Gedo avec un nouveau match de championnat, et en intégrant le clan dominant CHAOS. Oui, une démarche très étrange car avoir Jay White et Toru Yano dans le même clan ce n’est pas banal, et parce qu’à peine introduit dans le "crew" par le leader en personne, Kazuchika Okada, Jay White n’hésite pas à annoncer qu’au moment venu, il s’attaquera au championnat d’Okada. Hmm, et tant qu’on y est, au moment venu, le Sniper n’hésitera pas à prendre la place du Président de la République et diffusera tous les shows de la New-Japan Pro-Wrestling en live tous les matins sur TF1, avec une semaine spéciale avant Wrestle Kingdom + un prime spécial tous les vendredi soirs avec une sélection des meilleurs matchs de la semaine pour ceux qui bossent. #VotezSniper !

On en était où déjà ? Ah oui, Jay White et Omega… Et bien, nous voilà au match pour la ceinture "IWGP United States Heavyweight Statue Of Liberty Korakuen Hall Championship" de Kenny Omega, face à notre cher 'Switchblade' prêt à tout pour glaner sa première ceinture solo.

Contrairement au premier match face à Tanahashi, et dans la lignée de son second face à Kitamura, Jay White semble plus détendu, plus sûr de lui, et porté par un Omega en pleine forme et impliqué par le combat (et ce qui suivra pour lui). Un cardio encore un peu "just" pour tenir la dragée haute au 'Cleaner', mais malgré tout, une première victoire à la surprise quasi-générale, et la consécration pour Jay White qui met fin à 4 mois et demi sans défaite pour Omega et devient le second champion U.S. de l’histoire de la NJPW.

Depuis, c'est un peu le calme avant la tempête pour l'amateur de cran d'arrêt et tueur au sang froid à ses heures perdues. Un Tag Match par ci par là avec son clan CHAOS, et un très bon match face à son ancien compère du NJPW Dojo, David Finlay. Le 25 mars prochain, à Long Beach pour Strong-Style Evolved, Jay défendra son championnat face à la 5ème roue du carrosse de The Elite, Hangman Page… et il va falloir y aller fort pour ne pas faire pâle figure à côté du premier superbe règne de Kenny Omega avec cette ceinture.

Le Sniper l'a-t-il dans le viseur ?

Selon le Sniper, "the sky (pas la boisson) is the limit" pour Jay White. Super physique, bonne gueule, personnage sublime plein de potentiel… Jay White a tout pour cartonner. Ce serait mentir de dire que jusque là notre ami est bluffant et exceptionnel, mais ce serait faire la fine bouche de dire qu’il est mauvais. À 24 ans, il commence à un niveau rare aux côtés des meilleurs "workers" de la planète… Il compte déjà de très bons matchs contre Will Ospreay à la Ring of Honor, et face à Kenny Omega et David Finlay à la NJPW. Le 25 mars sera une nouvelle grosse étape dans sa jeune carrière. Et si le Sniper "markera" comme un gamin qu'il est, devant les deux meilleurs Cruiserweights de tous les temps - Rey Mysterio vs Jushin Liger (si le match est bien maintenu #CroisonsLesDoigtsDePied) -, il espèrera une prestation convaincante pour 'Switchbladooo' Jay Whitoooo, à qui il souhaite de ne pas se retrouver dans son viseur ... #FaceTurnTemporaire

La Review Press #4 : La sélection mensuelle d'articles catch à lire

Kenny omega angelWouah ! Les Golden Lovers se re-aiment à nouveau ! NXT s'offre un match 5 étoiles ! Braun Strowman se découvre chanteur et musicien ! Impact Wrestling propose enfin un show sans faute et la Ring of Honor, un excellent PPV seule ! Bury The Bear est en fait Kenny Omega ! ... Mais ce n'est pas normal tout ça !

En effet, voix intérieure peu originale, parce que ce n'est pas tout, tu oublies : Fabulous Moolah encore honorée comme si de rien n'était, Kid Rock au WWE Hall of Fame, Rey Mysterio blessé avant Strong-Style Evolved, la Ring of Honor loin d'être sortie d'affaire, Tomohiro Ishii vs. Kazuchika Okada qui n'arrivera pas encore ... et encore tout le reste qui repose ci-dessous, dans la quatrième édition de la Review Press !

WWE

-- Après l'entrée de Kid Rock dans son Hall of Fame et avant l'officialisation de John Cena vs. The American Bad-Ass à WrestleMania 34, la WWE a annoncé l'inauguration de la première Fabulous Moolah Memorial Battle Royal au Superdome. Toujours dans la poursuite de sa campagne médiatique prônant l'égalité hommes-femmes sur son ring, elle devrait devenir une tradition annuelle similaire à l'Andre The Giant Memorial Battle Royal masculine, démarrée justement à la Nouvelle Orléans en 2014. Si le tout-premier Women's Royal Rumble a été une décision bénéfique et félicitée, celle-ci n'a jusque là reçu que de la haine - la révolution (forcée quoique bénéfique sur le ring) est devenue scandaleuse.

Pourquoi ? Parce que The Fabulous Moolah, figure pionnière dans la propagande menée par Stephanie McMahon et ses sujets, n'est autre que la femme la plus diabolique de l'histoire du catch. Manipulation politique, racket, maltraitance, proxénétisme, complicité de viol : cet article-forum effarant (déniché par Maffew de Botchamania) déballe toute l'étendue de son casier insoupçonné pour celui qui ne connaîtrait d'elle que ce que la WWE a choisi de lui montrer.

 

-- Dans la même veine, VoxCatch a proposé une remise en question détaillée de cette "Women's Revolution" tant agitée par la WWE, qui regarde ailleurs quand ça l'arrange : inégalité des salaires, sexisme et tout le tutim. Moins violent mais tout aussi éclairant !

 

-- Là où la WWE passe, le débat ... surgit ! Depuis le 10 mars, la chaîne TV française L'Equipe 21 diffuse désormais tous les samedis matins une heure compactée de RAW commentée par Christophe Agius et Florian Gazan. Si c'est sans doute un bon signe pour la nouvelle génération de fans de catch à venir (et un programme de plus pour allonger le samedi matin devant la télé, pour mes neveux ^^), ce retour de la WWE sur la TNT n'est pas sans rien à redire. Ainsi ai-je lancé un débat Twitter très animé, dans le bon sens du terme, tout en argumentation, en exemples et en contre-exemples. Pour le coup, un bon signe de l'état intellectuel de la communauté française de fans de catch actuelle !

Japon

-- Dans le monde médiatique d'aujourd'hui, on peut même trouver des perles dans un coin perdu de Twitter. Suite à la reformation tant attendue du duo de Kenny Omega et Kota Ibushi, un "twittos" a publié une Twitter Thread entière consacrée au moindre détail de leur histoire commune, racontant fabuleusement bien leur relation "kayfabe". Un magnifique complément d'information à la toute aussi magique et émotionnellement chargée (mais "NJPW-centric" ) vidéo de Showbuckle :

 

-- En parlant d'émotions fortes, c'est toujours avec un plaisir un peu triste que de repenser à la fin de carrière (momentanée ? :/) de Katsuyori Shibata. C'est sûrement ce qu'a ressenti notre ami Vincenzo du Coin du Bourrin lors de la rédaction de son très bon article sur les conséquences de la pratique d'un style trop réaliste, comme celui du "strong-style" à la Shibata. Une superbe vulgarisation du phénomène dans la lignée de mes nombreux articles (et un reportage !) sur le sujet.

 

-- L'annonce s'est faite discrètement et seulement unilatéralement il y a à peine quelques jours. La New-Japan Pro-Wrestling tiendra en juin un show spécial en Floride, dans le célèbre Ocean Center (une salle de 9000 personnes, qui a vu deux "heel-turns" de Hulk Hogan - en 1996 et en 2010), en collaboration avec la convention de jeux-vidéo CEO. Souvent parrainnée par Kenny Omega (qui y avait notamment rencontré Xavier Woods l'an dernier dans un combat de Street Fighter) à de multiples reprises, cette convention américaine n'a donc pas eu besoin de passer par la ROH, alliée locale de la NJPW, pour avoir le feu vert. Quand Joe Koff disait qu'il n'avait "rien contre un show NJPW only" en Californie (car région très peu fréquenté par la ROH), il ne pensait pas que celle-ci irait sur son territoire ... Une très bonne analyse développe tout cela et remet parfaitement en question l'avenir, définitivement en pente, de la relation NJPW-ROH.


-- Pour finir sur la NJPW, pour ceux qui voudrait la découvrir pour la première fois ou la découvrir davantage (et ce, sans jeu de mots osé), ne cherchez plus, notre cher Florian de Catch Au Quotidien a écrit l'article qu'il vous faut !

Ailleurs

 

-- Les choses changent, lentement mais sûrement, pour le catch français ... Ca se sent. Et même ça se voit ! Dans deux excellents articles signés VoxCatch, deux extrémités du spectre du catch français sont observés et décortiqués. La première, Wrestling Stars, est une promotion familiale qui pendant ces belles heures (celles, les mêmes pour tous, de l'apogée de l'ère NT1) remplissait presque le Cirque d'Hiver. Elle n'est pas tout à fait du côté du progrès mais se débrouille malgré tout. La seconde sort enfin du lot sur la scène parisienne après plusieurs années de travail acharné, notamment avec un show qui aura rassemblé toute la famille média catch : SuperClash II.

 

-- Les choses changent aussi du côté des médias plus "mainstreams". Dans une publication inattendue, Vice France a laissé la parole à une catcheuse française indépendante du nom de Camille Grignon. Un magnifique portrait de la réalité du catch français : sa précarité mais aussi son avancée.

 

-- Il y a deux ans presque tout juste, je démarrais une nouvelle chronique sur CAQ, analysant le catch non-WWE avec un point de vue parfois un peu alternatif (et donc précurseur de ce présent site) avec une tribune sur la dégringolade créative et in-ring à venir pour la Ring of Honor. Deux ans plus tard, les matheux de Voices of Wrestling confirment mes craintes dans un article plein de statistiques, de tableaux et de graphiques, dont ils ont seuls le secret. (Enfin, ceci prouve cela, seulement si vous n'avez pas vu l'excellent 16th Anniversary Show ...)

 

-- Après tout qui a besoin de la ROH, quand les "storylines" de Being The Elite se suffisent presque à elles-mêmes ? C'est la question que l'on se pose après la lecture de cette interview des Young Bucks sur Sports Illustrated, ou les deux génies qui ont montré comment aujourd'hui on pouvait jouer avec le "kayfabe". A la croisée des regrettées Kevin Steen's Weekend Escapades et les EVOLVE Mini-docs de Kenny Johnson, les créations des Young Bucks sont exactement ce dont le catch américain a besoin (et ce dont je n'arrête pas de parler depuis des années !!! #modestie).

 

-- Enfin, j'aimerais féliciter une nouvelle fois la fusion (ou plutôt la gentille phagocytose) des Cahiers du Catch avec VoxCatch et j'invite les nouveaux fans de catch à découvrir la pensée des anciens, "alternative" à leur manière avant l'heure.

Le podcast du mois

-- Le New-Japan Purocast est peut-être la meilleure source d'analyse concernant tout ce qui tourne autour de la NJPW. Ses deux podcasteurs possède une alchimie proche des meilleurs duos de commentateurs de l'histoire du catch - Gorilla Monsoon & Jesse Ventura ou Jim Ross & Paul Heyman en tête. Ainsi, quand parfois un désaccord éclate, la discussion s'enrichit d'une belle argumentation, le pour valant autant que le contre. Commentant le très bon doublet d'Honor Rising 2018, dans l'un des derniers épisodes, ils se sont attelés un instant à savoir comment Kenny Omega pourrait bientôt "main-eventer" un show de la NJPW au Madison Square Garden !

 

 

La vidéo du mois

-- Entre le documentaire promotionnel sur NJPWWorld pour le retour des Golden Lovers ou encore le chef d'oeuvre annoncé d'HBO sur André Le Géant, ils sont nombreux les documentaires catch à pleuvoir ces temps-ci. Pourtant, il y en a un qui sort du lot ce mois-ci. Il est consacré au le plus grand catcheur mexicain inconnu de l'histoire du catch et le catcheur favori des joyeux drilles de Being The Elite : Chico El Luchador !

 

What I Liked This Month : Les Matchs du Mois - édition février 2018

Après un mois de janvier exceptionnel, l'année 2018 continue avec un mois de février de haute qualité. L'opportunité est le mot qui définit ce mois : de nombreux catcheurs ont dû relever des défis qui définieront sans doute leurs carrières à l'avenir ... à moins d'être passés inaperçus à cause du retour des Golden Lovers !

Kazuchika Okada © vs. SANADA – IWGP Heavyweight Championship Match (NJPW The New Beginning In Osaka - 10/02/18 - Osaka, Japon)

SANADA est sans doute l'"Ingobernable" qui aura le plus frustré Okada. Avec EVIL et Tetsuya Naito précédemment, ce dernier arrivait toujours à obtenir quelque chose à exploiter, mais rien de la part du froid et silencieux SANADA. Il n'aura enfin parlé pour la première fois au micro à la NJPW, pour seulement provoquer le champion davantage - ne lui laissant que trop peu pour pour percer son "Cold Skull".

Aux vues de ce "booking", beaucoup de fans ont pensé que SANADA pourrait le surprendre et créer ce qu'on appalle un "upset". Après tout, c’est dans cette même arène que Okada avait battu Hiroshi Tanahashi en 2012 et mis un terme à ses 400 jours de règne, alors pour son tout premier match pour le titre. Le doute planait donc sur ce match : Okada allait-il perdre sa couronne juste après sa victoire à Wrestle Kingdom 12, où tant le voyaient enfin chuter ?

SANADA s'est lourdement concentré sur la nuque d’Okada, notamment avec un un Sitout Piledriver sur la rampe d’entrée pour préparer son Skull End. Le 'Rainmaker' s'est retrouvé à plusieurs reprises dans son étreinte et plus Okada restait coincé et plus la victoire de SANADA semblait proche. Encore plus quand ce dernier enchaîna les Moonsaults, avant d'atterir sur le genou et perdre de préciseuses secondes à faire le tombé. L'ancien champion X-Division a même réussi à contrer des Rainmaker Lariats en dernière partie de match, créant davantage de doute sur l'issue du combat. Ce ne sera malheureusement pas assez pour Okada qui était bien parti pour sa dixième défense victorieuse.

Malgré la défaite, SANADA a encore fait forte impression et nul doute que ce ne sera pas son dernier match pour la récompense suprême de la New-Japan.

Jay Lethal vs. Jonathan Gresham (ROH Honor Reigns Supreme – 09/02/18 – Concord, Caroline Du Nord, Etats-Unis)

Résultat de recherche d'images pour "jonathan gresham vs jay lethal roh"Jonathan Gresham avait sans doute là l’un des plus gros challenges de sa carrière, face à l’ancien ROH World Champion et plus long TV Champion de la compagnie. Le bien nommé Jay Lethal arborait cela dit, relax, une tenue hommage à 'Macho Man' Randy Savage. Mais peu importe la taille du défi pour l’un des meilleurs catcheurs techniques au monde, il était plus que prêt pour montrer tout son talent si sous-estimé selon moi.

Un match où toute la technicité reposait sur le maltraitement du bras gauche de Lethal par Gresham, le privant justement d’asséner sa Lethal Injection plus tard dans le match - c'est dire l'excellence de son "selling". Vers la fin de match, l'ex-Black Machismo a néanmoins réussi à trouver une faiblesse chez son adversaire quand il atterrit mal sur le genou à l’extérieur. Une erreur qu'il lui fera payé en le soumettant à l'aide d'une Figure Four Leglock, dont l'utilisation en tant que "finish" est très rare de nos jours.

Clairement l’un des meilleurs matchs à la ROH depuis un très long moment, et une performance qui aura démontré encore tout le talent d'un Jonathan Gresham trop souvent oublié.

Masaaki Mochizuki © vs. Kzy – Open The Dream Gate Championship Match (Dragon Gate Kotoka Road To Final - Day 5 – 07/02/18 – Tokyo, Japon)

Résultat de recherche d'images pour "masaaki mochizuki vs kzy"Kzy dans un Open The Dream Championship Match : c’est finalement arrivé. Et ce, après avoir passé des années à jouer les "heels" - et surtout les bouches trous - dans ses "units" consécutives. Autrement dit, celui qui était là pour se faire battre dans les Multi Man Tag Matches. Mais être le "heel" à l'existence la plus longue à la Dragon Gate n'était plus soutenable pour Kzy : depuis 3 ans il ne fait que balayer l’ancien Kzy. Devenant un favori des fans, il se fait de plus en plus remarquer dans ses matchs.

Kzy est loin des YAMATO, Shingo et autres Yoshino, mais il n’a cessé de s’améliorer depuis son "face-turn". Après avoir enchaîné les victoires depuis fin 2017, il a accompli l’impensable en battant l’Open The Dream Gate Champion, Masaaki Mochizuki, et s'octroyant ainsi cette chance au titre.

L’un des vétérans les plus en forme du circuit japonais, Mochi a tout de suite mis très à mal Kzy en le surprenant avec un Yakuza Kick dans le coin à peine la cloche sonnée. Il a ensuite visé son abdomen avec plusieurs coups de pied très "stiffs". Mochizuki voulait voir si Kzy avait ce qu’il faut pour un tel challenge et l'a mis à l'épreuve.

Mais le combatiff Kzy a trouvé le moyen de renverser la tendance vers un 50-50 en s'opposant comme il pouvait face au champion. Je pense notamment à ce Neckbreaker très innovant, où il est parti en "slingshot" depuis le ring pour tordre la nuque de Mochizuki sur le bord du ring. Le champion avait beau continuer avec ses Kicks douloureux mais Kzy résistait et répondait même avec plusieurs coups d’avant-bras et uppercuts, passant proche d'une victoire-surprise ! Mochizuki ne s’attendait clairement pas à ça de la part de Kzy, qu'il ne considérait pas comme un danger à la DG. Mais quelle vaillance et quelle combativité !

Un superbe match donc pour débuter cette année à la DG. C'est probablement la meilleure défense de titre de Mochizuki jusque là, et un match clé pour le futur de Kzy à la Dragon Gate. Dévasté après cette défaite, Kzy a quitté son clan Tribe Vanguard, déclarant à YAMATO que s’il voulait avancer à la Dragon Gate, il devrait affronter YAMATO et BxB Hulk et donc ne pas être à leur côté. Le temps est venu pour Kzy de prendre l'importance qu'il mérite à la Dragon Gate.

Tyler Bate vs. Zack Sabre Jr. (PROGRESS Chapter 63 : Take Me Underground – 11/02/18 – Manchester, Angleterre) 

Résultat de recherche d'images pour "zack sabre jr vs tyler bate"Quelle affiche prometteuse et alléchante qu'est Bate vs ZSJ ! Difficile de ne pas être "hypé" par cette affiche entre ces deux prodiges du ring.

Zack n'a eu de cesse de tordre et de manipuler les différents membres de Bate comme pas possible. L'ancien WWE UK Champ' a vraiment eu du mal à placer son arsenal habituel tant ZSJ s'accrochait à son corps d'une manière dont lui seul a le secret et le talent. C'est dingue l'efficacité technique de ce dernier ! Les séquences étaient vraiment très fluides, aidées par une bonne alchimie qui nous donne envie d'en voir plus entre les deux !